Jours de la semaine

De Arbres
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Les noms des sept jours de la semaine fonctionnent en breton sur le système latin préchrétien des planètes du système solaire.


(1) ur zulvez d'abardaez, d'ar yaou vintin
un dimanch.ée de'soir à'le jeudi 1matin
'un dimanche soir, le jeudi matin.' Falc'hun & Fleuriot (1978-79:9A)


Morphologie

dérivation

Devant les jours de la semaine juste passée ou de celle juste à venir, apparaît un préfixe déictique dédié, le préfixe di- (dilun, 'lundi', dimeurz, 'mardi', dimerc'her, 'mercredi'...).


 Falc'hun & Fleuriot (1978-79:9A): 
 "Le préfixe di- de disul est une variante du nom breton de 'jour', deiz ou de, ce qui explique les variantes à rhotacisme dir-iou ou dir-yaou (en face de diz-iou), et dir-gwener à côté de digwener. 
 En français, le préfixe ou suffixe di (dimanche, lundi) vient du latin di-es."


Les composés obtenus par préfixation en di- ne sont pas des noms, mais des adverbes de temps, ce qui explique qu'on ne peut plus les précéder d'un article (Kerrain 2001).

Syntaxe

préposition da

Pour le nom d'un jour régulier, on utilise la préposition da (da lun, 'le lundi, tous les lundis').

On trouve aussi la préposition da en (1) (et non pas* antronoz diziou avec un déictique).


(1) antronoz, da yaou
lendemain à jeudi
'le lendemain, qui était un jeudi.' Falc'hun & Fleuriot (1978-79:9A)


préposition a-benn

(3) Labour am eus d’ober evit ar c’helenner istor (a-benn / * evit) dilun. Kerrain (2001)
travail R.1SG a à1'faire pour le professeur histoire pour lundi
'J'ai du travail à faire pour lundi pour le prof d'histoire.'


La préposition evit est agrammaticale devant une expression temporelle (* evit pegoulz, * evit dilun, Kerrain 2001). Le français peut utiliser pour dans l'expression un travail à rendre pour lundi, mais le breton utilise alors la préposition a-benn.

Diachronie

 Falc'hun & Fleuriot (1978-79:9A): 
 "Les noms de la semaine en breton sont hérités du génitif latin de sept noms d'astres : Sol-is, Lun-ae, Mart-is (Mars), Mercuri-i, Jov-is (Jupiter), Vener-is (Vénus), Saturn-i. Ils sont l'expression d'une religion romaine pré-chrétienne, solaire et astrale, qui vénérait le soleil, la lune et les cinq planètes connues de l'antiquité. [...]
 Le français a christianisé le nom de deux jours, remplaçant le jour de Saturne (di-sadorn) par celui du sabbat (sabba(ti) > samba > sam(m)e+di) et le jour du Soleil par celui du Seigneur (di(es)- d(o)min(i)ca > di-(d)menca > dimanche)."