Merc'h : Différence entre versions

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Le [[nom]] ''merc'h'' dénote une 'fille'.
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Le [[nom]] ''merc'h'' est un [[nom de parenté]] qui dénote une 'fille'. Il existe aussi un emploi de ''merc'h'' "à la mode de Bretagne", qui sert d'adresse pour toute personne de sexe féminin plus jeune que le locuteur ou la locutrice. Enfin, il existe un emploi de ''merc'h'', surtout avec son pluriel ''merc'hed'', où le nom dénote tout individu de sexe féminin.  
 
   
 
   
  
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Au singulier, le nom ''merc'h'' est en compétition avec le nom ''[[plac'h]]'', mais comme ce dernier n'a pas de forme plurielle, le pluriel ''merc'hed'' y supplée. Cette racine est donc hégémonique au pluriel.
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Le pluriel de ''merc'h'' est ''merc'hed''.
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Ce pluriel est celui du nom ''merc'h'', mais supplée aussi au pluriel du nom ''[[plac'h]]'' car ce dernier n'a pas de forme plurielle propre. Cette racine est donc hégémonique au pluriel, et ''merc'hed'' dénote tout ensemble pluriel de femmes, jeunes ou non affiliées au locuteur ou non.
  
  
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Les préfixes ''[[ad-]]'' et ''[[gour-]]'' donnent ''adverc'h'' et ''gourverc'h'' 'arrière-petite-fille' (''Trégorrois de Perros-Guirrec'', [[Konan (2017)|Konan 2017]]:27).
 
Les préfixes ''[[ad-]]'' et ''[[gour-]]'' donnent ''adverc'h'' et ''gourverc'h'' 'arrière-petite-fille' (''Trégorrois de Perros-Guirrec'', [[Konan (2017)|Konan 2017]]:27).
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La carte [http://sbahuaud.free.fr/ALBB/Kartenn-446.jpg 446] de l'[[ALBB]] montre que pour traduire 'fille' dans le sens familial, le nom ''merc'h'', est très majoritaire. Au début du XX°, on lui trouvait un concurrent ancien dans ''plac'h''.
  
  
 
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La carte [http://sbahuaud.free.fr/ALBB/Kartenn-282.jpg 282] de l'[[ALBB]] montre la répartition dialectale de la traduction de ''(C'est ma) femme, des femmes (mariées)'. On relève partout les formes ''[[gwreg]]'' et ''[[maouez]]''. A l'Ouest, le pluriel ''merc'hed'' se trouve en plusieurs points pour 'des femmes mariées'. C'est un contraste avec le français ''filles'', qui peut dénoter un ensemble de femmes en général, mais pas un ensemble spécifique de 'femmes mariées'.
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La carte [http://sbahuaud.free.fr/ALBB/Kartenn-282.jpg 282] de l'[[ALBB]] montre la répartition dialectale de la traduction de ''(C'est ma) femme, des femmes (mariées)''. On relève partout les formes ''[[gwreg]]'' et ''[[maouez]]''. A l'Ouest, le pluriel ''merc'hed'' se trouve en plusieurs points pour 'des femmes mariées'. C'est un contraste avec le français ''filles'', qui peut dénoter un ensemble de femmes en général, mais pas un ensemble spécifique de 'femmes mariées'.
  
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Selon [[Kergoat (1976)|Kergoat (1976]]:59), à Plogonnec en Cornouaille, ''merc'h'' est utilisable indépendamment de l'âge. Le nom modifié ''[[plac'h]] yaouank'' dénote une femme autour de ses vingt ans. Le nom ''[[maouez]]'' dénote spécifiquement une femme qui a passé le début de sa vingtaine.
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|(1)|| <font color=green>[peɛr || <font color=green> 'kribɛt || <font color=green>vi || <font color=green>a ''''merjet''' || <font color=green>pɛr'vi:ɛ]</font color=green> ||||||''F., Cornouaillais (Plogonnec)'',||  [[Kergoat (1976)|Kergoat (1976]]:98)
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||| peogwir || o kribat || e veze|| ar '''merc'hed''' || peurvuiañ.
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=== les filles dans la parentèle ===
 
=== les filles dans la parentèle ===
  
Dans le système de parenté, [[Izard (1965)|Izard (1965]]:96) donne, pour la 'fille aînée', ''merc'h hena'', ''henaouerez'' sur l'adjectif ''hen'' 'vieux', ou encore ''merc'h goz'' ou ''merc'h goza'', et pour la plus jeune ''merc'h iaouanka'' qui est appelée, si héritière ('la juveigneurse') ''iaourez'' ou ''iaouherez''. La 'fille du mari ou de la femme' est appelée ''les-verc'h'', et la 'femme du fils' ou 'bru' est appelée ''merc'h gaër''. Le sens de 'belle-fille' est entièrement couvert par ''merc'hek'' en vannetais.  
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Dans le système de parenté, [[Izard (1965)|Izard (1965]]:96) donne, pour la 'fille aînée', ''merc'h hena'', ''henaouerez'' sur l'adjectif ''hen'' 'vieux', ou encore ''merc'h goz'' ou ''merc'h goza'', et pour la plus jeune ''merc'h iaouanka'' qui est appelée, si héritière ('la juveigneuse') ''iaourez'' ou ''iaouherez''.  
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La 'fille du mari ou de la femme' est appelée ''les-verc'h'', et la 'femme du fils' ou 'bru' est appelée ''merc'h gaër''. Le sens de 'belle-fille' est entièrement couvert par ''merc'hek'' en vannetais.  
  
  

Version actuelle en date du 18 novembre 2019 à 10:34

Le nom merc'h est un nom de parenté qui dénote une 'fille'. Il existe aussi un emploi de merc'h "à la mode de Bretagne", qui sert d'adresse pour toute personne de sexe féminin plus jeune que le locuteur ou la locutrice. Enfin, il existe un emploi de merc'h, surtout avec son pluriel merc'hed, où le nom dénote tout individu de sexe féminin.


(1) ...evit ma kavi eur gwaz eus da gendere, merc'hig ?
pour que4 trouveras un mari de ton1 con.degré fille.DIM
'Pour que tu trouves un mari de ton milieu social, ma fille?' Léon (Bodilis), Ar Floc'h (1922:347)


Morphologie

nombre

Le pluriel de merc'h est merc'hed. Ce pluriel est celui du nom merc'h, mais supplée aussi au pluriel du nom plac'h car ce dernier n'a pas de forme plurielle propre. Cette racine est donc hégémonique au pluriel, et merc'hed dénote tout ensemble pluriel de femmes, jeunes ou non affiliées au locuteur ou non.


(2) Ral kaoud meried bestiaod avase.
rare avoir femmes bègue comme.ci
'C'est rare de trouver des filles bègues comme ça.' Sein, Fagon & Riou (2015:'bestiaod')


dérivation

Les préfixes ad- et gour- donnent adverc'h et gourverc'h 'arrière-petite-fille' (Trégorrois de Perros-Guirrec, Konan 2017:27).


répartition dialectale

La carte 446 de l'ALBB montre que pour traduire 'fille' dans le sens familial, le nom merc'h, est très majoritaire. Au début du XX°, on lui trouvait un concurrent ancien dans plac'h.


Sémantique

nom de parenté et qualité

La carte 282 de l'ALBB montre la répartition dialectale de la traduction de (C'est ma) femme, des femmes (mariées). On relève partout les formes gwreg et maouez. A l'Ouest, le pluriel merc'hed se trouve en plusieurs points pour 'des femmes mariées'. C'est un contraste avec le français filles, qui peut dénoter un ensemble de femmes en général, mais pas un ensemble spécifique de 'femmes mariées'.

Selon Kergoat (1976:59), à Plogonnec en Cornouaille, merc'h est utilisable indépendamment de l'âge. Le nom modifié plac'h yaouank dénote une femme autour de ses vingt ans. Le nom maouez dénote spécifiquement une femme qui a passé le début de sa vingtaine.


(1) [peɛr 'kribɛt vi a 'merjet pɛr'vi:ɛ] F., Cornouaillais (Plogonnec), Kergoat (1976:98)
peogwir o kribat e veze ar merc'hed peurvuiañ.
puisque à4 peigner R était le femmes plus.souvent
'Parce que c’est peigner (le foin) que les femmes faisaient, le plus souvent.'

les filles dans la parentèle

Dans le système de parenté, Izard (1965:96) donne, pour la 'fille aînée', merc'h hena, henaouerez sur l'adjectif hen 'vieux', ou encore merc'h goz ou merc'h goza, et pour la plus jeune merc'h iaouanka qui est appelée, si héritière ('la juveigneuse') iaourez ou iaouherez.

La 'fille du mari ou de la femme' est appelée les-verc'h, et la 'femme du fils' ou 'bru' est appelée merc'h gaër. Le sens de 'belle-fille' est entièrement couvert par merc'hek en vannetais.