-on (N.)

De Arbres

Le suffixe nominal -on n'est plus productif en breton standard dans la langue moderne. Il reste visible sur certains noms comme maeron 'marraine' ou paeron 'parrain'.


(1) Pësort duoñn ê hèn-më-hèn !
quelle noir.N est lui-là-lui
'Quelle suie il est !' (pour quelqu'un de sale)
Goëlo, Koadig (2010:104)


Kervella (1947:§832) donne Brezhon(ed). Il propose d'ajouter takon, kontron, hinon, kudon, gouron, et debron.

Favereau (1997:§79) donne poulkon 'poussière' et kreizon 'for intérieur'.

Goyat (2012:326) donne, pour Plozevet, /lus'tõ/, loust '(familier) enfant sale' et /'dɛ:brõn/ ['dɛ:bəŋ], debron 'démangeaison'.

Vallée (2014) donne brouskon 'partie fibreuse de la tige'.


Morphologie

genre

Avec l'hésitation dialectale maeron, maeronez 'marraine' (carte 454 de l'ALBB), on voit que -on peut suffixer les noms féminins, mais aussi qu'il y a variation et peut-être résistance.

Seite & Stéphan (1957:76) donnent debron, drebon 'démangaison' comme féminin.

Ernault (1879-1880:164) donne le nom masculin penton 'cuve', penton koue 'vase où l'on fait la lessive' en Trégor, à Trévérec et Lanrodec. Menard & Bihan (2016-) donne takon 'rapiéçure' comme masculin.


allomorphes

Goyat (2012:326) distingue les suffixes -on et -ton sur la base de loustoñ. La forme loustoni suggère cependant que la consonne finale vient de la base.


-on vs. -en(n), vs. -an

Il existe des noms dont la finale hésite entre -en, -an et -on.

Vallée (2014) donne:

  • buhezon ou buhezenn 'période de mauvais temps'
  • gwaskon 'son qui reste entre les mains lorsqu'on prépare la bouillie d'avoine en pressant pour extraire l'eau'. Vallée signale les formes alternatives gwachon au Coadout et gwachen à Plounévez-Moëdec.
  • debron 'démangeaison', dont Vallée signale la forme debron à Plounévez-Moëdec et debran, debrën au Coadout. Il relève la forme debran en Trégor, en Goëlo et en vannetais.

Ernault (1879-1880:150) donne en Trégor debron, debran jave(z) 'appétit (chatouillement d'estomac)' à Trévérec et Lanrodec.

On voit par ces exemples qu'il ne s'agit pas d'allomorphes dialectaux, mais d'une idiosyncrasie sur la voyelle finale qui est partagée par les dialectes.

Konan (2017) en trégorrois donne fronkon ou fronken, 'grande colère avec furie, fracas'.

Favereau (1997:§79,160) signale un ancien allomorphe en -en qui a donné en breton moderne les noms en -enn qui sont masculins (pallen(n) 'tapis, couverture', planken(n) 'planche' et teven(n) 'dune'). Cependant, les mots en -on ne sont pas tous masculins.


-om?

Menard & Bihan (2016-) donne piker 'plantoir' mais aussi pikerom, avec un relevé à Langonned (Plourin 1982:18) et un autre en breton standard des années 30.

Diachronie

Deshayes (2003) relève pazron (paeron 'parrain') et mazron (maeron 'marraine') dès 1499.


Horizons comparatifs

En gallo comme en français, il existe plusieurs suffixes nominaux en -on. Si l'on écarte les suffixes -on, -onne de noms d'habitant(e)s, il reste un reliquat d'exemples non-réduisibles au diminutif -on (aluchon 'bébé, poupon, dent d'engrenage', Auffray 2007:intro).

Troude (1886:5-7) met en relation le breton takon 'pièce de rapiéçage' et le verbe takonnañ 'rapiécer, racommoder' avec le verbe provençal tokoner de même sens. Ce n'est pas comme il le croît un emprunt au breton, mais un emprunt du breton au domaine roman avec tacun 'pièce de cuir que l'on remet à un soulier' (XII°) ou au latin médiéval tacones 'morceaux de cuir pour raccommoder les souliers' (1036). Ce mot est d'origine germanique, avec l'ancien bas francique * takko 'languette, pointe' (CNRTL).

À ne pas confondre

Dans la carte 420 de l'ALBB, un autre suffixe -on apparaît comme pluriel de laer 'voleur'.

Ni le suffixe singulier -on ni le suffixe pluriel -on ne participent dans la finale -onenn, résultat d'un emprunt en finale en -on (kotilhonenn, 'jupon', Gros 1989:'gwé').