Cheinik !

De Arbres

L'interjection Cheinik ! 'Mon Dieu !' ou 'Ohlala !' apparaît seule ou dans une interjection comprenant le nom Doue 'Dieu'.


(1) Cheinik Doue, hema zo eun tamm tra goalldra !
! Dieu celui.ci est un morceau chose mauvais1.chose
'Mon Dieu, quel pleurnicheur !'
Cornouaillais, Martin (1929:180)


Morphologie

composition

L'interjection Cheinik (Doue) ! pourrait résulter d'une apocope de Che anv Doue !, formée sur l'interjection Che !, venant elle-même d'une apocope de Jezus !.


Les alternatives ne collent pas vraiment avec le sens de l'interjection. On doit rejeter la composition en /kein.ig/, c'est-à-dire le nom 'dos' avec un diminutif -ig, obtenant le nom '(un) bossu' (des formes palatalisées de kein sont relevées dans la carte 369 de l'ALBB à Roudouallec et à Scaër, dans la zone de collecte de Martin (1929)). Menard & Bihan (2016-) et Menard & Cornillet (2020) donnent aussi un nom chein m., (argot de la Roche-Derrien) 'filet', et deux emprunts romans sur la racine de gêner:

  • le verbe cheinañ v.t. & i. (cheinet) (a. jenañ) '(se) gêner': 'N en em cheinit ket !, 'Ne vous gênez pas !'
  • l'adjectif cheinus 'gênant'


dérivation

Menard & Bihan (2016-) donnent doublechien, traduit "forme euphémique de double Dieu".


Sémantique

Ohlala !

Dans un corpus de Scaër et Guiscriff contemporain de l'ALBB, Menard & Bihan (2016-) relèvent l'interjection Cheinik ! seule, traduite Oh ! la ! la !.


(2) Cheinik ! lar Ian Pensek chilaou ta Fanch Kouik
! dit Jean Pensec écoute donc François Cozic
'Oh ! la ! la ! dit Jean Pensec, écoute donc François Cozic.'
Cornouaillais (1911), Menard & Bihan (2016-)