Zo : Différence entre versions

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(Sémantique)
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La forme verbale ''[[vez]]'' du verbe 'être' est concurrentielle avec le présent simple ''[[zo]]'', et toutes deux peuvent s'employer avec un sujet préverbal.
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C'est normalement la sémantique qui décide de l'une au l'autre forme: s'il s'agit d'un présent d'habitude, la forme attendue est ''[[vez]]''. On trouve cependant des cas où un présent d'habitude est réalisé en ''zo'', créant un effet de discours.
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  [[Gros (1970)|Gros (1970]]:26):
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  au lieu du présent d'habitude, pour donner plus de force à l'affirmation.
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  ''Hennez '''a zo''' bemdez mezo''.
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  'Il est saoul tous les jours.' est plus catégorique que:
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  ''Hennez '''a vez''' bemdez mezo.''
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  ''Honnez, da bemp eur war ar beure, '''a zo''' war ar bale.''
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  'Celle-là est debout à cinq heures du matin'
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  (au lieu de ''a vez'', plus courant, mais moins expressif)."
  
 
== Distribution syntaxique ==
 
== Distribution syntaxique ==

Version du 10 mai 2011 à 15:53

La forme verbale zo est la troisième personne du singulier du verbe bezañ, 'être'.

Cette forme alterne avec les formes emañ, eo, ez eus, et vez du même verbe.

La forme zo signale prototypiquement que le sujet de la phrase la précède. Ce sujet antéposé peut apparaître séparé de la forme zo, comme ici par une incise. Le rannig sélectionné est toujours le rannig a1.


(1) Eur feunteun, a gredan, a zo ive evel m'he deus péb chapel e Breizh-Izel.
DET fontaine, R1 crois, R1 est aussi comme C 3SGF a chaque chapelle en Bretagne-Basse
'Il y a aussi, je crois, une fontaine comme chaque chapelle en a en Basse-Bretagne.'
Léon, (Kleder), Seite (1998:23)


Sémantique

La forme zo est interprétée comme une copule existentielle lorsqu'elle n'a qu'un seul argument.


(3) Blaz vat 'zo gant ar zoubenn.
goût bon est avec DET soupe
'La soupe a bon goût.' Léon, (Kleder), Fave (1998:60)
litt. 'Il y a bon goût avec la soupe.'


présent d'habitude

La forme verbale vez du verbe 'être' est concurrentielle avec le présent simple zo, et toutes deux peuvent s'employer avec un sujet préverbal.

C'est normalement la sémantique qui décide de l'une au l'autre forme: s'il s'agit d'un présent d'habitude, la forme attendue est vez. On trouve cependant des cas où un présent d'habitude est réalisé en zo, créant un effet de discours.


 Gros (1970:26):
 "Le présent ordinaire (me a zo, ez on) s'emploie parfois 
 au lieu du présent d'habitude, pour donner plus de force à l'affirmation. 
 
 Hennez a zo bemdez mezo.
 'Il est saoul tous les jours.' est plus catégorique que:
 Hennez a vez bemdez mezo.
 
 Honnez, da bemp eur war ar beure, a zo war ar bale.
 'Celle-là est debout à cinq heures du matin' 
 (au lieu de a vez, plus courant, mais moins expressif)."

Distribution syntaxique

La forme zo n'est pas restreinte aux sujets antéposés.

Dans le cas de la copule existentielle, ce qui précède zo est plausiblement son prédicat plutôt que son sujet (qui est un pronom vide).


Bez' préverbal

L'explétif bez' sous ses différentes formes morphologiques peut impliquer la forme zo de la copule.


(1) Bet zo un amzer tremenet e karen o kariñ hag e vezen karet.
bet R est été DET temps passé R aimais P aimer et R étais aimé
'Il fut un temps, un temps passé, où j'aimais (à) aimer et où j'étais aimé.e.'
chanson traditionnelle, an teir seizenn, Kanomp Uhel, Coop Breizh.


(2) Bez’ zo ur wenodenn all?
bez est DET sentier autre
'Il y a un autre sentier?' Kavell ar Bodhisattva, Jonathan 4, p.33.


(3) …un den kozh hag en deus graet e amzer soudard en Oriant, bout ‘zo 50 vlez ‘zo !
DET homme vieux C R.3SGM a fait POSS.3SGM temps soldat P Oriant être R.est 50 année R.est
'... un vieil homme qui a fait son service militaire à Lorient, il y a 50 ans!'
vannetais, Herrieu (1994:70)


En vannetais, Guillevic et Le Goff (1986:56) notent une alternance entre Bout e zou avaleu et Bout es avaleu ('Il y a des pommes').

Le Bozec (1933:6), un manuel scolaire de cours préparatoire en breton standard portant des traces de trégorrois, recommande "bez ez eus [qui] équivaut à beza 'zo, moins correct."

Bibliographie

  • Fave, V. 1988. 'Ar verb beza', Brud Nevez 111 : 18-31. (& 166 :63-69).
  • Fave, V. 1963. 'Le verbe beza'. Annales de Bretagne 70bis, 484-496.
  • Glandour, M. 1981. 'Furmioù ar verb bezañ', Al Liamm 207:254-68.
  • Hewitt, Steve, 1988b. 'Being in Breton: the auxiliary of beza/bout', Poitiers: Cerlico.
  • Hewitt, Steve, 1988a. 'Ur framm ewid diskriva syntax ar verb brezoneg / Un cadre pour la description de la syntaxe verbale du breton', La Bretagne Linguistique, 4:203-11.
  • Kervella, F. 1970. 'Ur gudenn gasaus : implij A ZO hag EZ EUS, A ZO hag EO, EO hag EUS', Hor Yezh 63 :53-60.
  • Merser (ar), A. 1993. 'EO-ZO', Brud Nevez 170 :57-59.
  • Plourin, J.Y. 1998. 'Allomorphes du verbe être au présent de l'indicatif en breton : conflits de topicalisation', La Bretagne Linguistique 11:xx.
  • Urien, J.-Y. 2005. 'Cohabitation et conflit syntaxique autour du verbe « être » en breton', La syntaxe au cœur de la grammaire, (éds. Frédéric Lambert & Henning Nølke), 323-330, PUR.
  • Urien, J.Y. 1989. 'Le syntagme existentiel en breton. Définition syntaxique et sémantique {X + zo / n’eus ket + X, « Il y a X / il n’y a pas X »}', La Bretagne Linguistique 5: 179-195.
  • Urien, J.Y. 1989. 'Le verbe bezañ et la relation médiate', Roazhon 2 : Klask 1 :101-128.