Zo : Différence entre versions

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|(4)|| Aze '''a zo''' (ez eus) ||houl, ||n'eo ket ||un tammig bihan eo!
 
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Version du 20 janvier 2013 à 13:18

La forme verbale zo est la troisième personne du singulier du verbe bezañ, 'être'.

Cette forme alterne avec les formes emañ, eo, ez eus, et vez du même verbe. Zo peut avoir la même sémantique que toutes ces autres formes.

La forme zo signale prototypiquement que le sujet de la phrase la précède. Le rannig sélectionné est toujours le rannig a1.


Sémantique

La forme zo est une copule prédicative lorsqu'elle a deux arguments. En (1), elle prédique les propriétés du prédicat èl ar re 'rall sur son sujet c'hwi.


(1) c'hwi zo-c'hwi, morwalc'h, èl ar re 'rall ivez.
2PL est-2PL sans.doute comme le ceux autre aussi
'Et tu es sans doute comme les autres, toi aussi.'
vannetais, Ar Meliner (2009:178)


La forme zo est interprétée comme une copule existentielle de type 'il y a' lorsqu'elle n'a qu'un seul argument.


(2) Blaz vat 'zo gant ar zoubenn.
goût bon y.a avec le soupe
'La soupe a bon goût.' Léon, (Kleder), Fave (1998:60)
litt. 'Il y a bon goût avec la soupe.'


présent d'habitude

La forme verbale vez du verbe 'être' est concurrentielle avec le présent simple zo, et toutes deux peuvent s'employer avec un rannig a et un sujet préverbal.

C'est normalement la sémantique qui décide de l'une au l'autre forme: s'il s'agit d'un présent d'habitude, la forme attendue est vez. On trouve cependant des cas où un présent d'habitude est réalisé en zo, créant un effet de discours.


 Gros (1970:26):
 "Le présent ordinaire (me a zo, ez on) s'emploie parfois 
 au lieu du présent d'habitude, pour donner plus de force à l'affirmation. 
 
 Hennez a zo bemdez mezo.
 'Il est saoul tous les jours.' est plus catégorique que:
 Hennez a vez bemdez mezo.
 
 Honnez, da bemp eur war ar beure, a zo war ar bale.
 'Celle-là est debout à cinq heures du matin' 
 (au lieu de a vez, plus courant, mais moins expressif)."

Distribution syntaxique

incises

Le syntagme nominal qui déclenche la forme zo peut en être séparé par une ou plusieurs incises.


(1) Eur feunteun, a gredan, a zo ive evel m'he deus péb chapel e Breizh-Izel.
un fontaine, R1 crois, R1 y.a aussi comme que 3SGF a chaque chapelle en Bretagne-Basse
'Il y a aussi, je crois, une fontaine comme chaque chapelle en a en Basse-Bretagne.'
Léon, (Kleder), Seite (1998:23)


(2) Me 'vad, emon-me, a zo nehet ken ez on nehet.
moi cependant dis-moi R est inquiet autant R suis inquiet
'Moi, dis-je, je suis inquiet, je suis vraiment inquiet!' Trégorrois, Gros (1984:63)

déclencheurs autres que les sujets

La forme zo n'est pas restreinte aux sujets antéposés.


construction du faux sujet

Dans la construction du faux sujet comme en (3), le sujet o sizhun apparaît après la forme zo.


(3) Da Sadorn, poent lein maread zo echu o sizhun ganto.
à samedi temps déjeuner beaucoup (R) est fini leur semaine avec.3PL
'Le samedi, à midi, beaucoup ont fini leur semaine.' Léon, Mellouet & Pennec (2004:182).


(4) Me zou milén mem bléu.
moi est jaune mon chevelure
'J'ai les cheveux blonds'.
Vannetais, Guillevic & Le Goff (1986:138)

copule existentielle

Dans le cas de la copule existentielle, ce qui précède zo est plausiblement son prédicat plutôt que son sujet qui est un pronom vide.


(4) Goud a ouien eur mare zo lar e oa teo ar vamm!
savoir R savais un temps (R) y.a pronom vide que R était grosse le mère
'Je savais depuis un moment que la mère était grosse!' Uhelgoat, Skragn (2002:89)


Bez' préverbal

L'explétif bez' sous ses différentes formes morphologiques peut impliquer la forme zo de la copule.


(5) Bet zo bet un amzer tremenet e karen o kariñ hag e vezen karet.
bet R y.a été un temps passé R aimais à aimer et R étais aimé
'Il fut un temps, un temps passé, où j'aimais (à) aimer et où j'étais aimé.e.'
chanson traditionnelle, an teir seizenn, Kanomp Uhel, Coop Breizh.


(6) Bez’ zo ur wenodenn all?
bez y.a un sentier autre
'Il y a un autre sentier?' Kavell ar Bodhisattva, Jonathan 4, p.33.


(7) …un den kozh hag en deus graet e amzer soudard en Oriant, bout 'zo 50 vlez ‘zo !
un homme vieux que R.3SGM a fait son temps soldat en Oriant être R.y.a 50 année R.y.a
'... un vieil homme qui a fait son service militaire à Lorient, il y a 50 ans!'
vannetais, Herrieu (1994:70)


En vannetais, Guillevic et Le Goff (1986:56) notent une alternance entre Bout e zou avaleu et Bout es avaleu ('Il y a des pommes').

Le Bozec (1933:6), un manuel scolaire de cours préparatoire en breton standard portant des traces de trégorrois, recommande "bez ez eus [qui] équivaut à beza 'zo, moins correct."


variation dialectale

En trégorrois, un sujet postverbal indéfini, qui en standard déclencherait la forme ez eus, peut se trouver avec zo.


(4) Aze a zo (ez eus) houl, n'eo ket un tammig bihan eo!
R est houle ne est pas un morceau.DIM petit est
'Il y a là de la houle, c'est pas un petit peu (donc il y en a beaucoup).'
Trégorrois, Gros (1984:161)

Bibliographie

  • Fave, V. 1988. 'Ar verb beza', Brud Nevez 111 : 18-31. (& 166 :63-69).
  • Fave, V. 1963. 'Le verbe beza'. Annales de Bretagne 70bis, 484-496.
  • Glandour, M. 1981. 'Furmioù ar verb bezañ', Al Liamm 207:254-68.
  • Hewitt, Steve, 1988b. 'Being in Breton: the auxiliary of beza/bout', Poitiers: Cerlico.
  • Hewitt, Steve, 1988a. 'Ur framm ewid diskriva syntax ar verb brezoneg / Un cadre pour la description de la syntaxe verbale du breton', La Bretagne Linguistique, 4:203-11.
  • Kervella, F. 1970. 'Ur gudenn gasaus : implij A ZO hag EZ EUS, A ZO hag EO, EO hag EUS', Hor Yezh 63 :53-60.
  • Merser (ar), A. 1993. 'EO-ZO', Brud Nevez 170 :57-59.
  • Plourin, J.Y. 1998. 'Allomorphes du verbe être au présent de l'indicatif en breton : conflits de topicalisation', La Bretagne Linguistique 11:xx.
  • Urien, J.-Y. 2005. 'Cohabitation et conflit syntaxique autour du verbe « être » en breton', La syntaxe au cœur de la grammaire, (éds. Frédéric Lambert & Henning Nølke), 323-330, PUR.
  • Urien, J.Y. 1989. 'Le syntagme existentiel en breton. Définition syntaxique et sémantique {X + zo / n’eus ket + X, « Il y a X / il n’y a pas X »}', La Bretagne Linguistique 5: 179-195.
  • Urien, J.Y. 1989. 'Le verbe bezañ et la relation médiate', Roazhon 2 : Klask 1 :101-128.