Verbes pronominaux

De Arbres
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Les verbes pronominaux sont les verbes comme en em gavout 'arriver, survenir' qui prennent obligatoirement un argument pronominal.


(1) Petra nin gav ma evomp leazh tarzhet?
quoi se passe si4 buvons lait explosé
'Qu'est-ce qui arrive si on boit du lait tourné ?' Plougerneau, M-L. B. (04/2016)


Syntaxe

Les verbes pronominaux sont des inaccusatifs .


pas de passivisation possible

Les verbes pronominaux ne peuvent pas se mettre au passif, alors que les autres verbes inaccusatifs le peuvent.


(2) Panevefe-ze e oa hi beuzet. Cornouaillais / Léon, Croq (1908:65)
pa.ne.serait-ça R était elle noyé
'Sans ça, elle se serait noyée.'


en em c'houlenn, 'se demander'

Pour la traduction de se demander, Kerrain (2001) accepte en em c’houlenn mais aussi les tournures concurrentes klask gouzout ou l'usage de l'interrogatif polaire daoust.


(3) Daoust piv a c’hallfe sikour ac’hanon. Kerrain (2001)
à.savoir qui R1 pourrait aider P.moi
'Je me demande qui pourrait m'aider'


(4) Daoust pegement e-neus fouetet?
à.savoir combien R.3SG-a dépensé
'Je me demande combien il a dépensé.' Trégorrois, Gros (1989:164)


Horizons comparatifs

moins de verbes pronominaux qu'en français

Un verbe pronominal dans une langue ne l'est pas forcément dans une autre. Comparé au français, le breton a relativement peu de verbes pronominaux. Kerrain (2001) note par exemple que en em n'apparaît pas dans la traduction de certains verbes pronominaux français, comme 'se réveiller' dihuniñ, 'se tromper' faziañ, 'se plaindre' klemm, 'se promener' pourmen, 'se lever' sevel, 'se taire' tevel, 'se noyer' beuziñ. On peut ajouter 's'enfuir' tec'hout, 's'ouvrir' digeriñ, 'se taire' tevel...


(1) pa 'eus gwelet an nor a oa pare da zigeri... Ouessant, Gouedig (1982)
quand1 ont vu le 1porte R était prêt à1 ouvrir
'quand ils ont vu que la porte était prête à s'ouvrir...'


(2) Tevel a reas war-dro kreiz an deiz an avel gor a c'hwezhe diouzh an traoñ.
taire R1 fit autour milieu le jour le vent ardent R soufflait de le vallée
'Le vent ardent qui soufflait de la vallée se tût vers le milieu du jour.' Standard, Drezen (1932:5)


La dé-pronominalisation du verbe peut même être un moyen pour le système breton d'adopter un emprunt au français. On peut relever kofessaat 'se confesser', debarassiñ 'se débarasser'...


(3) É tañ a gowessat. Vannetais, Le Bayon (1878)
R4 viens de1 confesser
'Je viens de me confesser.'


(4) O ! Petra mizer klask debarasi doh ar re-ze. Ouessant, Gouedig (1982)
oh quel misère chercher débarasser de le ceux-ci
'Oh! Quelle misère pour se défaire de ceux-là!'