Troad : Différence entre versions

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Le [[nom composé]] ''troad hed'' 'longueur d'un pied' a donné la forme ''troadad'' ([[Kervella (1947)|Kervella 1947]]:§830).
 
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Le verbe ''troadañ'' signifie 'planter, mettre sur pied'. [[Lambert (1995b)|Lambert (1995b]]:299) note que "''plantañ / troadañ ur rozenn'' 'planter une rose' a des sens érotiques et argotiques, 'baiser'."
  
 
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* ''pied-nu, pieds-nus'' est traduit par ''diarc'henn''.
 
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* 'de la tête aux pieds' peut se traduire par ''betek an douar'' ([[Dottin (1921)|Dottin 1921]]).
  
 
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Hamp (1982) propose que la racine proto-indo-européenne [[*]]''dhregh-'' 'courir' a donné deux noms d'agent en vieil irlandais, ''droch'' et ''traig'', ainsi que le gallois ''troed'' et le breton ''troad''.
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Hamp (1982) propose que la racine proto-indo-européenne [[*]]''dhregh-'' 'courir' a donné deux noms d'[[agent]] en vieil irlandais, ''droch'' et ''traig'', ainsi que le gallois ''troed'' et le breton ''troad''.
  
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  "le glossaire de Vienne (dit d'Endlicher), qui contient une douzaine de termes en gaulois tardif glosé en latin, peut-être de la région de Bordeaux autour du ve siècle, nous fournit la forme ''treide'' (glosé en latin tardif « pede », soit cas final de « pied » – issu de l’accusatif « pedem » / « pes »).
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  D’évidence, cette forme est extrêmement proche du pluriel breton actuel ''treid'', [[pluriel interne]] de ''troad'' (''troed'' gallois a pour pluriel la forme correspondante ''traed''), alors que la forme en gaulois plus ancien était ''traget-'' (qui a de même laissé des traces dans des mots dialectaux comme le « vautre »)."
  
 
== Bibliographie ==
 
== Bibliographie ==

Version actuelle datée du 26 août 2020 à 21:45

Le nom troad dénote un 'pied'. En vocabulaire grammatical, troad dénote un 'cas' (cf. système casuel).


(1) Doc'h pep troad n'eo ket mat pep botez.
de chaque pied ne est pas bon chaque chaussure
'Toute chaussure n'est pas bonne à tout pied.' Cornouaillais de l'Est maritime (Riec), Bouzeg (1986:II)


Morphologie

nombre

Le pluriel simple de troad est un pluriel interne avec les deux voyelles contigûes, ce qui donne treid.

Stump (1989:262) donne à côté du pluriel simple treid le double pluriel treidoù.


dérivation

Le suffixe -ikell obtient le nom concret troadikell 'pédale'.


(2) Ret e oa pouezañ war an droadikell pe heuliañ anezhi. Morlaix, Herri (1982:85)
obligé R4 était peser sur le pied.sfx ou1 suivre P.elle
'Il fallait pousser sur les pédales, ou les suivre.'


Le nom composé troad hed 'longueur d'un pied' a donné la forme troadad (Kervella 1947:§830).

Le verbe troadañ signifie 'planter, mettre sur pied'. Lambert (1995b:299) note que "plantañ / troadañ ur rozenn 'planter une rose' a des sens érotiques et argotiques, 'baiser'."

Expressions idiomatiques

klask pemp troad d'ar maout 'chercher midi à quatirze heures'

(3) Ne dalv ket ar boan dit klask pemp troad d'ar maout.
ne1 vaut pas le1 peine à.toi chercher cinq patte à'le bélier
'Ce n'est pas la peine que tu cherches cinq pattes au bélier (au mouton).'
'Ce n'est pas la peine que tu cherches midi à quatorze heures.' Trégorrois, Gros (1984:143)


penn-kil-ha-troad 'de la tête aux pieds'

(4) Setu-me ruz penn-kil-ha-troad... Léon (Bodilis), Ar Floc'h (1985:22)
voici moi rouge tête-N-et-pied
'Me voila rouge de la tête aux pieds...'


à ne pas confondre

  • L'expression française au pied de se traduit plutôt par des prépositions comme e-harz.
  • Vallée (1980:'cloche') donne pour 'cloche-pied' piklammat war eur c'har.
  • pied-nu, pieds-nus est traduit par diarc'henn.
  • 'de la tête aux pieds' peut se traduire par betek an douar (Dottin 1921).

Diachronie

Hamp (1982) propose que la racine proto-indo-européenne *dhregh- 'courir' a donné deux noms d'agent en vieil irlandais, droch et traig, ainsi que le gallois troed et le breton troad.


 Favereau (2018):
 "le glossaire de Vienne (dit d'Endlicher), qui contient une douzaine de termes en gaulois tardif glosé en latin, peut-être de la région de Bordeaux autour du ve siècle, nous fournit la forme treide (glosé en latin tardif « pede », soit cas final de « pied » – issu de l’accusatif « pedem » / « pes »).
 D’évidence, cette forme est extrêmement proche du pluriel breton actuel treid, pluriel interne de troad (troed gallois a pour pluriel la forme correspondante traed), alors que la forme en gaulois plus ancien était traget- (qui a de même laissé des traces dans des mots dialectaux comme le « vautre »)."

Bibliographie

  • Hamp, Eric P. 1982. '*-og- in British Celtic and notes on bro', Études Celtiques 19, 143–149.