Troude (1869)

De Arbres
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  • Troude, A. 1869. Nouveau dictionnaire pratique français-breton, du dialecte de Léon avec les acceptations diverses dans les dialectes de Vannes, Tréguier et Cornouailles et la prononciation quand elle peut paraître douteuse, Brest, Lefournier, XXXII et 940 pages.
acronyme: TDE.BF.


histoire éditoriale

3° édition, 1886., texte.


à propos

  • Moal, J. 1890. Supplément lexico-grammatical au dictionnaire pratique français-breton du colonel A. Troude en dialecte de Léon, Landerneau : Desmoulins., texte.


errata

Troude (1886:5-7) fournit une liste de 61 mots bretons qu'il considère empruntés par divers dialectes romans. Cette liste est erronée pour la plupart. Certains des mots proposés ont en fait une histoire latine d'emprunt inverse, comme picher 'pichet' (CNRTL), ou encore une étymologie celtique par le gaulois, comme le provençal truant 'mendiant' qu'il compare avec l'adjectif breton truant 'digne de pitié', sur la racine de truez 'pitié', ou bien par l'irlandais comme le bas-latin clocca qui a donné le français cloche (CNRTL), et n'est pas à proprement parler un emprunt au breton kloc'h.

  • Tragaser, trabaser correspond bien au français de Basse-Bretagne Tragasse, trabasse 'de celui qui met tout en désordre et ne peut rester en place', mais le sens correspond aussi à l'ancien français tracasser ('parcourir un endroit en tous sens' (1562), CNRTL).
  • Kanéll 'bobine' correspond bien au français de Basse-Bretagne et au français d'Anjou canelle 'bobine', mais aussi à l'ancien français canne 'tuyau' (CNRTL) qui aurait reçu un diminutif. De même pour le français standard cannette 'petite bobine des machines à coudre'.
  • Fao (fav) 'fève' correspond bien au français de Basse-Bretagne fayot, mais ce dernier est emprunté au provençal faiol, fayol (1470, CNRTL), lui-même du latin classique phaseolus, fasiolus, lui-même du grec φα ́σηλος ou φαση ́ολος 'fève'. Le latin a aussi obtenu l'ancien français faséole, fasole (CNRTL) duquel le breton a pu emprunter.
  • skopañ 'cracher' correspond bien au verbe ecopier en français de Basse-Normandie, de même sens. Mais la source de l'emprunt est l'ancien français escope ('crachat, salive', XIIe, Deshayes 2003), que le breton a emprunté avant la chute du /s-/ en français. Ce mot est par ailleurs d'origine germanique.
  • Foas 'pâtisserie bretonne de pâte non levée' correspond bien au français de Basse-Bretagne foasse, mais aussi à l'ancien français fouace, du latin populaire focacia (CNRTL). La fête des fouaces a toujours lieu au XXI° chaque année dans les Mauges, et la fouace est vendue en Vendée, en Anjou et en pays nantais.
  • Baill 'baquet' correspond bien au français de Basse-Bretagne et jusqu'à l'Anjou baille, de même sens, mais aussi à l'ancien français baille 'baquet', du latin bajula 'chose qui porte, récipient renfermant une substance' (CNRTL).
  • Le verbe serriñ 'fermer' correspond bien au français de Basse-Bretagne et au français de Belgique serrer la porte 'fermer la porte', mais c'est un emprunt au domaine roman. Le latin populaire * serrare, de l'altération du latin tardif serare 'fermer', dérivé de sera 'serrure' (CNRTL).


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