Syllabe

De Arbres
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Définitions

structure en constituants

Il existe maintenant un consensus scientifique autour de la structure en constituants de la syllabe dans les langues humaines. Elle se compose de l'attaque et de la rime, cette dernière étant constituée du noyau et de la coda (cf. Ridouane & al. 2011).


Le tableau ci-dessous donne quelques exemples en breton de cette structure de la syllabe avec des mots monosyllabiques.


syllabe = [syllabe attaque [rime [ noyau ] [ coda ] ] ]
'baiser' pok [ p ɔ k ]
'mauve' mouk [ m u k ]
'fier' fier [ f i: r ]
'méchant' drouk [ dr u k ]
'paille' plouz [ pl u s ]
'voix' mouezh [ mw e s ]
'poids' pouez [ pw e s ]


types de syllabes et quantité

On peut typifier les syllabes en regardant leur quantité de consonnes (notées C) et de voyelles (notées V). On a par exemple avec CCCV un type d'attaque longue, ou avec CVCCC un type de coda longue.


La syllabe en breton

attaque

L'attaque n'est pas indispensable à la constitution d'une syllabe bretonne. Dans If 'Yves', ou dans la première syllabe de ufern 'cheville', il n'y en a pas.

L'attaque peut comporter plusieurs consonnes, comme dans striv 'essai', qui est CCCVC. Attention, certaines consonnes sont parfois orthographiées avec des voyelles graphiques, comme dans le cas des graphies -ou-, -o- ou -u- qui sont prononcées /w/ ou /ɥ/, comme dans [bwɛt] boued 'nourriture', skuizh 'fatiguée' ou foetañ 'fouetter' [fweta].

En breton, il existe trois positions d'attaque, dont seule la centrale représente toutes les consonnes. La première est typique du /s-/ ou du /ʃ/, la dernière est typique des liquides /l, r/ et des glides, qui sont au contact des voyelles du noyau.


(1) Inventaire (non exhaustif) des attaques
bw- boued 'nourriture'
fw- foenn 'foin'
Xw- c'hwek 'délicieux'
kw- kwec'h 'haut' (trégorrois)
kr- krank 'crabe'
tr- trec'h 'victoire'
pl- plouz 'paille'
mj- miaoual 'miauler'
str- strafuilh 'effroi'
skw- skuizh 'fatigué'
skɥ- skuizh 'fatigué'


noyau

Le noyau est indispensable à la syllabe. Il comporte la ou les voyelles de la syllabe. Les consonnes liquides /l, r/ ne peuvent pas constituer le noyau.

Le noyau peut être seul, comme dans un u 'un œuf'.


diphtongue

Dans les dialectes KLT, l'accentuation tombe généralement sur la pénultième. L'accentuation de aotre 'permission', ['aotre] (Hemon 1975c:§269) montre que les deux voyelles sont calculées en diphtongue car c'est la première des deux qui reçoit l'accentuation. Si chaque voyelle avait constitué le noyau de sa propre syllabe, une accentuation sur la pénultième aurait accentué le [o].

En contraste, les noms dérivés ne diphtonguent pas. Hemon (1975c:§272) illustre avec bilienn 'galet', [bi'lien] dérivé de bili 'galets' avec le singulatif -enn, et avec baleadenn 'promenade', [bale'a:den] dérivé de bale 'marcher' avec la finale complexe -adenn.


coda

La coda n'est pas indispensable à la syllabe. Dans ur vi 'un œuf', il n'y en a pas.

En breton, la consonne finale d'un mot isolé est non-voisée. Si elle est suivie en contexte d'une initiale d'autre mot voisée, alors par sandhi elle se voise. Si une coda non-voisée existe, alors sa version voisée existe aussi en coda.

La coda peut comporter plusieurs consonnes à la suite, comme dans chistr 'cidre', qui est CVCCC.


(2) Inventaire (non exhaustif) des codas
minioniaj 'amitié'
-kr fallakr 'méchant'
-pl posupl 'possible'
-rn migorn 'cartilage' barn 'jugement'
-rl sparl 'pène de serrure'
-lj, -lɥ strafuilh 'effroi'
-sk pesk 'poisson' Pask 'Pâques'
-str gestr 'geste' istr 'huîtres'


Bibliographie

  • Ridouane, Rachid, Yohann Meynadier & Cécile Fougeron. 2011. 'La syllabe: objet théorique et réalité physique', L.-J. Boë & J.-L. Schwartz (éds.), La Parole: pluridisciplinarité et relations entre la substance et la forme, Faits de langues 37, Brill, 225-246. texte.