Syllabe : Différence entre versions

De Arbres
Aller à : navigation, rechercher
(Page créée avec « == Structure de la syllabe == Il existe maintenant un consensus scientifique autour de la structure en constituants de la syllabe dans les langues humaines. Elle se... »)
 
(coda)
 
(37 révisions intermédiaires par le même utilisateur non affichées)
Ligne 1 : Ligne 1 :
 +
La '''syllabe''' est constituée d'une '''attaque''', d'un '''noyau vocalique''' et d'une '''coda'''. Par exemple le nom ''pal'' 'but' est réalisé par une syllabe qui est constituée d'une consonne d'attaque /p/, d'une voyelle /a/ et d'une consonne liquide /l/ en coda.
  
== Structure de la syllabe ==
+
L'attaque peut être constituée d'une consonne ou d'une suite de consonnes, le noyau est toujours constitué d'une ou de voyelles, et la coda est constituée de l'ensemble des consonnes finales de la syllabe.
  
Il existe maintenant un consensus scientifique autour de la [[structure en constituants]] de la syllabe dans les langues humaines. Elle se compose de l'attaque et de la rime, cette dernière étant constituée du noyau et de la coda (cf. Ridouane & al. 2011).
+
Pour un exposé théorique plus approfondi, et un bref historique des approches de la syllabe, se reporter à Ridouane  & al. (2011).
 +
 +
 
 +
== Définitions ==
 +
 
 +
=== évidence facile pour la structure ===
 +
 
 +
Les francophones qui ne parlent pas breton ont tendance à mal prononcer les finales de mots avec une voyelle nasale suivie d'une consonne /n/. Ils sont connus pour écorcher les mots comme ''Diwan'' ou ''amann'' 'beurre', et on ne compte plus le nombre de *<font color=green>/kuŋamanœ/</font color=green>[!] vendus en été. Pourtant, les francophones savent très bien prononcer la suite de sons <font color=green>/ãn/</font color=green> puisqu'ils le font très bien dans ''en été'', ''en avance'', ''en effet'' ou ''panarabique''.
 +
Ce mystère s'explique facilement si on considère que les sons sont ordonnés dans une structure, la structure de la syllabe. Savoir lier les sons ne suffit pas, ils ont une place dans une structure. Cette place pour les sons est caractéristique de chaque langue. Aucune syllabe du français ne finit en <font color=green>/ãn/</font color=green>, ni d'ailleurs avec /n/ après une voyelle nasale. En français, la suite de sons <font color=green>/ãn/</font color=green> est correcte si  on syllabifie : <font color=green>/ã-ne-te/</font color=green>, <font color=green>/ã-na-vãs/</font color=green>, <font color=green>/ã-ne-fɛ/</font color=green>, ou <font color=green>/pã-na-ra-bik/</font color=green>. La difficulté pour un apprenant fracophone tient donc à paramétriser le /n/ en coda après une voyelle nasale en noyau, ce que le ''kouign-amann'' le force à faire, puisque la fin du mot l'empêche d'envoyer le /n/ de <font color=green>/ãn/</font color=green> en attaque de la prochaine syllabe. Pouvoir placer le /n/ en coda après une voyelle nasale fait la différence entre le ''kan ar mor'' 'le chant de la mer' et un ''canard mort''.
 +
 
 +
=== structure en constituants ===
 +
 
 +
Il existe maintenant un consensus scientifique autour de la [[structure en constituants]] de la syllabe dans les [[langues humaines]]. Elle se compose de l'attaque et de la rime, cette dernière étant constituée du noyau et de la coda (cf. Ridouane & al. 2011).
 +
 
 +
 
 +
Le tableau ci-dessous donne quelques exemples en breton de cette structure de la syllabe avec des mots monosyllabiques.
  
  
 
{| class="prettytable"
 
{| class="prettytable"
| mot = || [<sub>syllabe</sub> || attaque || [<sub>rime</sub> || [ noyau ] || [ coda ] ||  ] ]
+
| || syllabe || = || [<sub>syllabe</sub> || attaque || [<sub>rime</sub> [ || noyau ] [ || coda ] ||  ] ]
 
|-
 
|-
| ''pok''||  <font color=green>[|| p ||  || <font color=green>ɔ || k
+
| 'baiser' || ''pok'' ||||  <font color=green>[|| p ||  || <font color=green>ɔ || k || <font color=green>]
 
|-
 
|-
| ''mouk''||  <font color=green>[|| m ||  || <font color=green>u || k
+
| 'mauve' || ''mouk'' ||||  <font color=green>[|| m ||  || <font color=green>u || k || <font color=green>]
 
|-  
 
|-  
| ''fier'' || <font color=green>[ ||<font color=green> f || ||<font color=green> i: ||<font color=green> r
+
| 'fier'|| ''[[fier]]'' |||| <font color=green>[ ||<font color=green> f || ||<font color=green> i: ||<font color=green> r || <font color=green>]
 
|-
 
|-
| ''drouk''||  <font color=green>[|| dr ||  || <font color=green>u || k
+
| 'méchant' || ''[[drouk]]'' ||||  <font color=green>[|| dr ||  || <font color=green>u || k || <font color=green>]
 +
|-
 +
| 'paille' || ''[[plouz]]'' ||||  <font color=green>[|| pl ||  || <font color=green>u || s || <font color=green>]
 +
|-
 +
| 'voix' || ''[[mouezh]]'' ||||  <font color=green>[|| mw ||  || <font color=green>e || s || <font color=green>]
 +
|-
 +
| 'poids' || ''[[pouez]]'' ||||  <font color=green>[|| pw ||  || <font color=green>e || s || <font color=green>]
 
|}
 
|}
  
 +
 +
Toutes les langues humaines ont des syllabes. Toutes les langues humaines requièrent pour leur syllabe un noyau (qui peut être constitué d'une consonne liquide comme en tchèque). Toutes les langues humaines ont des syllabes avec une attaque. Certaines langues n'ont pas de coda.
 +
 +
 +
=== types de syllabes et quantité ===
 +
 +
On peut typifier les syllabes en regardant leur quantité de consonnes (notées C) et de voyelles (notées V). On a par exemple avec CCCV un type d'attaque longue, ou avec CVCCC un type de coda longue.
  
 
== La syllabe en breton ==
 
== La syllabe en breton ==
 +
 +
=== attaque ===
 +
 +
L'attaque n'est pas indispensable à la constitution d'une syllabe bretonne. Dans ''If'' 'Yves', ou dans la première syllabe de ''ufern'' 'cheville', il n'y en a pas.
 +
 +
L'attaque peut comporter plusieurs consonnes, comme dans ''striv'' 'essai', qui est CCCVC. Attention, certaines consonnes sont parfois orthographiées avec des voyelles graphiques, comme dans le cas des graphies ''-ou-'', ''-o-'' ou ''-u-'' qui sont prononcées /w/ ou /ɥ/, comme dans <font color=green>[bwɛt]</font color=green> ''[[boued]]'' 'nourriture', ''[[skuizh]]'' 'fatiguée' ou ''foetañ'' 'fouetter' <font color=green>[fweta]</font color=green>.
 +
 +
En breton, il existe trois positions d'attaque, dont seule la centrale représente toutes les consonnes. La première est typique du /s-/ ou du /ʃ/, la dernière est typique des liquides /l, r/ et des glides, qui sont au contact des voyelles du noyau.
 +
 +
 +
{| class="prettytable"
 +
|(1)||colspan="10" |Inventaire (non exhaustif) des attaques
 +
|-
 +
| || <font color=green> bw-  || ''[[boued]]'' || 'nourriture'
 +
|-
 +
| || <font color=green> fw- || ''[[foenn]]'' || 'foin'
 +
|-
 +
| || <font color=green> Xw- || ''[[c'hwek]]'' || 'délicieux'
 +
|-
 +
| || <font color=green> kw- || ''[[kwec'h]]'' || 'haut' (trégorrois)
 +
|-
 +
| || <font color=green> kr- || ''[[krank]]'' || 'crabe'
 +
|-
 +
| || <font color=green> tr- || ''[[trec'h]]'' || 'victoire'
 +
|-
 +
| || <font color=green> pl- || ''[[plouz]]'' || 'paille'
 +
|-
 +
| || <font color=green> mj- || ''miaoual'' || 'miauler'
 +
|-
 +
| || <font color=green> str- || ''[[strafuilh]]'' || 'effroi'
 +
|-
 +
| || <font color=green> skw- || ''[[skuizh]]'' || 'fatigué'
 +
|-
 +
| || <font color=green> skɥ- || ''[[skuizh]]'' || 'fatigué'
 +
|}
 +
  
 
=== noyau ===
 
=== noyau ===
  
Le noyau comporte la ou les voyelles de la syllabe. Le noyau est indispensable à la syllabe.
+
Le noyau est indispensable à la syllabe. Il comporte la ou les voyelles de la syllabe. En breton, les consonnes liquides /l, r/ ou les glides /j, w, ɥ/ ne peuvent pas constituer le noyau, qui nécessite strictement une voyelle.
 +
 
 +
Le noyau vocalique peut être seul, comme dans ''un [[vi, u|u]]'' 'un œuf'.
  
  
 
==== diphtongue ====
 
==== diphtongue ====
  
Dans les dialectes [[KLT]], l'accentuation tombe sur la pénultième. L'accentuation de ''aotre'' 'permission', <font color=green>['aotre]</font color=green> ([[Hemon (1975c)|Hemon 1975c]]:§269) montre que les deux voyelles sont calculées en diphtongue car c'est la première des deux qui reçoit l'accentuation. Si chaque voyelle avait constitué le noyau de sa propre syllabe, une accentuation sur la pénultième aurait accentué le <font color=green>[o]</font color=green>.
+
Dans les dialectes [[KLT]], l'[[accentuation]] tombe généralement sur la pénultième. L'accentuation de ''aotre'' 'permission', <font color=green>['aotre]</font color=green> ([[Hemon (1975c)|Hemon 1975c]]:§269) montre que les deux voyelles sont calculées en diphtongue car c'est la première des deux qui reçoit l'accentuation. Si chaque voyelle avait constitué le noyau de sa propre syllabe, une accentuation sur la pénultième aurait accentué le <font color=green>[o]</font color=green>.
 +
 
 +
En contraste, les noms dérivés ne diphtonguent pas. [[Hemon (1975c)|Hemon (1975c]]:§272) illustre avec ''bilienn'' 'galet', <font color=green>[bi'lien]</font color=green> dérivé de ''[[bili]]'' 'galets' avec le [[singulatif]] ''[[-enn]]'', et avec ''baleadenn'' 'promenade', <font color=green>[bale'a:den]</font color=green> dérivé de ''[[bale]]'' 'marcher' avec la finale complexe ''[[-adenn]]''.
  
 +
=== coda ===
 +
 +
La coda n'est pas indispensable à la syllabe. Dans ''ur [[vi]]'' 'un œuf', il n'y en a pas.
 +
 +
En breton, la consonne finale d'un mot isolé est non-voisée. Si elle est suivie en contexte d'une initiale d'autre mot voisée, alors par [[sandhi]] elle se voise. Si une coda [[non-voisée]] existe, alors sa version [[voisée]] existe aussi en coda.
 +
 +
La coda peut comporter plusieurs consonnes à la suite, comme dans ''[[chistr]]'' 'cidre', qui est CVCCC.
 +
 +
 +
{| class="prettytable"
 +
|(2)||colspan="10" |Inventaire (non exhaustif) des codas
 +
|-
 +
||| <font color=green> -t || ''gwerennad'' || 'contenu d'un verre'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -ʃ || ''minioniaj'' || 'amitié'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -n || ''[[tan]]'' || 'feu' || ''[[pont]]'' || 'pont' || ''[[butun]]'' || 'tabac'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -m || ''patrom'' || 'portrait'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -kr || ''fallakr'' || 'méchant'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -pl || ''[[posupl]]'' || 'possible'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -rn || ''migorn'' || 'cartilage' || ''barn'' || 'jugement'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -rl || ''sparl'' || 'pène de serrure'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -rs || ''[[korz]]'' || 'tiges'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -lɥ || ''[[strafuilh]]'' ||  'effroi'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -lj || ''beilh'' ||  'veille, garde'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -lχ || ''dalc'h'' ||  'garde'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -st || ''rost'' ||  'rôti'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -sk || ''[[pesk]]'' || 'poisson' || ''Pask'' || 'Pâques' || ''lusk'' || 'mouvement'
 +
|-
 +
||| <font color=green> -str || ''gestr'' || 'geste' || ''istr'' || 'huîtres'
 +
|}
  
 
== Bibliographie ==
 
== Bibliographie ==

Version actuelle datée du 5 juin 2021 à 14:56

La syllabe est constituée d'une attaque, d'un noyau vocalique et d'une coda. Par exemple le nom pal 'but' est réalisé par une syllabe qui est constituée d'une consonne d'attaque /p/, d'une voyelle /a/ et d'une consonne liquide /l/ en coda.

L'attaque peut être constituée d'une consonne ou d'une suite de consonnes, le noyau est toujours constitué d'une ou de voyelles, et la coda est constituée de l'ensemble des consonnes finales de la syllabe.

Pour un exposé théorique plus approfondi, et un bref historique des approches de la syllabe, se reporter à Ridouane & al. (2011).


Définitions

évidence facile pour la structure

Les francophones qui ne parlent pas breton ont tendance à mal prononcer les finales de mots avec une voyelle nasale suivie d'une consonne /n/. Ils sont connus pour écorcher les mots comme Diwan ou amann 'beurre', et on ne compte plus le nombre de */kuŋamanœ/[!] vendus en été. Pourtant, les francophones savent très bien prononcer la suite de sons /ãn/ puisqu'ils le font très bien dans en été, en avance, en effet ou panarabique. Ce mystère s'explique facilement si on considère que les sons sont ordonnés dans une structure, la structure de la syllabe. Savoir lier les sons ne suffit pas, ils ont une place dans une structure. Cette place pour les sons est caractéristique de chaque langue. Aucune syllabe du français ne finit en /ãn/, ni d'ailleurs avec /n/ après une voyelle nasale. En français, la suite de sons /ãn/ est correcte si on syllabifie : /ã-ne-te/, /ã-na-vãs/, /ã-ne-fɛ/, ou /pã-na-ra-bik/. La difficulté pour un apprenant fracophone tient donc à paramétriser le /n/ en coda après une voyelle nasale en noyau, ce que le kouign-amann le force à faire, puisque la fin du mot l'empêche d'envoyer le /n/ de /ãn/ en attaque de la prochaine syllabe. Pouvoir placer le /n/ en coda après une voyelle nasale fait la différence entre le kan ar mor 'le chant de la mer' et un canard mort.

structure en constituants

Il existe maintenant un consensus scientifique autour de la structure en constituants de la syllabe dans les langues humaines. Elle se compose de l'attaque et de la rime, cette dernière étant constituée du noyau et de la coda (cf. Ridouane & al. 2011).


Le tableau ci-dessous donne quelques exemples en breton de cette structure de la syllabe avec des mots monosyllabiques.


syllabe = [syllabe attaque [rime [ noyau ] [ coda ] ] ]
'baiser' pok [ p ɔ k ]
'mauve' mouk [ m u k ]
'fier' fier [ f i: r ]
'méchant' drouk [ dr u k ]
'paille' plouz [ pl u s ]
'voix' mouezh [ mw e s ]
'poids' pouez [ pw e s ]


Toutes les langues humaines ont des syllabes. Toutes les langues humaines requièrent pour leur syllabe un noyau (qui peut être constitué d'une consonne liquide comme en tchèque). Toutes les langues humaines ont des syllabes avec une attaque. Certaines langues n'ont pas de coda.


types de syllabes et quantité

On peut typifier les syllabes en regardant leur quantité de consonnes (notées C) et de voyelles (notées V). On a par exemple avec CCCV un type d'attaque longue, ou avec CVCCC un type de coda longue.

La syllabe en breton

attaque

L'attaque n'est pas indispensable à la constitution d'une syllabe bretonne. Dans If 'Yves', ou dans la première syllabe de ufern 'cheville', il n'y en a pas.

L'attaque peut comporter plusieurs consonnes, comme dans striv 'essai', qui est CCCVC. Attention, certaines consonnes sont parfois orthographiées avec des voyelles graphiques, comme dans le cas des graphies -ou-, -o- ou -u- qui sont prononcées /w/ ou /ɥ/, comme dans [bwɛt] boued 'nourriture', skuizh 'fatiguée' ou foetañ 'fouetter' [fweta].

En breton, il existe trois positions d'attaque, dont seule la centrale représente toutes les consonnes. La première est typique du /s-/ ou du /ʃ/, la dernière est typique des liquides /l, r/ et des glides, qui sont au contact des voyelles du noyau.


(1) Inventaire (non exhaustif) des attaques
bw- boued 'nourriture'
fw- foenn 'foin'
Xw- c'hwek 'délicieux'
kw- kwec'h 'haut' (trégorrois)
kr- krank 'crabe'
tr- trec'h 'victoire'
pl- plouz 'paille'
mj- miaoual 'miauler'
str- strafuilh 'effroi'
skw- skuizh 'fatigué'
skɥ- skuizh 'fatigué'


noyau

Le noyau est indispensable à la syllabe. Il comporte la ou les voyelles de la syllabe. En breton, les consonnes liquides /l, r/ ou les glides /j, w, ɥ/ ne peuvent pas constituer le noyau, qui nécessite strictement une voyelle.

Le noyau vocalique peut être seul, comme dans un u 'un œuf'.


diphtongue

Dans les dialectes KLT, l'accentuation tombe généralement sur la pénultième. L'accentuation de aotre 'permission', ['aotre] (Hemon 1975c:§269) montre que les deux voyelles sont calculées en diphtongue car c'est la première des deux qui reçoit l'accentuation. Si chaque voyelle avait constitué le noyau de sa propre syllabe, une accentuation sur la pénultième aurait accentué le [o].

En contraste, les noms dérivés ne diphtonguent pas. Hemon (1975c:§272) illustre avec bilienn 'galet', [bi'lien] dérivé de bili 'galets' avec le singulatif -enn, et avec baleadenn 'promenade', [bale'a:den] dérivé de bale 'marcher' avec la finale complexe -adenn.

coda

La coda n'est pas indispensable à la syllabe. Dans ur vi 'un œuf', il n'y en a pas.

En breton, la consonne finale d'un mot isolé est non-voisée. Si elle est suivie en contexte d'une initiale d'autre mot voisée, alors par sandhi elle se voise. Si une coda non-voisée existe, alors sa version voisée existe aussi en coda.

La coda peut comporter plusieurs consonnes à la suite, comme dans chistr 'cidre', qui est CVCCC.


(2) Inventaire (non exhaustif) des codas
-t gwerennad 'contenu d'un verre'
minioniaj 'amitié'
-n tan 'feu' pont 'pont' butun 'tabac'
-m patrom 'portrait'
-kr fallakr 'méchant'
-pl posupl 'possible'
-rn migorn 'cartilage' barn 'jugement'
-rl sparl 'pène de serrure'
-rs korz 'tiges'
-lɥ strafuilh 'effroi'
-lj beilh 'veille, garde'
-lχ dalc'h 'garde'
-st rost 'rôti'
-sk pesk 'poisson' Pask 'Pâques' lusk 'mouvement'
-str gestr 'geste' istr 'huîtres'

Bibliographie

  • Ridouane, Rachid, Yohann Meynadier & Cécile Fougeron. 2011. 'La syllabe: objet théorique et réalité physique', L.-J. Boë & J.-L. Schwartz (éds.), La Parole: pluridisciplinarité et relations entre la substance et la forme, Faits de langues 37, Brill, 225-246. texte.