Redek

De Arbres
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Le verbe redek 'courir' est un verbe de mouvement. C'est un des rares verbes à montrer le suffixe de l'infinitif en -ek.


(1) Redek a rae par ma c'helle.
courir R1 faisait comme que4 pouvait
'Il courait dare-dare.' Le Scorff, Ar Borgn (2011:31)


Morphologie

dérivation

La finale -adeg obtient de façon régulière l'action collective de courir.


(2) redadegoù-tirvi Pamplona.
cour.se.s-taureau.x Pamplona
'les courses de taureaux de Pamplona.' Standard, Drezen (1932:7)


Le nom déverbal 'courant' est obtenu avec un morphème zéro.


(3) Mond a-eneb réd an dour n'eo ket êz .
aller contre cours le eau ne1'est pas facile
'Il est difficile d'aller contre le courant.' Léon, Fave (1998:140)

variation dialectale

La forme infinitive la plus répandue de loin est redek. On trouve aussi la forme infinitive reded en Léon.


(4) Laosket e oe neuze da reded. Léon (Plouzane), Briant-Cadiou (1998:211)
laissé R4 fut alors à1 courir
'Alors on le laissa partir.'


Falc'hun (1947:7) signale une évolution phonétique d > r, qui se rencontre de Ploemel à la frontière linguistique, avec un épicentre aux environs de Damgan. Il rapporte qu'à Surzur, qui résiste à cette évolution mieux qu'à Damgan, des locuteurs du milieu du XX° disaient riryék 'courir' quand leurs parents disaient encore ridyék. Il signale les formes rédek en Cornouaille et réget en Léon.

Pour le haut-vannetais, Delanoy (2010) donne l'infinitif rideg, riïeg.

répartition dialectale

La carte 546 de l'ALBB montre la répartition dialectale des traductions de courir. On y voit le verbe redek en concurrence dialectale avec le verbe galoupat. A Locmaria (Belle-Île-en-mer), on relève kas, trotal.

Pour le haut-vannetais, Delanoy (2010) donne postal 'courir', d'origine romane (cf. gallo poster 'courir après, poursuivre').

Syntaxe

Structure thématique

inergatif ou inaccusatif

Le verbe redek 'courir' est un verbe intransitif. Lorsqu'il n'a qu'un seul argument thématique qui est l'argument externe, l'agent de l'action, c'est un verbe inergatif.

Redek a aussi un emploi inaccusatif comme en (1).


(1) C'hoazh e redo ar gwad enta.
encore R courra le sang donc
'Le sang coulera donc encore.' Vannetais, Herrieu (1994:45)


sélection de l'auxiliaire

Les formes deredek 'accourir' ou redek kuit 's'enfuir' déclenchent l'emploi de l'auxiliaire bezañ 'être'.

(2) a dre-holl eo deredet pomperion, archerion, sikourerion a bep seurt... Standard, Drezen (1943)
de partout est accourru pompiers policiers secouristes de1 chaque sorte
'De partout, il est accouru des pompiers, policiers, secouristes de toutes sortes...'


(3) Marteze int redet kuit, hep soñjal skrivañ. Standard, Drezen (1943)
peut-être sont courru parti sans penser écrire
'Peut-être sont-ils partis, sans penser à se signaler.'


causatif

Vallée (1980:XXIV) signale un emploi de sens causatif sans qu'un des verbes causatifs n'apparaisse, dans redek ar saout 'faire courir les vaches'.


(2) Lez ar chas da redek ar c'had Standard, Riou (1941:28)
laisse le chiens pour1 courir le 1lièvre
'Laisse les chiens faire courir le lièvre.' ('Laisse tomber')

sélection de l'auciliaire

(2) Ma ne vijen ket redet kuit…
si ne étais pas couru parti
'Si je ne m'étais pas enfui...' Standard, Drezen (1990:74)

Expressions

'courir les routes'

(3) Ret e oa dezhi foetañ hent evit he2 fañsion.
obligé R était à.elle fouetter chemin pour son pension
'Elle devait courir les routes pour sa pension.', Standard, Ar Barzhig (1976:29)