Pronom impersonnel : Différence entre versions

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(variation morphologique dialectale)
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Il existe en breton deux pronoms impersonnels distincts. Il s'agit pour le premier d'un pronom vide déclenchant une marque particulière de l'accord verbal. Le second est un pronom impersonnel, créé avec le matériel du groupe nominal [un homme].  
 
Il existe en breton deux pronoms impersonnels distincts. Il s'agit pour le premier d'un pronom vide déclenchant une marque particulière de l'accord verbal. Le second est un pronom impersonnel, créé avec le matériel du groupe nominal [un homme].  
  
les deux pronoms peuvent exister tous deux dans la grammaire d'un même locuteur. Dans la traduction de Derib (1983) par exemple, on note un usage consécutif de ces deux pronoms impersonnels.  
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Les deux pronoms peuvent exister tous deux dans la grammaire d'un même locuteur. Dans la traduction de Derib (1983) par exemple, on note un usage consécutif de ces deux pronoms impersonnels.  
  
  
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| (3)a. || '''* '''Ben 'vez '''(pep den / pep medisin / an dud / ma bugale)''' '''klanv''', e vezomp trapet fall!
 
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| || Quand R est (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants) malade(s), R sommes attrappés mauvaisement
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| || colspan="4" | ‘Quand (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants) sont/est malade, on est salement attrappés!’
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| |||| Mona Bouzec, ''Rieg'', p.c. (01/2009)  
 
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=== variation morphologique dialectale ===
 
=== variation morphologique dialectale ===
  
Les formes varient entre ''an den'', ''(a)n nen'' et ''n'in'' selon les dialectes.
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Il n'est pas rare de voir dans la littérature un impersonnel apparaitre sous la forme sans nasalisation 'an den'.
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A travers les dialectes, les formes varient entre ''an den'', ''(a)n nen'' et ''n'in''.
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Humphrey (1995:335) signale ce pronom sous le terme de 'personne indéfinie' en breton de Bothoa.  
 
Humphrey (1995:335) signale ce pronom sous le terme de 'personne indéfinie' en breton de Bothoa.  
  
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Favereau (1997:§316) note aussi cette forme avec une nasale en Est Cornouailles (''pa 'vez skuizh ''''nin''''') et en Pélem ('' 'oera ke' ''''n nin'''''). En Poher et Haute Cornouailles, la forme documentée est '''n nen''.  
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Favereau (1997:§316) note aussi cette forme avec une nasale en Est Cornouailles:
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:: ''pa 'vez skuizh ''''nin''' ''
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: et en Pélem  
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:: '' 'oera ke' ''''n nin'''''
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En Poher et Haute Cornouailles, la forme documentée est '''n nen''.  
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| (2)|| Ba'n amzer oan yaouank || vi ket kas|| ''''nenn''' || kalz d'ar skol.
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| || P DET temps étais jeune|| était NEG envoyé ||  || beaucoup P DET école
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|  ||colspan="4" | 'Du temps de ma jeunesse, on n'était pas souvent envoyé à l'école.'||||||''breton de Saint Yvi''|| German (2007:174)
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Cependant, il n'est pas rare de voir dans la littérature un impersonnel apparaitre sous la forme sans nasalisation 'an den'.
 
 
Il est possible que le pronom varie aussi dans son comportement plus ou moins pronominal suivant les dialectes, impliquant alors des distributions différentes.
 
Il est possible que le pronom varie aussi dans son comportement plus ou moins pronominal suivant les dialectes, impliquant alors des distributions différentes.
  

Version du 22 octobre 2009 à 18:37

Deux impersonnels

Il existe en breton deux pronoms impersonnels distincts. Il s'agit pour le premier d'un pronom vide déclenchant une marque particulière de l'accord verbal. Le second est un pronom impersonnel, créé avec le matériel du groupe nominal [un homme].

Les deux pronoms peuvent exister tous deux dans la grammaire d'un même locuteur. Dans la traduction de Derib (1983) par exemple, on note un usage consécutif de ces deux pronoms impersonnels.


(1) Jeremie: Neu'he 'ranker lavar' de'he!...
alors R doit.IMP dire à.3PL
‘On doit leur dire, alors!’
Whitecrow: N'eo ket ken aes-se ma faotrig. Dreist-holl p'eman 'n'en brizhouenn.
NEG est NEG autant facile-tout.à.fait ma gars.petit. Surtout quand est IMP métis.
‘Ce n'est pas aussi facile, mon garçon. Surtout quand on est métis.’ traducteur Derib (1982:32)


Les deux pronoms doivent être différenciés; ils n'ont pas la même syntaxe. par exemple, ils ne déclenchent pas le même accord.


accord

Le pronom 'an nen' ne peut pas déclencher le même accord verbal que le pronom vide.

(2) An nen ne oar / * ouzer ket bepred.
On NEG sait / *savons NEG toujours
‘On ne sait pas toujours.’ Rieg, Mona Bouzec, p.c. (01/2009)

le pronom vide

Le pronom vide impersonnel déclenche typiquement la marque de conjugaison '-er' sur le verbe au présent.


(2) Lavaret e vije ez eur bet Ø o c'hoari got dre aman.
dit R serait R est.IMP été IMP P jouer billes P ici
‘On dirait qu'on a joué aux billes, par ici.’ léonard, Kerrien (2000:6)


Le pronom impersonnel vide pourrait être présent aussi dans les infinitives (3). C'est cependant délicat à prouver car l'évidence morphologique y est nulle, et la lecture impersonnelle est assez similaire à un pronom de choix arbitraire.


(3) Hennez a zo eur gramenn loustoni e-touez e vleo war e vruched da raskañ gant ar forh.
celui-ci R E Det couche crasse parmi poss.3SGM cheveux sur sa poitrine à IMP râcler avec det fourche
‘Il y a parmi les poils sur sa poitrine une couche de crasse à racler à la fourche.’ (Gros)


à noter que cette marque de l'impersonnel apparaît aussi dans quelques rares prépositions "conjuguées" (Trépos 1980:100).

dirazer, /devant.IMP/, 'devant soi'

L'impersonnel 'an nen'

an den ou an nen est un pronom sujet indépendant. Ce pronom n'a pas de forme écho, ni de forme vide.

distribution syntaxique

On voit que le pronom impersonnel an den n'est pas le syntagme nominal an den (det. homme, 'l'homme'), car leur distribution diffère.

Dans l'exemple ci-dessous, l'impersonnel sujet de la petite proposition [IMP malade] est directement postverbal.

(1)a. Ben 'vez an nen klanv, ne vez ket gwelet ken.
Quand R est IMP malade NEG est NEG vu plus
-- b.
*Ben 'vez klanv an nen, ne vez ket gwelet ken.
Quand R est malade IMP NEG est NEG vu plus
‘Quand quelqu'un est malade, on ne le voit plus (en société).’
Mona Bouzec, Rieg, p.c. (01/2009)


C'est la distribution des autres pronoms pour cette locutrice (cf.2), en contraste avec les syntagmes nominaux qui doivent être placés obligatoirement après l'adjectif prédicatif (3).


(2) Ben 'vez eon klanv, ne vez ket gwelet ken.
Quand R est 3SGM malade NEG est NEG vu plus
‘Quand il est malade, on ne le voit plus (en société).’
Mona Bouzec, Rieg, p.c. (01/2009)


(3)a. * Ben 'vez (pep den / pep medisin / an dud / ma bugale) klanv, e vezomp trapet fall!
Quand R est (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants) malade(s), R sommes attrapés mauvaisement
-- b.
Ben 'vez klanv (pep den / pep medisin / an dud / ma bugale), e vezomp trapet fall!
Quand R est malade (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants), R sommes attrapés mauvaisement
‘Quand (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants) sont/est malade, on est salement attrapés!’
Mona Bouzec, Rieg, p.c. (01/2009)

un pronom sujet

Quand an den se trouve en position objet, son interprétation impersonnelle n'est plus disponible, comme le montre (1). On voit alors qu'on n'a pas affaire au pronom impersonnel, mais à un syntagme nominal défini classique, 'l'homme', qui doit référer à une entité mâle animée.


(1) Ar re a blij dezho al lennegezh voemus a anavez an den dre oberenn Jean Ray.
le ceux R plait à.3PL la littérature fantastique R connait le homme par oeuvre Jean Ray
‘Ceux qui aiment la littérature fantastique connaissent l'homme par l'œuvre de Jean Ray.’ Jean-Baptiste Baronian, introduction Comes (1981:5)
*‘Ceux qui aiment la littérature fantastique connaissent (quelqu'un/ n'importe qui) par l'œuvre de Jean Ray.’


variation morphologique dialectale

Il n'est pas rare de voir dans la littérature un impersonnel apparaitre sous la forme sans nasalisation 'an den'. A travers les dialectes, les formes varient entre an den, (a)n nen et n'in.

Humphrey (1995:335) signale ce pronom sous le terme de 'personne indéfinie' en breton de Bothoa.

 /ə n'i:n/ on, quelqu'un
 
 wè:ra kə n'i:n        [sait.3SG NEG n'i:n]              'on ne sait pas.'     
 pé vè scɥ'i:z ə n'i:n [quand est.3SG fatigué ə n'i:n]   'quand on est fatigué'
 
 Ce mot provient du mot /d'i:n/ 'personne, homme', dont il se distingue par la nasalisation de l'initiale.
 

Favereau (1997:§316) note aussi cette forme avec une nasale en Est Cornouailles:

pa 'vez skuizh 'nin
et en Pélem
'oera ke' 'n nin


En Poher et Haute Cornouailles, la forme documentée est 'n nen.

(2) Ba'n amzer oan yaouank vi ket kas 'nenn kalz d'ar skol.
P DET temps étais jeune était NEG envoyé beaucoup P DET école
'Du temps de ma jeunesse, on n'était pas souvent envoyé à l'école.' breton de Saint Yvi German (2007:174)

Il est possible que le pronom varie aussi dans son comportement plus ou moins pronominal suivant les dialectes, impliquant alors des distributions différentes.

Bibliographie

  • Favereau, F. 1997. Grammaire du breton contemporain. Morlaix: Skol Vreizh.
  • Humphreys, H.L. 1995. Phonologie et morphosyntaxe du parler breton de Bothoa, Brest, Emglev Breizh.
  • Ar Gow, Y. 1963. 'Les Formes impersonnelles en breton : quelques exemples dans le parler de Pleyben', Les annales de Bretagne 70, 4, 497.
  • Trépos, P. 2001 [1968, 1980, 1996], Grammaire bretonne, 1968 édition Simon, Rennes.- 1980 édition Ouest France, Rennes; 1996, 2001 édition Brud Nevez, Brest.


corpus

  • Baronian, J-B. 1981. 'introduction' à Comes, skeud ar vran, Keit Vimp Beo.
  • Kerrien 2000. Ar Roc'h Toull (La roche percée), Armorica.