Pronom impersonnel : Différence entre versions

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(L'impersonnel 'an den')
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=== L'impersonnel 'an nen' ===
  
Humphrey (1995:335) le signale sous le terme de 'personne indéfinie'.
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Humphrey (1995:335) le signale en breton de Bothoa sous le terme de 'personne indéfinie'.
  
 
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   pé vè scɥ'i:z '''ə n'i:n''' [quand est.3SG fatigué ə n'i:n]  'quand on est fatigué'
 
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Cependant, il n'est pas rare de voir dans la littérature un impersonnel apparaitre sous la forme sans nasalisation 'an den'.
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Il est possible que cette variation soit dialectale, le pronom pouvant être plus ou moins similaire à un syntagme nominal plein suivant les dialectes.
  
 
==== interprétation ====
 
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Version du 31 janvier 2009 à 21:52

Deux impersonnels

Il existe en breton deux pronoms impersonnels distincts. Il s'agit pour le premier d'un pronom vide ayant une marque propre d'accord verbal. Le second illustre la création d'un pronom impersonnel avec le matériel du groupe nominal [un homme]. L'accord verbal est alors au 3SGM.

Ils peuvent exister tous deux dans la grammaire d'un même locuteur. Dans la traduction de Derib (1983) par exemple, on note un usage consécutif de ces deux pronoms impersonnels.


(1) Jeremie: Neu'he 'ranker lavar' de'he!...
alors R doit.IMP dire à.3PL
‘On doit leur dire, alors!’
Whitecrow: N'eo ket ken aes-se ma faotrig. Dreist-holl p'eman 'n'en brizhouenn.
NEG est NEG autant facile-tout.à.fait ma gars.petit. Surtout quand est IMP métis.
‘Ce n'est pas aussi facile, mon garçon. Surtout quand on est métis.’
traducteur Derib (1983:32)


La forme indépendente ne peut pas déclencher le même accord verbal que le pronom vide.


(1) An nen ne oar / * ouzer ket bepred.
On NEG sait / *savons NEG toujours
‘On ne sait pas toujours.’
Mona Bouzec, Rieg, p.c. (01/2009)

L'impersonnel 'an nen'

Humphrey (1995:335) le signale en breton de Bothoa sous le terme de 'personne indéfinie'.

 /ə n'i:n/ on, quelqu'un
 
 wè:ra kə n'i:n        [sait.3SG NEG n'i:n]              'on ne sait pas.'     
 pé vè scɥ'i:z ə n'i:n [quand est.3SG fatigué ə n'i:n]   'quand on est fatigué'
 
 Ce mot provient du mot /d'i:n/ 'personne, homme', dont il se distingue par la nasalisation de l'initiale.
 

Cependant, il n'est pas rare de voir dans la littérature un impersonnel apparaitre sous la forme sans nasalisation 'an den'. Il est possible que cette variation soit dialectale, le pronom pouvant être plus ou moins similaire à un syntagme nominal plein suivant les dialectes.

interprétation

'an den' est un pronom sujet indépendent. Il n'a pas de forme écho, ni de forme vide.

Quand an den se trouve en position objet, son interprétation impersonnelle n'est plus disponible. En (1), l'interprétation impersonnelle n'est pas disponible.


(1) Ar re a blij dezho al lennegezh voemus a anavez an den dre oberenn Jean Ray.
le ceux R plait à.3PL la litterature fantastique R connait le homme par oeuvre Jean Ray
‘Ceux qui aiment la littérature fantastique connaissent l'homme par l'oeuvre de Jean Ray.’
*‘Ceux qui aiment la littérature fantastique connaissent (quelqu'un/ n'importe qui) par l'oeuvre de Jean Ray.’
Jean-Baptiste Baronian, introduction Comes (1981:5)


Distribution

On voit que le pronom impersonnel 'an den' n'est pas le syntagme nominal 'an den', car leur distribution est différente. Dans l'exemple ci-dessous, l'impersonnel sujet de la petite proposition [IMP malade] est directement postverbal.

(1)a. Ben 'vez an nen klanv, ne vez ket gwelet ken.
Quand R est IMP malade NEG est NEG vu plus
-- b.
*Ben 'vez klanv an nen, ne vez ket gwelet ken.
Quand R est malade IMP NEG est NEG vu plus
‘Quand quelqu'un est malade, on ne le voit plus (en société).’
Mona Bouzec, Rieg, p.c. (01/2009)


C'est la distribution des autres pronoms pour cette locutrice (cf.2), en contraste avec les syntagmes nominaux qui doivent être placés obligatoirement après l'adjectif prédicatif (3).


(2) Ben 'vez eon klanv, ne vez ket gwelet ken.
Quand R est 3SGM malade NEG est NEG vu plus
‘Quand il est malade, on ne le voit plus (en société).’
Mona Bouzec, Rieg, p.c. (01/2009)


(3)a. * Ben 'vez (pep den / pep medisin / an dud / ma bugale) klanv, e vezomp trapet fall!
Quand R est (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants) malade(s), R sommes attrappés mauvaisement
-- b.
Ben 'vez klanv (pep den / pep medisin / an dud / ma bugale), e vezomp trapet fall!
Quand R est malade (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants), R sommes attrappés mauvaisement
‘Quand (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants) sont/est malade, on est salement attrappés!’
Mona Bouzec, Rieg, p.c. (01/2009)