Perak : Différence entre versions

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[[Kerrain (2001)]] note que la traduction du français ''pourquoi pas?'' peut être simplement ''perak pas'', ''perak nann'', ou ''petra 'virfe'' ('qu’est-ce qui empêcherait?'), mais aussi ''perak'' suivi d'un verbe au [[conditionnel]].
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La forme ''Perak pas?'' est souvent relevée comme exogène, et suspectée d'être une invention du standard sous influence française (''pourquoi pas''). [[Kerrain (2001)]] préconise, à côté de ''perak pas'' ou ''perak nann'' qu'il ne rejette pas ouvertement, l'usage de ''petra 'virfe'' ('qu’est-ce qui empêcherait?'), ou encore de ''perak'' suivi d'un verbe au [[conditionnel]].
  
  
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La forme ''perak pas'' est répandue en breton standard moderne, et a été en tout cas documentée chez des natifs à Guémené-sur-Scorff (<font color=green>[pérek pas]</font color=green>, [[Mc Kenna (1978)|Mc Kenna 1978]]:172).
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== Horizons comparatifs ==
 
== Horizons comparatifs ==

Version du 1 décembre 2017 à 22:39

Perak est un mot interrogatif de cause ('pourquoi').


(1) [pe'raɡ ox ˌʃomɛt kɛjd 'al ]
Perag oh chomet keid-all ?
pourquoi êtes resté si.long-autre
'Pourquoi es-tu /êtes-vous resté(s) si longtemps ?' Plozévet, Goyat (2012:196)


Morphologie

composition

Perak est constitué du préfixe interrogatif pe- suivi de la conjonction rak, 'car'.


accentuation

Comme tous les composés en pe-, perak est accentué sur la syllabe finale (Kervella 1995:§70).


(2) /pe'ra:ɡ/ , Plozévet, Goyat (2012:125)

variation dialectale

Daouphars (2004:32) note que perak n'est jamais employé à Gourin.


dérivation

nominalisation

Perak, précédé d'un article, est nominalisé:


(3) gouzoud ar penaoz hag ar perag
savoir le comment et le pourquoi
'connaitre le comment et le pourquoi.' Ar Merser (2009:343)


Il prend alors des marques de pluriel prototypiques des noms.


(4) Ur gwir voreb ar peragoù hag ar penaozioù anezhi.
un vrai tante le pourquois et le comments P.elle
'C'était une vraie miss comment pourquoi.' Menard & Kadored (2001:§'penaos')


Syntaxe

négation 'pourquoi pas?'

La forme Perak pas? est souvent relevée comme exogène, et suspectée d'être une invention du standard sous influence française (pourquoi pas). Kerrain (2001) préconise, à côté de perak pas ou perak nann qu'il ne rejette pas ouvertement, l'usage de petra 'virfe ('qu’est-ce qui empêcherait?'), ou encore de perak suivi d'un verbe au conditionnel.


(4) Perak ne vefe ket ur vaouez ?
pourquoi ne1 serait pas un femme
'Pourquoi pas une femme?' Kerrain (2001)


La forme perak pas est répandue en breton standard moderne, et a été en tout cas documentée chez des natifs à Guémené-sur-Scorff ([pérek pas], Mc Kenna 1978:172).


(5) gant unan eus hon div yezh, ha perak pas gant an div. Standard, site Région Bretagne [03/2017]
avec un de notre deux.F langue et pourquoi pas avec le deux.F
'avec l'une de nos deux langues, et pourquoi pas avec les deux?'

Horizons comparatifs

L'interrogatif de cause est assez haut dans la structure dans les langues romanes. En cimbre aussi, une langue germanique parlée en Italie. Le verbe remonte haut dans la structure uniquement avec un complémenteur lui-même haut dans la structure comme en (1). Dans ces cas, le verbe apparaît au dessus de la négation.


(1) I pin gerift pa zaiten umbrómm i hån nèt vorlórt di korìara.
je suis arrivé en temps car je ai pas raté le bus
'Je suis arrivé à temps car je n'ai pas raté le bus.' Cimbre, Bidese, Padovan & Tomaselli (2014:496)