Mar

De Arbres
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Le nom mar dénote le 'doute'.


(1) Gwel eo din beza sur evit beza war var.
mieux est à.moi être sur que être sur1 doute
'Il vaut mieux pour moi être sûr qu'être dans le doute.' Trégorrois, Gros (1970b:'mar')


Morphologie

dérivation

C'est ce nom mar que l'on trouve dans marteze 'peut-être', martezeadenn 'hypothèse', divar 'indubitable' ou arvar 'doute, indécision, danger'.


grammaticalisation

Le nom mar 'doute' est probablement la source de grammaticalisation du complémenteur ma(r) 'si' des conditionnelles.


Syntaxe

hep mar (ket)

Bihan (2016:233) ne relève en moyen breton que deux occurrences de la locution adverbiale hep mar quet. La forme hep mar est alors plus courante.

  • Me aia hegar hep mar dre hoz caret
'Je vais avec plaisir, certes, car je vous aime', Breton fin XV°, N. v. 178‑181.
  • da conquerif an breiz man hep mar quet
'Afin de conquérir cette Bretagne-ci, sans aucun doute', Breton 1352, PO, traduction Bihan (2016)
  • An roe hep mar quet ne falho / Da nep he mir hac he miro
'Le Roi sans doute qui ne faillira pas / A quiconque le conserve et le conservera', Breton 1530, (Trois poèmes, no 188)


n'eo ket hep mar

La trégorroise Angela Duval utilise n'eo ket hep mar dans le sens de C'est pas étonnant (elle applique en fait la concordance négative entre ket et hep, ce qui donne 'c'est sans aucun doute', puis un glissement de sens de type c'est pas douteux, pas de quoi douter, pas étonnant').

  • Ma ! n’eo ket hep mar ne gorde ket hon c’haoz avat dec’h, bremañ a gomprenan.
'Ma! Ce n'est pas étonnant que nous ne nous entendions pas hier, maintenant je comprends.', Pardon sant Erwan, Duval (1962?)
  • Job a c’hoarzhe, n’eo ket hep mar gant un taol ken fentus all
'Job riait, pas étonnant après un coup si drôle', Breur ar Miliner, Duval (1962?)
  • Trubuilh war drubuilh da Fañch Kouer, O va Doue ! Pebezh micher !…
Koll a bep tu. — N’eo ket hep mar eo ken dilezet an Douar…
'Un tracas après l'autre pour le paysan. Oh mon Dieu! Quel métier!'
'Des pertes partout. - Pas étonnant que les gens quittent (le travail de) la Terre.', Ar Suilh-Raden, Duval (1962)

On trouve cette expression dès 1894.

  • n’eo ket hep mar ma c’hon nehet, n’ouzon petra d’ober ouz ze.
'pas étonnant que je sois ennuyé, je ne sais comment réagie.', Guillouzic (1894:24)

Diachronie et horizons comparatifs

Le nom mar 'doute, incertitude' est apparenté au cornique mar et au gallois mor, remontant au celtique * mar-o-s.