Les subordonnées : Différence entre versions

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(Ordre des mots dans les subordonnées)
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Une subordonnée est une [[proposition]] qui est sélectionnée par une autre proposition (dite 'principale', ou 'matrice').
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Une '''subordonnée''' est une [[proposition]] qui n'est pas indépendante. Elle est [[enchâssée]] dans une autre [[proposition]] et on l'appelle aussi une '''proposition enchâssée'''. En (1), la proposition subordonnée est la proposition [[complétive]] ''(ne) vez ket fur blenio''. Elle est le complément d'objet du verbe ''desid'' de le proposition [[matrice]].
Les subordonnées débutent prototypiquement par un [[complémenteur]], tête [[C]] du domaine [[CP]].  
 
  
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Les subordonnées débutent prototypiquement par un [[complémenteur]] (appelé parfois [[subordonnant]], [[connecteur]] ou [[conjonction]]). En breton, ce complémenteur n'est pas toujours prononcé.
  
== Ordre des mots dans les subordonnées ==
 
  
L'influence des [[C|complémenteurs]] sur l'ordre des mots est à documenter.  
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{| class="prettytable"
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|(1)|| 'N dud || 'zesid || ''' 'vez''' || '''ket fur''' || ''' blenio '''.
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|||[[art|le]] <sup>[[1]]</sup>[[tud|gens]] ([[R]]<sup>[[1]]</sup>) || décide <font color=green>[</font color=green>([[ne]]<sup>[[1]]</sup>) || [[vez|est]] || [[ket|pas]] [[fur|sage]] || [[bleniañ|conduire]] <font color=green>]</font color=green>
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|||colspan="10" | 'Les gens décident qu'il ne serait pas sage de conduire.'
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|||||||colspan="10" |''Scaër/Bannalec'', [[H. Gaudart (04/2016)]]
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== Inventaire ==
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* Une subordonnée [[relative]] est [[sélectionnée]] par l'élément relativisé. Elle débute par un [[pronom relatif]] comme ''[[C.ha(g)|ha(g)]]'', ''[[hag a]]'', ou directement par le [[rannig]] (avec plausiblement un [[complémenteur vide]]).
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* Une subordonnée [[complétive]] est [[sélectionnée]] par le [[verbe déclaratif]] de la proposition [[matrice]]. La complétive débute par un complémenteur déclaratif (''[[penaos]]'', ''[[la(r)]]'' suivi du [[rannig]]), ou directement par le [[rannig]] ou la négation ''[[ne]]'' (avec plausiblement un [[complémenteur vide]]).
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: les [[interrogatives indirectes]]
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: les [[exclamatives indirectes]]
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* Une [[subordonnée circonstancielle]] est optionnelle dans la phrase à laquelle elle apporte une information supplémentaire. Elle débute par un complémenteur simple ou complexe exprimant toute sorte de relation avec la phrase [[matrice]].
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: [[Subordonnées concessives]]
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: [[Subordonnées d'addition]]
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: [[Subordonnées de but]]
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: [[Subordonnées de causalité]]
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: [[Subordonnées de conséquence]]
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: [[Subordonnées de degré]]
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: [[Subordonnées de lieu]]
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: [[Subordonnées de manière]]
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: [[Subordonnées de moyen]]
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: [[Subordonnées de soustration]]
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: [[Subordonnées de temps]]
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: [[Subordonnées d'hypothèse]]
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: [[Subordonnées d'opposition]]
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* On compte aussi:
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:: les [[subordonnées conditionnelles]] ([[protase]] d'une conditionnelle)
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:: les [[subordonnées comparatives]]
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Les [[subordonnées consécutives]] sont celles qui sont calculées avec un temps postérieur au temps de la matrice. Ce sont les [[subordonnées de but]] et les [[subordonnées de conséquence]], ainsi que les [[subordonnées causales]] dont la cause est placée, potentielle, dans un temps postérieur à celui du temps de la matrice.
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== Syntaxe ==
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=== ordre des mots dans les subordonnées ===
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Dans les subordonnées, l'ordre des mots est canoniquement "[[complémenteur]] + verbe fléchi", mais il est parfois aussi celui des phrases matrices ("[[complémenteur]], X(P), verbe fléchi").
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La variation dans l'ordre des mots dépend du type de [[complémenteur]] utilisé. Les différentes variétés de breton utilisent différents complémenteurs, avec différents effets sur l'ordre des mots. Pour plus de détails, se reporter à l'article sur les [[ordres T2 en enchâssées]].
  
Dans les subordonnées (relatives ou complétives), l'ordre des mots est soit "complémenteur + Verbe", soit celui des phrases matrices ("[[complémenteur]], X(P), verbe").
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== Terminologie ==
  
La variation dans l'ordre des mots dépend du type de [[complémenteur]] utilisé. Les différentes variétés de breton utilisent différents complémenteurs, avec différents effets sur l'ordre des mots.
+
En breton, le terme correspondant à 'proposotion subordonnée' est ''islavarenn'' ou ''lavarenn kenurzhiet'' ([[Kervella (1947)|Kervella (1947]]:§701). Il utilise ailleurs aussi le terme ''islavarenn sujediñ''.
  
  [[Gros (1970)|Gros (1970]]:33):
+
[[Press (1986)|Press (1986]]:236) traduit ''islavarenn'' par l'anglais ''subordinate clause''.
  "'''Propositions subordonnées''':
 
  La langue parlée observe rigoureusement l'ordre régulier des membres:
 
  1° le verbe (l'auxiliaire en tête s'il y en a un)
 
  2° le sujet (s'il est exprimé)
 
  3° le ou les compléments
 
 
 
  ''Klevet em eus e oa bet da dad o pesketa.''
 
  'J'ai entendu dire que ton père avait été à la pêche.'
 
 
 
  Un bretonnant ne se trompera jamais à dire:
 
  ''*klevet am-eus da dad a oa bet...''    ni:
 
  ''*klevet em-eus bet e oa da dad...''
 
 
 
  Il y a une exception à cette règle quand la subordonnée commence par ''ha'' ('si'):
 
  ''N'ouzon ket ha c'hwi a vefe kontant da zont ganin.''
 
 
 
  Dans ce dernier cas, du reste, le trégorrois parlé préfère dire:
 
  ''N'ouzon ket hag-eñ e vefeh kontant da zond ganin.''
 
  (''Hag-eñ'', 'si', est suivi d'une subordonnée qui observe la règle générale).
 
 
 
  
En (1) et (2)a,b, les éléments entre le complémenteur ''ha'' et le verbe [[fléchi]] sont prototypiques des ordres V2 des matrices (l'explétif ''[[Bezan preverbal |Bez]]'', le [[Ordres à sujet préverbal|sujet]], le [[Ordres à participe préverbal |participe passé antéposé]]).
+
== Bibliographie ==
  
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'''breton'''
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* [[Solliec (2015)|Solliec, Tanguy. 2015]]. 'Structure de l’énoncé complexe en breton, le cas de la subordination', Denis Costaouec & Tanguy Solliec (éds.), ''Actualité de la recherche sur le breton et les langues celtiques'', jeunes chercheurs, Emgleo Breiz, 71-98.
  
{| class="prettytable"
 
|(1)|| Me va-unan ||ne ||ouien || ket  '''ha''' || ''bez''’ e oa ac’hanon.
 
|-
 
| || [[pfi|1SG]] [[pronom réflexif|reflex]] || [[ne]] ||savais.1SG || [[ket|pas]]  si || bez [[R]] [[COP|était]].3SG [[a|P]].1SG
 
|-
 
| ||colspan="4" | 'Moi même je ne savais pas si c'était moi.'||||||''Mari-Vorgan'' p.64, cité par [[Le Gléau (1973)|Le Gléau (1973]]:75)
 
|}
 
  
 +
'''horizons comparatifs'''
  
{| class="prettytable"
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* D’Hertefelt, Sarah . 2018. ''Insubordination in Germanic, A Typology of Complement and Conditional Constructions'', Trends in Linguistics. Studies and Monographs [TiLSM], Mouton De Gruyter.  
|(2) a.|| N’ ouzon ket''  || ['''''ha''' ''Yann'' en deus lennet al levr].
 
|-
 
| || [[ne]] know [[ket|pas]]  || whether Yann 3SG have read the book
 
|-
 
|-
 
| b.|| N’ ouzon ket'' || ['''''ha'''  ''lennet'' en deus Yann al levr].
 
|-
 
| || [[ne]] know [[ket|pas]]   || whether read 3SG have Yann the book
 
|-
 
|||colspan="4" | ‘I don’t know whether Yann has read the book.’||  Borsley & Kathol (2000:675)
 
|}
 
  
  
 
[[Category:articles|Categories]]
 
[[Category:articles|Categories]]

Version actuelle datée du 21 octobre 2021 à 10:04

Une subordonnée est une proposition qui n'est pas indépendante. Elle est enchâssée dans une autre proposition et on l'appelle aussi une proposition enchâssée. En (1), la proposition subordonnée est la proposition complétive (ne) vez ket fur blenio. Elle est le complément d'objet du verbe desid de le proposition matrice.

Les subordonnées débutent prototypiquement par un complémenteur (appelé parfois subordonnant, connecteur ou conjonction). En breton, ce complémenteur n'est pas toujours prononcé.


(1) 'N dud 'zesid 'vez ket fur blenio .
le 1gens (R1) décide [(ne1) est pas sage conduire ]
'Les gens décident qu'il ne serait pas sage de conduire.'
Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016)


Inventaire

les interrogatives indirectes
les exclamatives indirectes
  • Une subordonnée circonstancielle est optionnelle dans la phrase à laquelle elle apporte une information supplémentaire. Elle débute par un complémenteur simple ou complexe exprimant toute sorte de relation avec la phrase matrice.
Subordonnées concessives
Subordonnées d'addition
Subordonnées de but
Subordonnées de causalité
Subordonnées de conséquence
Subordonnées de degré
Subordonnées de lieu
Subordonnées de manière
Subordonnées de moyen
Subordonnées de soustration
Subordonnées de temps
Subordonnées d'hypothèse
Subordonnées d'opposition
  • On compte aussi:
les subordonnées conditionnelles (protase d'une conditionnelle)
les subordonnées comparatives


Les subordonnées consécutives sont celles qui sont calculées avec un temps postérieur au temps de la matrice. Ce sont les subordonnées de but et les subordonnées de conséquence, ainsi que les subordonnées causales dont la cause est placée, potentielle, dans un temps postérieur à celui du temps de la matrice.

Syntaxe

ordre des mots dans les subordonnées

Dans les subordonnées, l'ordre des mots est canoniquement "complémenteur + verbe fléchi", mais il est parfois aussi celui des phrases matrices ("complémenteur, X(P), verbe fléchi").

La variation dans l'ordre des mots dépend du type de complémenteur utilisé. Les différentes variétés de breton utilisent différents complémenteurs, avec différents effets sur l'ordre des mots. Pour plus de détails, se reporter à l'article sur les ordres T2 en enchâssées.

Terminologie

En breton, le terme correspondant à 'proposotion subordonnée' est islavarenn ou lavarenn kenurzhiet (Kervella (1947:§701). Il utilise ailleurs aussi le terme islavarenn sujediñ.

Press (1986:236) traduit islavarenn par l'anglais subordinate clause.

Bibliographie

breton

  • Solliec, Tanguy. 2015. 'Structure de l’énoncé complexe en breton, le cas de la subordination', Denis Costaouec & Tanguy Solliec (éds.), Actualité de la recherche sur le breton et les langues celtiques, jeunes chercheurs, Emgleo Breiz, 71-98.


horizons comparatifs

  • D’Hertefelt, Sarah . 2018. Insubordination in Germanic, A Typology of Complement and Conditional Constructions, Trends in Linguistics. Studies and Monographs [TiLSM], Mouton De Gruyter.