La négation : Différence entre versions

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Ce contraste semble indiquer que ''ket'' apporte une vraie négation dans ce contexte. La question qui se pose alors est de mieux cerner les différences de sens dans les cas d'apparente optionnalité.
 
Ce contraste semble indiquer que ''ket'' apporte une vraie négation dans ce contexte. La question qui se pose alors est de mieux cerner les différences de sens dans les cas d'apparente optionnalité.
  
La question du statut de la négation propositionnelle est étroitement liée à celle du système de concordance négative.   
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La question du statut de la négation propositionnelle est étroitement liée à celle du système de concordance négative. Plus précisément, ils'agit des situations où plusieurs éléments négatifs apparaissent dans une même phrase pour donner lieu à une interprétation négative [Kervella 1947 : §234]:
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Exemples de concordance négative
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- des contextes avec ne + mot négatif
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- ne + plusieurs mots négatifs (dont parfois ebet)
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Par rapport à la question 'lequel est un élément fonctionnel/vraie négation'- cela voudrait dire que ‘ne’ est effectivement un élément fonctionnel (probablement marqueur de la portée maximale de la négation) et que c’est les autres mots négatifs qui contribuent la vraie négation (dans l’interprétation).
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Néanmoins, la situation semble beaucoup plus complexe que ce type de description ne laisse apparaître et ce pour plusieurs raisons :
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- des contextes avec mot négatif sans ‘ne’ sans ‘ket’ (pas attendu pour une vraie langue à concordance négative)
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- ‘ket’ + mot négatif= netra (avec une ambiguité de lecture - différent du français)
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(+ un exemple 'ket' sans rien d'autre)
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il s’agit donc d’établir quel type de concordance négative il y a en breton :
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Schapansky : contraste pre/postverbal 
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Il se peut que les réponses soient différentes selon les types d’éléments impliqués : simple indéfini/élément morphologiquement négatif. Pour chaque paradigme/élément qui participe au système de concordance négative (qui apparaît dans des phrases que l’on interprète comme étant négatives), il s’agit de déterminer s’il peut/doit apparaître sans négation propositionnelle.
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tests classiques - les lectures de DN, distribution avec ‘ket’, réponses négatives permettent de déterminer s’il s’agit d’éléments sémantiquement négatifs ou pas.
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Afin de vérifier le statut fonctionnel de 'ne'= d’autres contextes typiquement signalés comme faisant apparaître une négation purement fonctionnelle (que l’on n’interprète donc pas comme une vraie négation) sont
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- questions négatives, (certains types de comparatives Il a mangé plus que je ne le pensait.), subordonnées introduites par avant (Elle m’a appelé avant qu’elle ne parte)/compléments de verbes comme craindre (Je crains qu’il ne soit en retard)
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Quels sont en breton les items de polarité négative? Y-a-t-il des items de polarité positive? Y-a-t-il concordance négative? Est-elle optionnelle?... L'étude demande un tour d'horizon des quantifieurs, des indéfinis, et des noms nus. - On y planche.
 
Quels sont en breton les items de polarité négative? Y-a-t-il des items de polarité positive? Y-a-t-il concordance négative? Est-elle optionnelle?... L'étude demande un tour d'horizon des quantifieurs, des indéfinis, et des noms nus. - On y planche.

Version du 12 octobre 2008 à 02:42

EN CHANTIER

Description du phénomène

A première vue, le breton use d'une négation discontinue (également appelée bipartite) dont les éléments entourent le verbe tensé: [ne V ket], comme c'est le cas en français avec [ne V pas].

Cependant la co-occurrence de ne et ket n’est pas systématique. Il s’agit donc, dans un premier temps, de comprendre le statut exact - la distribution et l’apport sémantique de chacun de ces deux éléments. Plus précisément, lequel d'entre eux est nécessaire pour marquer une phrase comme étant négative? Est-ce que il y a l'un des deux qui est un élément purement fonctionnel (comme ça semble être le cas pour ne en français) et l'autre qui contribue une vraie négation ou bien et ne et ket peuvent servir comme seul marqueur négatif?

Les descriptions du système négatif données par les grammaires n'apportent pas de réponse claire à ces questions. Tout d'abord, les grammairiens notent plusieurs situations où ne apparaît/ peut apparaître sans ket. Par exemple, Chalm (2008: 86-88) "on peut se passer de ket si ken suit directement le verbe" :

(1) Ne bellgomzo (ket) ken bremañ.
Neg V neg plus maintenant
'Il/Elle ne téléphonera plus maintenant.'

Cependant, si un mot s’interpose entre le verbe et ken, ket est obligatoire.

(2) Ne bellgomzo ket endro ken .
Neg V neg de encore plus
' Il/Elle ne téléphonera plus.'

De même, Kervella (1947 : 234) : "Quand il se trouve un autre mot négatif dans la phrase, comme ebet (aucun), netra (neg.chose), nikun (nul), mann (zéro, rien), mui (plus), biskoazh/ biken/ morse (jamais), etc., on ne met pas ket la plupart du temps. "

Malgré cette apparente optionalité, la présence de ket dans certains contextes change l'interprétation de la phrase, comme le montre le contraste entre (3) et (4), où l’utilisation de ket entraîne une phrase de sens contraire :

(3) Ne ra nemet debriñ ha kousket.
Neg V seulement manger et dormir
'Il/Elle ne fait que manger et dormir.'
(4) Ne ra ket nemet debriñ ha kousket.
Neg V neg seulement manger et dormir
'Il/Elle ne fait pas que manger et dormir.'

Ce contraste semble indiquer que ket apporte une vraie négation dans ce contexte. La question qui se pose alors est de mieux cerner les différences de sens dans les cas d'apparente optionnalité.

La question du statut de la négation propositionnelle est étroitement liée à celle du système de concordance négative. Plus précisément, ils'agit des situations où plusieurs éléments négatifs apparaissent dans une même phrase pour donner lieu à une interprétation négative [Kervella 1947 : §234]:

(5) Ne gavan morse den ebet.
Neg trouve.1sg jamais personne aucune


'Je ne trouve jamais personne.'


Exemples de concordance négative - des contextes avec ne + mot négatif - ne + plusieurs mots négatifs (dont parfois ebet)

Par rapport à la question 'lequel est un élément fonctionnel/vraie négation'- cela voudrait dire que ‘ne’ est effectivement un élément fonctionnel (probablement marqueur de la portée maximale de la négation) et que c’est les autres mots négatifs qui contribuent la vraie négation (dans l’interprétation).

Néanmoins, la situation semble beaucoup plus complexe que ce type de description ne laisse apparaître et ce pour plusieurs raisons :

- des contextes avec mot négatif sans ‘ne’ sans ‘ket’ (pas attendu pour une vraie langue à concordance négative) - ‘ket’ + mot négatif= netra (avec une ambiguité de lecture - différent du français)

(+ un exemple 'ket' sans rien d'autre) il s’agit donc d’établir quel type de concordance négative il y a en breton :

DN CN stricte/non-stricte

Schapansky : contraste pre/postverbal


Il se peut que les réponses soient différentes selon les types d’éléments impliqués : simple indéfini/élément morphologiquement négatif. Pour chaque paradigme/élément qui participe au système de concordance négative (qui apparaît dans des phrases que l’on interprète comme étant négatives), il s’agit de déterminer s’il peut/doit apparaître sans négation propositionnelle. tests classiques - les lectures de DN, distribution avec ‘ket’, réponses négatives permettent de déterminer s’il s’agit d’éléments sémantiquement négatifs ou pas.

Afin de vérifier le statut fonctionnel de 'ne'= d’autres contextes typiquement signalés comme faisant apparaître une négation purement fonctionnelle (que l’on n’interprète donc pas comme une vraie négation) sont - questions négatives, (certains types de comparatives Il a mangé plus que je ne le pensait.), subordonnées introduites par avant (Elle m’a appelé avant qu’elle ne parte)/compléments de verbes comme craindre (Je crains qu’il ne soit en retard)


Quels sont en breton les items de polarité négative? Y-a-t-il des items de polarité positive? Y-a-t-il concordance négative? Est-elle optionnelle?... L'étude demande un tour d'horizon des quantifieurs, des indéfinis, et des noms nus. - On y planche.

Les mots négatifs (Kervella 1947§234): ebet, 'aucun.e'; netra, 'rien'; nikun, 'personne'; mann, 'zéro, rien': mui, 'plus', biskoazh, biken, morse, 'jamais'...

Les noms nus den, 'personne'; hini, tra, 'chose'; banne, contenu d'un verre peuvent devenir des mots négatifs sans l'adjonction de ebet, 'aucun.e'.

Intérêt théorique

Horizons comparatifs

Bibliographie

Description générale

Press, I. 1986. A Grammar of Modern Breton, Mouton, Berlin (p.110-114).

Chalm, E. 2008. La Grammaire bretonne pour tous, An Alac'h embannadurioù (p.86-88).

Ouvrages théoriques

Schafer, R. 1995, ‘Negation and Verb Second in Breton.’, Natural Language and Linguistic Theory 13, 135-172.

Schafer, R. 1992. Negation and Verb Second in Breton. Santa Cruz, UCSC unpublished manuscript.

Schapansky, N. 2000. Negation, Referentiality and Boundedness in Gwenedeg Breton: A Case Study in Markedness and Asymmetry, Lincom Europa, Munich.

Schapansky, N. 1996. Negation, Referentiality and Boundedness in Breton, a case study in markedness and asymmetry, ms thesis.

Description de la variation dialectale

Spécialistes référents pour cette fiche de collectage

Anamaria Falaus, LLING, Université de Nantes/Naoned

David Willis, Selwyn College, Cambridge

Anne Breitbarth, Selwyn College, Cambridge

Questions ouvertes

  • Est-il possible d'utiliser des items de polarité négative sans ket?

Chalm (2008:86) prescrit de ne pas le faire avec ebet (il est de Cap-Sizun), mais une recherche google "ket * ebet" donne 9370 occurences...

Kervella (1947§234) note pour sa part que lorsqu'un mot négatif (dont ebet) est utilisé, on se passe la plupart du temps de mettre ket.