Ket

De Arbres
Révision datée du 15 mars 2012 à 00:14 par Mjouitteau (discussion | contributions) (Morphologie)
Aller à : navigation, rechercher

L'adverbe ket est la partie postverbale prototypique de la négation bipartite ne ... ket.


(1) Ar re-man an neus gwelet ar re-ze n'o deus ket.
le ceux-ci R.3SG a vu le ceux- ne 3PL 3.a pas
‘Ceux-ci ont vu, ceux-là n'ont pas vu.’ Tréguier, Leclerc (1986:76)


On le trouve dans certains textes anciens sous la forme orthographique quet.

(2) m' ha punissou, té, pé n'ellein quet er gobér.
moi te punirai toi ou ne pourrai pas le faire
'Je te punirai, toi, ou je ne le pourrai pas.' vannetais, Guillome (1836:32)


Morphologie

En vannetais et en haute-cornouaille, la consonne initiale de ket est palatalisée.

(1) /fOta čeT/.
Faot ket.
faut pas
Il ne faut pas' Haute-Cornouaille (Lanvenegen), Evenou (1987:571)


(2) ʃǝ ɔ͂ ɟɥǝlǝt.
Meus ket gwelet.
ai.1SG pas le vu
‘Je ne l'ai pas vu.’ Bas-vannetais, Cheveau (2007:208)


(3) hasǝ cǝt.
na ma c'hasit ket
ne me envoyez pas
‘Ne m'emmenez pas.’ Bas-vannetais, Cheveau (2007:207)

accentuation

L'accentuation de ket varie selon les dialectes:

ket est accentué en Léon, il est inaccentué en breton central (Langonned) et vannetais (Saint Servais) (Plourin 1982:667)

Distribution

Tallerman (1997:218) note que ket précède le marqueur progressif o. Elle en conclut que la négation est une projection fonctionnelle externe à la projection maximale du groupe verbal (VP).


(4) Va breur n'emañ ket o vont a-hed an hent .
mon frère ne est pas à aller à.long le route
‘Mon frère ne va pas le long de la route.’ Press (1986:155)


'ket ken'

Ar Merser (2009:549) note qu'en Haute Cornouaille principalement, ken, 'plus', ne provoque pas la disparition de 'ket'.


(5) N'eus ket ken .
ne y.a pas plus
'Il n'y en a plus.' Ar Merser (2009:549)

Étymologie

En gallois ou en français, la partie postverbale de la négation est a une origine connue: un nom nu servant de minimiseur (ddim, 'chose'; pas).

L'origine de ket en breton n'est pas transparente en synchronie.


Bibliographie

  • Plourin, J.Y. 1982. Description phonologique et morphologique comparée des parlers bretons de Langonnet (Morbihan) et de Saint-Servais (Côtes-du-Nord), thèse de doctorat, Université de Rennes II.