Kan-, ken-, kem-, kef-, kev-, kiv-, kom-, kon- : Différence entre versions

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|||[[ne]]<sup>[[1]]</sup> aimait [[ket|pas]]|| [[nemeur|guère]] ||[[POSS|son]] '''con'''frère ||[[abalamour|à.cause]] [[da|de]] [[POSS|son]] ||esprit rican.[[-er, -our|eur]]
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(6) '''''ken'''dalc’h'', ' continuation' ([[Favereau (1997) |Favereau 1997]]:§194), 'maintien' ([[Trépos (2001)|Trépos 2001]]:§121)
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Kervella signale que ''ken-'' déclenche une [[lénition]] sur sa [[racine]], à l'exception des racines en <font color=green>/d/</font color=green> ('''''ken'''dere'').
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| (2) ||...evit ma kavi || eur gwaz ||eus da '''gen'''dere,|| merc'hig ?
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|||colspan="4" | 'Pour que tu trouves un mari de ton milieu social, ma fille?' ||||''Léon (Bodilis)'', [[Ar Floc'h (1922)|Ar Floc'h (1922]]:347)
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(3) '''''ken'''dalc’h'', ' continuation' ([[Favereau (1997) |Favereau 1997]]:§194), 'maintien' ([[Trépos (2001)|Trépos 2001]]:§121)
  
  

Version du 16 août 2016 à 11:58

Le morphème ken- apparaît aussi sous les formes ke-, kev-, kef-, ki-, ainsi qu'avec les nasales kem-, kom-. Les formes kan- et kon- sont apparentées.

Ce préfixe est très productif. Il implique une notion de groupe, de collectif ou un parallélisme sur les noms ou les verbes.


(1) Ha, dezhañ _ bevañ e kumuniezh, n’en doa ket d’he c’henlodañ gant den.
et, de.lui vivre en commun.auté ne’3SGM avait pas àla com-partager avec personne
'Et, bien qu’il vive en communauté, il n’avait pas à la partager avec quiconque.
Standard, Drezen (1990:64)


(2) : kenvreuriañ, 's'affilier'

kenvroad, 'compatriote'
kenwerzh, 'commerce'; kenwerzhañ, 'commercer'; kenwerzhour, 'commerçant', Deshayes (2003:37)


(3) kevrenn, 'part, portion' (Trépos 2001:§121), 'section' (Favereau 1997:§194)


Trépos (2001:§121) cite kengarantez, 'affection mutuelle', kenvreur, 'confrère'

Gros (1984:369) donne kevannus, 'fréquenté'.


Morphologie

choix des allomorphes

Kervella (1947:§877) donne :

  • kenson, kengarantez, kenganañ, kenober, kenoad, kenouenn,
kenstrollañ, kenderc'hel, kenep, kenliv
  • kenforn mais keflusk, keferata, kefrifi, kefrisa
  • kenvroad mais kevleue, kevilin, kevezer, keveler,
  • kevenderv, kevrenn, kevre, kevred, kevnid, kevrin, kevatal, kewez
  • kivioul, kivni


Les racines en /m, p, b/ déclenchent les formes nasales du préfixe: kempouez, kemmesk, kombod, kemenn


variation

La morphologie du préfixe hésite parfois: keveil = keneil.


mutations

Selon Helias (1986:15), ce préfixe provoque uniformément une lénition.


(1) Ne gare ket nemeur e genvreur, abalamour d’e spered risigner.
ne1 aimait pas guère son confrère à.cause de son esprit rican.eur
'Il n'aimait guère son confrère à cause de son esprit moqueur.'
Standard, Drezen (1990:28)


Kervella signale que ken- déclenche une lénition sur sa racine, à l'exception des racines en /d/ (kendere).


(2) ...evit ma kavi eur gwaz eus da gendere, merc'hig ?
pour que trouveras un mari de ton1 milieu.social fille.DIM
'Pour que tu trouves un mari de ton milieu social, ma fille?' Léon (Bodilis), Ar Floc'h (1922:347)


(3) kendalc’h, ' continuation' (Favereau 1997:§194), 'maintien' (Trépos 2001:§121)


Selon Chalm (2008:w-217), ken- ne provoque pas non plus de lénition sur une initiale en /g/.

Sémantique

Ken- implique une pluralité sémantique des entités dénotées par sa racine.


(5) Em gavet a ran get kenseurted, amezeion.
se1 trouver R fais avec con.sort.s voisins
'Je me retrouve avec mes pareils, des voisins.' Vannetais, Herrieu (1994:§13)


Selon Deshayes (2003:37), ken- rend l’idée de "mutualité, de réciprocité, ou implique l’idée de conjonction, de regroupement, d’accession". Selon Trépos (2001:§121), ce préfixe exprime une idée de communauté.


relevés sémantiquement opaques

Certaines initiales en kem- sont données comme exemple de ce préfixe sans qu'on retrouve sa sémantique habituelle.


(1) kempenn, 'ordonné', Favereau (1997:§194)


Il est possible qu'il s'agisse de préfixes différents. Gros (1984:369) considère que le préfixe en (2) remonte au vieux breton et "n'est plus productif en breton trégorrois".


(2) kembennad, 'long moment', Gros (1984:369)

Diachronie

Deshayes (2003:37) propose la dérivation diachronique suivante :

  • vieux breton co-
> breton moderne ke- noté principalement devant une initiale en h.
cf. gallois cy-
  • vieux breton con-
> breton moderne kon-
> breton moderne ken-, qui provoque une mutation sauf sur /d, g/
variante kun- pour les mots dont le radical a une initiale contenant un u, /y/.
cf. gallois cyn-
  • vieux breton com-
> moyen breton queff- > breton moderne kev- devant une voyelle
cf. gallois cyf-
> breton moderne kem- par assimilation devant m ou par labialisation devant un p ou un b.


Le Bayon (1878:15) propose quelques dérivations:

  • kan- + dereu, 'souche' > kan̄derw, 'de même souche, cousin'
  • ken- + ment, 'taille' > kement, 'autant, de même mesure'
  • kam- + pouis, poids > kampouis, kempouez, 'de même poids'