Hemon (1930)

De Arbres
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  • Hemon, Roparz. 1930. 'Enklask diwar-benn stad ar brezoneg e 1928', Levrenn gentañ al Levraoueg Keltiek Etrevroadel [Bibliothèque Celtique Internationale] 01, Gwalarn, Brest, 50 p.


 méthodologie: questionnaire écrit en français, envoyé à propos des pratiques à l'église
 - dans quelle langue surtout sont les prêches le plus souvent?
 - si les deux langues sont utilisées, laquelle l'est le plus?
 - dans quelle langue est faite le catéchisme?
 - si le catéchisme est fait dans les deux langues, lequel est le plus fréquenté, et par qui?

L'enquête, entre avril 1928 et août 1929, a reçu 425 réponses de toute la Basse-Bretagne, émanant la plupart du temps de prêtres, mais aussi de quelques instituteurs, médecins et étudiants. En pays vannetais, une personne a fourni des réponses pour quasiment tout l'évêché. Les enseignants du cloitre de Keranna ont aussi étendu l'enquête aux écoliers, et ont ainsi fourni 200 des réponses.

Sur 635 paroisses (= 627 communes dont 8 avaient des paroisses de réponses différentes, et ont été distinguées en deux):

  • 49 prêchent en français seulement,
  • 21 en français surtout,
  • 21 également en français et breton,
  • 70 en breton surtout,
  • 474 en breton seulement.


  • 103 font le catéchisme en français seulement,
  • 33 en français surtout,
  • 30 également en français et breton,
  • 72 en breton surtout,
  • 397 en breton seulement.

L'enquête montre donc en partie la génèse d'une diglossie générationnelle dans la pratique religieuse.

Les paroisses sont situées sur des cartes. L'avancée du français entre les générations adultes et les enfants est sensible partout autour des zones où le français préexiste: les grandes agglomérations, la frontière linguistique et les côtes, sous l'effet de la pêche marchande et du tourisme.

Hemon estime à 1 million le nombre de locuteurs brittophones au quotidien. Sur 1 409 119 habitants en Basse-Bretagne, 777 239 habitent des communes où il est prêché uniquement en breton, 381 243 dans des communes aux prêches alternativement en breton ou français, et 250 637 dans des communes aux prêches uniquement en français.