Hañ ?, heñ ?

De Arbres
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La particule interrogative Hañ ? ou Heñ ? correspond assez bien au français Einh ?.


(1) Neuze, perak pennfollañ hañ ?
alors pourquoi tête.foll.er einh ?
'Alors pourquoi paniquer, einh ?'
Standard, Moulleg (1978:21)


Morphologie

On trouve une variation sur la voyelle nasale.


(2) Pelec'h emañ ar beiadour, heñ ?
est le bêl.eur einh ?
'Il est où le gaffeur, einh ?'
Standard, Monfort (2006:12)


Syntaxe

périphérie droite

Le marqueur de question est placé en périphérie droite avant un groupe au vocatif.


(3) Brav int, hañ, tonton Mateo ?
beau sont einh tonton Matéo
'N'est-ce pas qu'ils sont jolis, oncle Matéo ?'
Standard, Kervella (2001:25)


(4) Farsus eo, hañ, aotrounez ?
amusant est einh monsieur.s
'Vous devez bien rire, n'est-ce pas, messieurs ?'
Standard, Kervella (2001:39)


(5) Netra c'hrevus, hañ, Tchang ?...
rien de1 grave einh Tchang
'Rien de grave, n'est-ce pas, Tchang ?... '
Standard, Kervella (2002:49)

Sémantique

question en reprise, mais pas toujours question polaire

L'interjection Hañ ? ou Heñ ? correspond au français Einh ?, 'Est-ce que' ou 'N'est-ce pas ?'. Elle est grammaticale en isolation. En périphérie droite, elle réalise une question en rapport avec le contenu qui la précède (on peut répondre Na c'houllez ket ganin ! 'Me demande pas !' car une question a été posée). Ci-dessous, on voit que hañ ? est le seul marqueur interrogatif après une déclarative, une impérative ou une conditionnelle.


(1) Ne zeui ket c'hoazh da lavarout e'm eus graet fall, hañ ?
ne1 viendras pas encore à1 dire 1SG a fa.it mal einh ?
'Tu ne vas pas encore venir me dire que j'ai mal fait, si ?'
Standard, Preder & Armor (1977:42)


(2) Graet ar marc'had, hañ ?
fait le marché einh ?
'C'est entendu, n'est-ce pas ?'
Standard, Kervella (2001:21)


(3) Ha ma teufe ar mell bazar-se da vont a-dreuz, hañ ?!
et si4 venait le grand bazar- à1 aller à-travers einh ?
'Et si cet énorme bazar se mettait à dérailler, einh ?!'
Standard, Moulleg (1978:6)


Après une impérative, la question posée est une demande un peu vague d'assentiment oui/non ('D'accord ? OK ?').


(4) Paouezit d'ober sotonioù, hañ ?
arrêtez à1 faire sot.erie.s hein ?
'Plus de bêtises, hein ?'
Standard, Moulleg (1978:33)


(5) N'ankouait ket pellgomz dezho, hañ ?...
ne1 oubliez pas téléphoner à.eux einh ?
'N'oubliez pas de leur téléphoner... '
Standard, Kervella (2001:58)


restriction à la périphérie droite

La restriction à la périphérie droite et la possibilité de porter seule la sémantique interrogative suggère qu'il s'agit de questions en reprise.

  • * Ha ma teufe ar mell bazar-se hañ ? da vont a-dreuz
  • * N'ankouait hañ ket pellgomz dezho ?
  • * Hañ, graet ar marc'had ?
  • * Ne zeui ket c'hoazh hañ da lavarout e'm eus graet fall ?


questions polaires et questions ouvertes

Comme les questions en reprise, ces questions peuvent réaliser des questions polaires (auxquelles on peut toujours répondre par ya, nann, n'eo ket, etc., cf. Aze 'mañ Katell, hañ ? 'Katell est là, einh ?').

Contrairement aux questions en reprise cependant, les questions en hañ ?, heñ ? ne sont pas restreintes aux questions polaires. Elles peuvent suivre une question ouverte ou une conditionnelle.


Diachronie

Menard & Bihan (2016-) rapportent plusieurs exemples d'une particule interrogative hand (eo) en moyen breton, dans des structures de questions en reprise.

À ne pas confondre

L'interjection Hañ !, Heñ ! n'est pas interrogative et réalise une focalisation sur la véracité de la phrase (verum focus). On trouve aussi hañ 'er... ben... ' en usage de remplisseur.