Gour-, gor-, gou- : Différence entre versions

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Un même locuteur peut appliquer deux mutations différentes sur la même consonne initiale <font color=green>/t/</font color=green>: [[Chalm (2008)|Chalm (2008]]:w-217) donne ''gour'''d'''adoù'', 'ancêtres' et ''gour'''z'''rec'h'', 'victoire'.
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Un même locuteur peut appliquer deux mutations différentes sur la même consonne initiale <font color=green>/t/</font color=green>: [[Chalm (2008)|Chalm (2008]]:w-217) donne ''gour'''d'''adoù'' 'ancêtres' et ''gour'''z'''rec'h'' 'victoire'.
  
  
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Selon [[Even (1978)|Even (1978]]:35), le breton ''gour-'' descend du gaulois ''uer-''. Selon [[Deshayes (2003)| Deshayes (2003]]:37), ''gour-'' est issu du [[vieux breton]] ''uuor-'' apparenté au gaulois ''ver-''.
 
: vieux gallois ''guor-'', > gallois ''gor-''
 
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== A ne pas confondre ==
 
== A ne pas confondre ==
  
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Selon [[Kervella (1947)|Kervella (1947]]:§883), ''gour-'' est souvent confondu avec ''[[gou-]]'', de sens contraire, qui lui n’est plus productif dans la langue. Ce morphème ''[[gou-]]'' a effectivement un [[allomorphe]] en ''gour-'' ('''''gour'''zen'' 'avorton, petit homme' ; [[Trépos (2001)|Trépos 2001]]:§121).
  
Il existe aussi le nom indépendant ''[[gour]]'' 'homme, personne'.
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Version du 8 mai 2018 à 15:38

Gour-, gor- ou gou- est un préfixe intensifieur de sens augmentatif (Trépos 2001:§121).


(1) Ar gourlan a ziskenn divreoc'h eget ma pign, sañset.
le haut.flux R1 descend vite.plus que que monte censé
'A l'étale de haute mer, la mer descend plus vite qu'ele n'a monté, censément.'
Léon (Plougerneau), Elégoët (1982:22)


Kervella (1947:§883) donne : gourfenn, gourvab, gourdrec’h, gourc’hemenn, gourvadeziñ, gourdrouz, gourzeurel, gourvez, gourraoskl, gourc’harv, gourvil, gourdadoù, gourejen, gourniz, gourlanv, gorre.

Gros (1984:369) donne gourhemenn 'commander', gourzrên 'crochet d'hameçon' et gouryeotenn 'herbe magique qui rend amnésique'.

Press (1986:224, 226) donne gourdrouz 'menacer' et gourvouezhiad 'archiphonème'.


Morphologie

Le morphème gour- augmentatif peut se rencontrer sous la forme gor-, ou gou-.

(2) [ɡu'zu:rɛd] , gouzouret 'imbibé d’eau'

/ɡur'vlwa/, gourvloaz 'âgé de plus d’un an (pour un poulain)', Plozévet, Goyat (2012:334)


mutations

Ce préfixe peut provoquer :

gourboan, gourgamm, Deshayes (2003:37)
  • une mutation spirante sur une initiale /k, p, t/
gourc’hemenn, gourfenn, gourzaoler, Deshayes (2003:37)
  • aucune mutation sur le /d/
gourdourañ, Deshayes (2003:37)

L'initiale T peut aussi subir une lénition (Helias 1986:15 donne d'ailleurs la lénition comme règle générale - il donne gourdad 'ancêtre').

Un même locuteur peut appliquer deux mutations différentes sur la même consonne initiale /t/: Chalm (2008:w-217) donne gourdadoù 'ancêtres' et gourzrec'h 'victoire'.


racine

Le préfixe gour- se trouve sur les racines nominales comme verbales.


(3) gourbleget eus penn traoñv d'egile
pfx1plié de tête bas à'autre
'plié en deux (d'un bout à l'autre)' Le Juch, Hor Yezh (1983:14)


productivité

Gros (1984:369) considère que ce préfixe remonte au vieux breton et n'est plus productif en breton trégorrois.


Sémantique

horizons comparatifs

Favereau (1997:§194) compare gour- au préfixe du français super-. On trouve aussi des traductions en sur-.


(1) Tost deom e hournije didrouz goelini skañv a-uz d'an dour. Léon, Seite & Stéphan (1957:123)
près de.nous R4 sur.volait sans1.bruit goelands léger au-dessus de1'le eau
'De légers goélands survolaient l'eau silencieusement.'


Diachronie

Selon Even (1978:35), le breton gour- descend du gaulois uer-. Selon Deshayes (2003:37), gour- est issu du vieux breton uuor- apparenté au gaulois ver-.

vieux gallois guor-, > gallois gor-
vieil irlandais for-
gaulois ver-


Deshayes (2003: 'gourenes') donne par exemple gourenés, 1716, 'presqu’île', identique au gallois gorynys.

Le vannetais Le Bayon (1878:15) donne gourhemen 'grand commandement', et gourdadieu 'grands parents, aïeux'.


A ne pas confondre

Selon Kervella (1947:§883), gour- est souvent confondu avec gou-, de sens contraire, qui lui n’est plus productif dans la langue. Ce morphème gou- a effectivement un allomorphe en gour- (gourzen 'avorton, petit homme' ; Trépos 2001:§121).

Il existe aussi un nom indépendant gour 'homme, personne'.