Fleuriot (1958) : Différence entre versions

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   [dans l'enclave romane de la presqu'île de Taulé-Carantec] "s’est fixée la limite traditionnelle du léonard et du Trégorrois. Sur un plan plus général, l’[[emprunt]] de nombreux mots romans a dû se faire directement dans de tels îlots plutôt qu’au bloc roman de Haute-Bretagne. Dans quelques cas le léonard qui est en règle générale plus conservateur dans son vocabulaire, comme dans sa phonétique, a emprunté des mots romans dont l’équivalent celtique subsistait plus à l’est et plus au sud-est. Citons ''[[labous]], lapous'' alors que ''[[evn]], eon'' 'oiseau' subsiste plus à l’est, — ''[[mintin]]'' alors que ''[[beure]]'' subsiste en Tréguier, — ''[[giz]]'', ''[[mod]]'', alors que ''[[boaz|boas]]'' subsiste en Cornouaille, — ''[[rivier]]'' remplaçant ''[[stêr|ster]]'' rejeté vers la Cornouaille et la région de Plouescat."
 
   [dans l'enclave romane de la presqu'île de Taulé-Carantec] "s’est fixée la limite traditionnelle du léonard et du Trégorrois. Sur un plan plus général, l’[[emprunt]] de nombreux mots romans a dû se faire directement dans de tels îlots plutôt qu’au bloc roman de Haute-Bretagne. Dans quelques cas le léonard qui est en règle générale plus conservateur dans son vocabulaire, comme dans sa phonétique, a emprunté des mots romans dont l’équivalent celtique subsistait plus à l’est et plus au sud-est. Citons ''[[labous]], lapous'' alors que ''[[evn]], eon'' 'oiseau' subsiste plus à l’est, — ''[[mintin]]'' alors que ''[[beure]]'' subsiste en Tréguier, — ''[[giz]]'', ''[[mod]]'', alors que ''[[boaz|boas]]'' subsiste en Cornouaille, — ''[[rivier]]'' remplaçant ''[[stêr|ster]]'' rejeté vers la Cornouaille et la région de Plouescat."
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  "le rôle local des îlots romans doit expliquer certains emprunts et certaines tendances, comme la fixation de la limite de la [[palatalisation]] de g repoussée très au nord-ouest de celle de k."
  
  

Version actuelle datée du 9 janvier 2021 à 19:18

  • Fleuriot, Léon. 1958. 'Recherches sur les enclaves romanes anciennes en territoire bretonnant', Études Celtiques 8:1, 164-178, texte.


 p. 169. "On peut se demander si dans certaines villes, les plus importantes, Morlaix, Quimper, Vannes surtout, le roman a jamais disparu."
 p. 172.
 "il ressort que le roman, bien loin d’être éteint à l’ouest de la limite extrême du breton, survivait aussi, au IXe siècle à l’ouest de sa limite actuelle : la côte du Morbihan autour de Vannes, dans un rayon de 15 à 20 kilomètres de cette ville, la plupart des presqu’îles côtières jusqu’à la rivière d’Etel étaient encore romanes en grande partie. D’autres îlots romans existaient peut-être autour de Quimper et de la Feuillée. Mais ces rares îlots romans de l’intérieur ne nous apparaissent pas aussi compacts, étendus et surtout aussi bien attestés que ceux de la côte, ce qui est surprenant à première vue. Sur la côte Nord existait semble-t-il vers la même époque, une enclave romane [sur la presqu'île de Taulé-Carantec] que nous allons étudier."
 p. 177.
 [dans l'enclave romane de la presqu'île de Taulé-Carantec] "s’est fixée la limite traditionnelle du léonard et du Trégorrois. Sur un plan plus général, l’emprunt de nombreux mots romans a dû se faire directement dans de tels îlots plutôt qu’au bloc roman de Haute-Bretagne. Dans quelques cas le léonard qui est en règle générale plus conservateur dans son vocabulaire, comme dans sa phonétique, a emprunté des mots romans dont l’équivalent celtique subsistait plus à l’est et plus au sud-est. Citons labous, lapous alors que evn, eon 'oiseau' subsiste plus à l’est, — mintin alors que beure subsiste en Tréguier, — giz, mod, alors que boas subsiste en Cornouaille, — rivier remplaçant ster rejeté vers la Cornouaille et la région de Plouescat."
 p. 178.
 "le rôle local des îlots romans doit expliquer certains emprunts et certaines tendances, comme la fixation de la limite de la palatalisation de g repoussée très au nord-ouest de celle de k."


Discussion

Aucun des emprunts romans proposés par l'auteur, labous, lapous, mintin, giz, mod, ou rivier, n'a une distribution dans les cartes de l'ALBB qui confirme son hypothèse.

  • Selon l'auteur, l'emprunt labous aurait essaimé en Léon alors que le nom evn "subsiste plus à l'Ouest". En fait, la carte 191 de l'ALBB montre que les formes labous, lapous sont relevées dans tous les points des dialectes de l'Ouest. L'hypothèse explique donc la présence de labous, lapous en Léon et son absence en vannetais, mais pas sa présence en Cornouaille ou son absence en Trégor.
  • L'emprunt mintin aurait essaimé en Léon alors que le nom beure "subsiste en Tréguier". La carte 30 de l'ALBB documente la variation dialectale pour la traduction de matin et montre que si le nom beure apparaît en Trégor et Goëlo, la forme mintin apparaît partout ailleurs jusqu'à Guérande.
  • L'ALBB ne donne pas la répartition de giz, mod ou boaz, mais la carte 519 documente la variation dialectale de la traduction de l'interrogatif comment?. La forme pegiz est réservée au cornouaillais de l'Est.
  • L'emprunt rivier aurait essaimé en Léon alors qu'il était "rejeté vers la Cornouaille et la région de Plouescat". En fait, dans la carte 279 de l'ALBB qui documente la variation de la traduction de rivière, On trouve l'emprunt roman rivier dans la partie Nord, mais aussi sur toutes les zones côtières et le long de la frontière linguistique. Le nom celtique stêr apparaît cantonné dans la zone centrale.