Explétif : Différence entre versions

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(pronom vide explétif)
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Version du 4 octobre 2016 à 09:48

Les éléments dits explétifs sont tous ceux qui sont entièrement ignorés dans le calcul sémantique de la phrase. Ils peuvent être de toute sorte de catégories. Certains, comme l'explétif vide, ne sont pas même prononcés. Seule la syntaxe les signale.


La négation explétive

La négation peut être entièrement invisible pour le calcul sémantique de la phrase, comme na en (1). Il s'agit d'une négation explétive. La traduction en français montre la même invisibilité sémantique du marqueur de la négation.


(1) N'oa ket droed da douch ken na vehe-heñv marv.
Ne avait pas droit de toucher jusqu.à que serait-lui mort
'Il n'avait pas le droit de toucher avant qu'il ne meure.' Le Scorff, Ar Borgn (2011:71)


En (2), aucun des deux morphèmes de la négation, ne et ket, ne sont calculés.


(2) Pegen glac'haret, evel ouzout, na oa ket mamm hennezh!
combien affligée, comme sais, ne était pas mère celui.ci
'Quelle n'était (pas) l'affliction de sa mère!' Trégorrois, Gros (1984:95)

Bezañ prétensé

En (3), la présence de bout, forme du verbe être à l'infinitif, n'est pas calculée sémantiquement.


(3) Tostennoù Kistinid ha glannoù ar Blaouezh ha bout am bo ar joa d'ho kwelet c'hoazh ur wezh?
buttes Kistinid et rives le Blavet Q être R.1SG aurai le joie de vous voir encore un fois
'Buttes de Kistinid et rives du Blavet, est-ce que j'aurai encore une fois la joie de vous voir?'
Vannetais, Herrieu (1994:215)

Pronoms

pronom météorologique

Le pronom météorologique est une sorte d'explétif en ce qu'il ne réfère pas à une entité en particulier (cf. 'il pleut').


(1) Skornet en deus.
gelé 3SG a
'Il a gelé.' Vannetais, Herrieu (1994:51)


  • Ma'z eus glao ganti, n'eo két yén tamm e-bét., Seite (1975:59)
'S'il pleut, il ne fait pas froid du tout.'


Ce pronom peut être un pronom fort indépendant et s'étend aux usages temporels.


(1) /šə-ma xi xẃex øyr /
voilà-est elle six heure
'Voilà qu'il est six heures.' Groix, Ternes (1970:227)


pronom vide explétif

Le pronom vide explétif existe, au moins dans certaines variétés, dans une version de pronom indéfini qui déclenche la forme ez eus du verbe. C'est le cas pour l'explétif de la tournure existentielle en (3), ou pour le pronom sujet explétif des tournures des passifs impersonnels.


(3) N’eus buhez ebet er paludoù-holen.
ne est vie aucun dans.le marais-sel
'Il n'y a pas de vie dans les marais salants.' Standard, Bremañ (223:14), ‘Ar paludou-holen’


(4) Diskouezet ez eus bet gant x [CP e vez muioc'h...
montré R est été par x R est plus
'Il a été montré par X qu'il y avait plus de...' Léon, Fave (1998:142)


Les traits syntaxiques de l'explétif vide en breton sont 3SG. Les verbes qui ne peuvent prendre que lui comme sujet sont donc bloqués à ces traits. C'est le cas de faotañ, 'falloir, vouloir', qui n'est licite qu'à l'infinitif ou conjugué à la personne 3.


(5) pətra fota dox  ?
quoi faut.3SG à.vous
'Qu'est-ce que vous voulez?' Groix, Ternes (1970:301)


Les pronoms explétifs ne peuvent pas recevoir de rôle thématique. On les trouve donc comme sujets des verbes à montée, et comme sujets des passifs.


diachronie: un explétif masculin réalisé

Hemon (1975:§70,a) relève des exemples d'un explétif pronominal masculin utilisé en moyen breton. Cette forme a disparu en breton moderne.


(1) ef so pell amser.
il est long temps
'C'était il y a longtemps.' J.:55 (XVI°), cité dans Hemon (1975:§70,a)


(2) enff a voe lauaret.
il R fut dit
'Il fut dit.' Nl.:n.238, cité dans Hemon (1975:§70,a)


(3) èn so estrainch hor be ny quen nebeut a bligeadur.
il est étrange 1PL avons nous tant peu de plaisir
'Il est étrange que nous devions avoir si peu de plaisir.' RS.:374, cité dans Hemon (1975:§70,a)

à ne pas confondre

Les impersonnels an den et le sujet pronominal des verbes conjugués en -er ne sont pas des explétifs puisqu'ils réfèrent à une personne ou un ensemble de personnes. Les impersonnels entrent clairement dans le calcul sémantique de la phrase.

Structure informationnelle

Selon que l'on considère ou non que la structure informationnelle de la phrase entre dans le calcul sémantique, on aura plus ou moins d'éléments explétifs dans la langue. Un bon exemple en est le pronom vocatif, qui n'est calculé que dans la structure informationnelle de la phrase.

Terminologie

Denez (1983) traite des explétifs sous le titre (trompeur) d'impersonnels (dibersonel).

Bibliographie