Dujardin (1949) : Différence entre versions

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Les sources sont contradictoires quant à l'âge auquel Le Gonidec a acquis ou appris le breton.
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Après la cérémonie des funérailles de Le Gonidec, Brizeux a écrit une notice qui le situe linguistiquement comme natif d'un dialecte du Léon:
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  "compatriote de M. Le Gonidec, vous savez quels furent les premiers temps de sa vie. Né au Conquet, en Léon, d'une ancienne famille, et jeune homme de dis-sept ans, conduit à l'échafaud, un miracle le sauva [cet épisode est historiquement douteux]. La suite de ces évènements entraina par leurs combinaisons sa vocation scientifique.
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  Forcé de se cacher et de vivre sous l'habit des paysans, il se mit à apprendre parmis eux d'une manière raisonnée la langue celto-bretonne '''qu'il avait parlée sans étude dans son enfance'''."
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Cependant, Le Gonidec, interrogé par courrier par M. Laouénan sur son autobiographie, écrivait de lui-même "qu'il '''ne connaissait pas un mot de breton à l'âge de 25 ans''', lorsqu'un jour, poursuivi par des gendarmes qui l'interrogeaient en breton, il ne put leur répondre, ce qui le décida à l'apprendre."
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Cerner les intentions politiques de Le Gonidec est parfois malaisé, et il a aussi largement romancé sa vie. Au détour de lettres et de paroles publiques, un portrait émerge cependant.  
 
Cerner les intentions politiques de Le Gonidec est parfois malaisé, et il a aussi largement romancé sa vie. Au détour de lettres et de paroles publiques, un portrait émerge cependant.  
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Le toast est rédigé en français. Il s'adresse à des hommes bretons à Paris, et appelle à "conserver notre langue à nous". S'il est vain de chercher à quelles montagnes Le Gonidec se réfère, cette phrase implique sans équivoque que la "capitale" dénote pour lui "Paris", et que l'étude des "sciences et lettres" sert à "célébrer" des "moeurs" par ailleurs qualifiées de "patriarcales". Le père de Le Gonidec l'avait par ailleurs abandonné enfant, à la mort de sa mère. Il fut élevé en Léon par des nobles en indélicatesse avec les révolutionnaires.
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Le toast est rédigé en français. Il s'adresse à des hommes bretons à Paris, et appelle à "conserver notre langue à nous". S'il est vain de chercher à quelles montagnes Le Gonidec se réfère, cette phrase implique sans équivoque que la "capitale" dénote pour lui "Paris", et que l'étude des "sciences et lettres" sert à "célébrer" des "moeurs" par ailleurs qualifiées de "patriarcales".  
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Lesdites "moeurs patriarcales" réfèrent peu probablement au comportement de son propre père qui l'avait abandonné enfant, à la mort de sa mère à l'âge de 17 mois. Il fut élevé en Léon par des nobles en indélicatesse avec les révolutionnaires.
  
 
=== lecture critique ===
 
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Version du 28 janvier 2021 à 17:22

  • Dujardin, Louis. 1949. La vie et les oeuvres de Jean-François-Marie-Maurice-Agathe Le Gonidec, grammairien et lexicographe breton (1775-1838), Brest.


Extraits et discussion

natif ou non ?

Les sources sont contradictoires quant à l'âge auquel Le Gonidec a acquis ou appris le breton.

Après la cérémonie des funérailles de Le Gonidec, Brizeux a écrit une notice qui le situe linguistiquement comme natif d'un dialecte du Léon:

 p.132:
 "compatriote de M. Le Gonidec, vous savez quels furent les premiers temps de sa vie. Né au Conquet, en Léon, d'une ancienne famille, et jeune homme de dis-sept ans, conduit à l'échafaud, un miracle le sauva [cet épisode est historiquement douteux]. La suite de ces évènements entraina par leurs combinaisons sa vocation scientifique. 
 Forcé de se cacher et de vivre sous l'habit des paysans, il se mit à apprendre parmis eux d'une manière raisonnée la langue celto-bretonne qu'il avait parlée sans étude dans son enfance."

Cependant, Le Gonidec, interrogé par courrier par M. Laouénan sur son autobiographie, écrivait de lui-même "qu'il ne connaissait pas un mot de breton à l'âge de 25 ans, lorsqu'un jour, poursuivi par des gendarmes qui l'interrogeaient en breton, il ne put leur répondre, ce qui le décida à l'apprendre."


orientation politique

Cerner les intentions politiques de Le Gonidec est parfois malaisé, et il a aussi largement romancé sa vie. Au détour de lettres et de paroles publiques, un portrait émerge cependant.

 p. 113. extrait d'un toast rédigé par Le Gonidec en 1837 pour le banquet breton à Paris:
 "une jeunesse studieuse, sortie de nos montagnes pour venir se retremper à la source des sciences et des lettres, consacre ses loisirs, au milieu des distractions de la capitale, à célébrer soit en prose, soit en vers, les moeurs patriarcales de nos ancêtres; ils auront des imitateurs, n'en doutez pas! 
 Ce peu de mots doit suffire, Messieurs et chers compatriotes, pour nous attacher de plus en plus à l'étude plus approfondie de notre langue, et nous engager à faire tous nos efforts pour déjouer les mauvaises intentions de tous ceux qui ne demanderaient pas mieux que de la voir anéantir pour toujours. Pour nous, soyons fiers de conserver notre langue à nous, si nous voulons qu'on se souvienne que nous avons été longtemps un peuple indépendant, un peuple éminemment patriote, un peuple qui n'a pas été sans gloire, un peuple qui a toujours pour devise: Kent mervel eged en em zaotra: Potius mori quam foedari. Vivent à jamais les Bretons." 


Le toast est rédigé en français. Il s'adresse à des hommes bretons à Paris, et appelle à "conserver notre langue à nous". S'il est vain de chercher à quelles montagnes Le Gonidec se réfère, cette phrase implique sans équivoque que la "capitale" dénote pour lui "Paris", et que l'étude des "sciences et lettres" sert à "célébrer" des "moeurs" par ailleurs qualifiées de "patriarcales". Lesdites "moeurs patriarcales" réfèrent peu probablement au comportement de son propre père qui l'avait abandonné enfant, à la mort de sa mère à l'âge de 17 mois. Il fut élevé en Léon par des nobles en indélicatesse avec les révolutionnaires.

lecture critique

  • Falc'hun F. 1950. 'Docteur Louis Dujardin. La vie et les oeuvres de Le Gonidec, grammairien et lexicographe breton, 1775-1838, avec une préface de Pierre Le Roux', Annales de Bretagne 57:2, 278-279. texte.