Dislocation à droite : Différence entre versions

De Arbres
Aller à : navigation, rechercher
Ligne 1 : Ligne 1 :
La '''[[dislocation]] à droite''' désigne les structures où un [[constituant]] en [[périphérie]] droite de la phrase [[co-réfère]] avec un élément [[résomptif]] dans le corps de la phrase.
+
La '''[[dislocation]] à droite''' désigne les structures où un [[constituant]] en [[périphérie]] droite de la phrase [[co-réfère]] avec un élément [[résomptif]] dans le corps de la phrase. Cette structure, en français comme en breton, est sur-représentée dans la langue dirigée vers les enfants.
 
 
Un [[pronom résomptif]] est toujours présent dans ces structures. Comme cette expression [[anaphorique]] précède linéairement l'expression avec laquelle elle [[co-réfère]], la dislocation à droite crée un effet de retardement de calcul de la [[référence]].
 
  
  
Ligne 13 : Ligne 11 :
  
  
La dislocation à droite a un impact sur la [[structure informationnelle]] de la phrase.
+
[[Gros (1984)|Gros (1984]]:134-136) fournit des exemples de dislocation à droite en trégorrois.
 +
 
 +
 
 +
== Morphologie ==
 +
 
 
Ces structures sont associées à une [[prosodie]] particulière. A l'écrit, une pause prosodique est souvent marquée par une virgule.
 
Ces structures sont associées à une [[prosodie]] particulière. A l'écrit, une pause prosodique est souvent marquée par une virgule.
  
  
== Description pré-théorique ==
+
== Syntaxe ==
 
 
  [[Gros (1984)|Gros (1984]]:134):
 
  "Ici, le pronom sert en somme de "fourrier" ou de "commandement préparatoire", réveille l'interlocuteur qu'il tient un instant en suspens, afin que celui-ci prête toute son attention à l'explication qui doit suivre.
 
 
 
  On peut dire tout simplement:
 
  ''ar falhad-ze a zo ur gwall-vicher'',
 
  'Ce fauchage-là est un dur métier'
 
 
 
  Mais cette phrase, très normale, est dépourvue de relief et un fermier dira de préférence, d'une façon plus expressive:
 
  ''Hennez a zo ur gwall-vicher, ar falhad-ze!'"
 
  
 +
=== résomptif ===
  
[[Gros (1984)|Gros (1984]]:134-136) fournit des exemples de dislocation à droite.
+
Un [[pronom résomptif]] est toujours présent dans ces structures.  
  
== Syntaxe ==
+
=== dislocations non-nominales ===
  
 
Les syntagmes nominaux ne sont pas les seuls à pouvoir être disloqués à droite. On trouve aussi des syntagmes prépositionnels ou verbaux.
 
Les syntagmes nominaux ne sont pas les seuls à pouvoir être disloqués à droite. On trouve aussi des syntagmes prépositionnels ou verbaux.
Ligne 72 : Ligne 65 :
  
 
Ces propriétés montrent qu'il ne s'agit pas d'une opération de [[mouvement A-barre]].
 
Ces propriétés montrent qu'il ne s'agit pas d'une opération de [[mouvement A-barre]].
 +
 +
 +
== Structure informationnelle et stylistique ==
 +
 +
La dislocation à droite a un impact sur la [[structure informationnelle]] de la phrase. Comme cette expression [[anaphorique]] précède linéairement l'expression avec laquelle elle [[co-réfère]], la dislocation à droite crée un effet de retardement de calcul de la [[référence]]. 
 +
 +
 +
  [[Gros (1984)|Gros (1984]]:134):
 +
  "Ici, le pronom sert en somme de "fourrier" ou de "commandement préparatoire", réveille l'interlocuteur qu'il tient un instant en suspens, afin que celui-ci prête toute son attention à l'explication qui doit suivre.
 +
 
 +
  On peut dire tout simplement:
 +
  ''ar falhad-ze a zo ur gwall-vicher'',
 +
  'Ce fauchage-là est un dur métier'
 +
 
 +
  Mais cette phrase, très normale, est dépourvue de relief et un fermier dira de préférence, d'une façon plus expressive:
 +
  ''Hennez a zo ur gwall-vicher, ar falhad-ze!'"
 +
  
 
== Diachronie ==
 
== Diachronie ==
Ligne 85 : Ligne 95 :
 
| ||colspan="4" | 'J'ai une amourette gentille, sous les feuilles, moi.' |||||| ''Breton 1350'', glose d'Ivonet Omnès
 
| ||colspan="4" | 'J'ai une amourette gentille, sous les feuilles, moi.' |||||| ''Breton 1350'', glose d'Ivonet Omnès
 
|}
 
|}
 +
  
 
== Terminologie ==
 
== Terminologie ==
Ligne 90 : Ligne 101 :
 
En anglais le terme est ''right dislocation''.
 
En anglais le terme est ''right dislocation''.
  
[[Gros (1984)|Gros (1984]]:134) rassemble ces structures sous le terme de: ''anticipation''.
+
[[Gros (1984)|Gros (1984]]:134) rassemble ces structures sous le terme de ''anticipation''.
  
  
 
[[Category:fiches|Categories]]
 
[[Category:fiches|Categories]]

Version du 24 mars 2019 à 21:40

La dislocation à droite désigne les structures où un constituant en périphérie droite de la phrase co-réfère avec un élément résomptif dans le corps de la phrase. Cette structure, en français comme en breton, est sur-représentée dans la langue dirigée vers les enfants.


(1) Hennez a zo pounner all, ar helorn-ze!
celui.là R est lourd autre le seau-
'Il est rudement lourd, ce seau-là!' Trégorrois, (Gros 1984:135)


Gros (1984:134-136) fournit des exemples de dislocation à droite en trégorrois.


Morphologie

Ces structures sont associées à une prosodie particulière. A l'écrit, une pause prosodique est souvent marquée par une virgule.


Syntaxe

résomptif

Un pronom résomptif est toujours présent dans ces structures.

dislocations non-nominales

Les syntagmes nominaux ne sont pas les seuls à pouvoir être disloqués à droite. On trouve aussi des syntagmes prépositionnels ou verbaux.


(2) Gand se am eus diêzamant, gant ar barriou am-bez.
avec ça R.1SG a souffrance avec le crises R.1SG a
'Avec cela j'ai du désagrément ( de la souffrance) avec les crises que j'ai.'
Trégorrois, (Gros 1984:135)


(3) Abalamour pa veze mareoù, aze n'oa ket aes a-wechoù, dac'h ar roud-avel a veze, pakat an enez.
car quand1 était marées ne1'était pas facile des.fois selon le trace-vent R1 était atteindre le île
'Car quand le courant était fort, selon la direction du vent, ce n'était pas toujours facile d'atteindre l'île.'
Léon (Plougerneau), Elégoët (1982:9)


L'anaphore co-référente n'est pas forcément un pronom.


(4) An n'onn petra-mañ a zo eet e yod, an tamm kaol-mañ.
le Ne sais quoi-ci R est allé en bouillie le morceau chou-ci
'Ce machin-ci s'est mis en bouillie, ce morceau de chou-ci.' Trégorrois, (Gros 1984:136)


Ces propriétés montrent qu'il ne s'agit pas d'une opération de mouvement A-barre.


Structure informationnelle et stylistique

La dislocation à droite a un impact sur la structure informationnelle de la phrase. Comme cette expression anaphorique précède linéairement l'expression avec laquelle elle co-réfère, la dislocation à droite crée un effet de retardement de calcul de la référence.


 Gros (1984:134):
 "Ici, le pronom sert en somme de "fourrier" ou de "commandement préparatoire", réveille l'interlocuteur qu'il tient un instant en suspens, afin que celui-ci prête toute son attention à l'explication qui doit suivre. 
 
 On peut dire tout simplement: 
 ar falhad-ze a zo ur gwall-vicher, 
 'Ce fauchage-là est un dur métier'
 
 Mais cette phrase, très normale, est dépourvue de relief et un fermier dira de préférence, d'une façon plus expressive: 
 Hennez a zo ur gwall-vicher, ar falhad-ze!'"


Diachronie

Le phénomène est relevé dès le moyen breton.


(5) Me am eus vn amoric iolivic indan an del me.
moi R.1SG a un amour.DIM joli.DIM sous le feuilles moi
'J'ai une amourette gentille, sous les feuilles, moi.' Breton 1350, glose d'Ivonet Omnès


Terminologie

En anglais le terme est right dislocation.

Gros (1984:134) rassemble ces structures sous le terme de anticipation.