Davalan (1999)

De Arbres
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Davalan, N. 1999. 'Interférences linguistiques chez des enfants scolarisés en breton', Francis Favereau (éd.), Le Bilinguisme précoce en Bretagne, en pays celtiques et en Europe atlantique, Actes du Colloque international de Plésidy (Côtes-d’Armor) octobre 1997, Klask 5, Presses universitaires de Rennes, 97-118.


se trouve sous le titre ‘Le verbe chez les bilingues bretonnants’ sur le site des PUR.
corpus libre de 2000 phrases produites par "une soixantaine" d'enfants, choisis avec des instituteurs qui "maîtrisaient bien le breton et ses nuances", "néo-breton ou plus local". L'auteur compare les usages des formes du verbe 'être' des enfants élevés en breton à la maison par au moins l'un des parents et les autres, en contact avec le breton à l'école principalement.
p.99., estime le nombre d'enfants élévés en breton à la maison à 10%.


résultats

  • p.102, Les enfants de 3 à 5 ans sans breton à la maison sur-utilisent se zo...Adj. par rapport à eo, maîtrisé par les autres. La différence s'estompe vers 6 ans.
  • p. 103, on devine que la scolarisation a un effet déstructurant pour la structure informationnelle des locuteurs natifs.
  • p. 105-106. L'auteur note un usage de neus pour 'il y a ...', par analogie au français mais aussi à la forme négative (neusket).


lecture critique

L'auteur étudie une structure dite "à deux sujets", qui sont en fait des structures à prédicatives équatives qui mettent en relation deux groupes nominaux (Medisin eo Julie). Il existe en breton une structure dite traditionnellement "à deux sujets", la construction du faux sujet (Julie a zo bihan he c'hoar 'La soeur de Julie est petite'). En dehors de la terminologie maladroite, cette partie de l'étude est mal menée car l'auteur relève des "fautes" chez les enfants alors qu'il dit lui-même p.101 que des variations existent dans les parlers traditionnels, or nous ne savons pas quelle(s) variété(s) parlent les adultes autour des enfants enregistrés. De façon générale, l'étude souffre de ne pas pouvoir mesurer la variation syntaxique des parlers traditionnels tout en relevant les productions des enfants selon une déviance à ces parlers. La variation dialectale dans l'usage des différentes formes du verbe 'être' est en effet conséquente.

Méthodologiquement, les exemples donnés auraient pu être analysés par d'autres si une source caractérisée (dialecte, âge, etc.) y avait été associée. L'étude hésite entre une approche qualitative (attestation d'une forme donnée) et quantitative (fréquence d'utilisation), mais ne fournit pas de pourcentages précis (adverbes de types souvent, rarement, etc.).