Déictiques et cadre énonciatif

De Arbres

Les éléments déictiques sont calculés à partir du cadre d'énonciation.

Ils s'opposent donc aux éléments anaphoriques qui sont, eux, éclairés par le co-texte.


Le cadre d'énonciation comprend quatre paramètres: le locuteur, l'interlocuteur, le temps et l'espace de l'énonciation.


Les éléments déictiques sont donc:

warlene, 'l'année passée'; bremañ, 'maintenant'; hiziv, 'aujourd'hui'; fenozh, 'ce soir'; warc'hoazh, 'demain'...
amañ, 'là'; aze, 'ici'; ahont, 'là-bas'


Les noms des jours de la semaine peuvent montrer un préfixe déictique. Ce préfixe di- est calculé en proximité avec le temps d'énonciation. En (1), dimeurzh peut dénoter le jour qui est le mardi juste avant ou juste après le temps d'énonciation. Le temps verbal restreint ensuite son calcul à mardi dernier (pour le locuteur au moment de l'énonciation).


(1) Dimeurzh e oan o soñjal bezañ deut.
mardi R étaits à penser être venu
'Mardi je pensais être venu (je pensais venir).' Trégorrois, Gros (1984:317)


Stylistique

usage déictique d'expression référentielles

Les noms propres ou les groupes nominaux lexicaux comme ar plac'h, ar paotr ne sont pas canoniquement déictiques: ce sont des expressions référentielles; elles réfèrent donc de façon indépendante. Cependant, certaines tournures stylistiques les rendent déictiques en forçant une lecture 1SG.


(1) Ha fatiket ar plah!
et évanoui le fille
'Et voilà la fille (et me voilà) évanouie!' Trégorrois, Gros (1984:161)


En (2), il est remarquable qu'en (2), la locutrice n'a pas à s'appeler réellement Jenovefa. Il ne peut cependant s'agir d'un garçon.


(2) Ha Jenovefa da harmad evel eun inosantez!
et Geneviève de pleurer comme un sotte
'Et Geneviève (moi) de pleurer comme une sotte!' Trégorrois, Gros (1984:161)


(2) Ha Fañch war e benn er mor!
et François sur son tête dans.le mer
'Et voilà François (et me voilà) précipité dans la mer!' Trégorrois, Gros (1984:160)
 Gros (1984:160):
 "Le trégorrois parlé, toujours facétieux, aime à remplacer Je ou Moi par un prénom 
 qui évoquait autrefois une personne simplette et cela, pour se moquer de sa propre sottise 
 ou de quelque mésaventure personnelle.