Différences entre les versions de « Complémenteur vide »

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Un complémenteur vide est un [[complémenteur]] qui n'est pas prononcé. Il est présent syntaxiquement dans la structure, et est interprété sémantiquement, mais il n'a pas de matrice phonologique.
Un '''complémenteur vide''' est un [[complémenteur]] qui n'est pas prononcé. Il est présent syntaxiquement dans la structure et est interprété sémantiquement, mais il n'a pas de matrice phonologique.


Le breton a au moins un complémenteur vide. En (1), l'équivalent standard aurait requis la réalisation du complémenteur ''[[ma]]''<sup>[[4]]</sup> (''gant ar skuizh ma'z on''). La structure syntaxique est plausiblement la même, mais la version trégorroise utilise à la place un complémenteur phonologiquement vide.
Le breton a au moins un complémenteur vide de type 'que' en français.  
 
Dans la donnée trégorroise en (1), l'équivalent [[standard]] aurait requis la réalisation du complémenteur ''[[ma]]''<sup>[[4]]</sup> (''gant ar skuizh ma'z on''). La structure syntaxique est plausiblement la même, mais la version trégorroise utilise à la place un complémenteur phonologiquement vide.




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|(1)|| Me || zo || evel || ur bouc'h || bazhataet || gant || ar skuizh || __ || on.  
|(1)|| Me || zo || evel || ur bouc'h || bazhataet || gant || ar skuizh || __ || on.  
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||| [[pfi|moi]] || [[zo|est]] || [[evel|comme]] || [[art|un]] [[bouc'h|bouc]] || [[bazh|bâton]].|| [[gant|avec]] || [[art|le]] [[skuizh|fatigué]] || que || [[COP|suis]]
||| [[pfi|moi]] || [[zo|est]] || [[evel|comme]] || [[art|un]] [[bouc'h|bouc]] || [[bazh|bâtonn]].[[-ad|ad]].[[-a|é]] || [[gant|avec]] || [[art|le]] [[skuizh|fatigué]] || que || [[COP|suis]]
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|||colspan="15" | 'Je suis comme un bouc battu tellement je suis fatiguée.'
|||colspan="15" | 'Je suis comme un bouc battu tellement je suis fatiguée.'
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|||||||||colspan="15" | ''Trégorrois (Perros-Guirrec)'', [[Konan (2017)|Konan (2017]]:'bazhata')  
|||||||||colspan="15" | ''Trégorrois (Perros-Guirrec)'', [[Konan (2017)|Konan (2017]]:'bazhata')  
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En (2), le complémenteur vide des complétives est parfois confondu dans les analyses avec le [[rannig]] ''e'' qui le suit.
{| class="prettytable"
|(2)|| Goût || ' || ra || mat-tre || _ || e || kas || hent || Paiaoù || betek || kêriadenn || Sant-Alar.
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||| [[gouzout|savoir]] || [[R]]<sup>[[1]]</sup> || [[ober|fait]] || [[mat|bien]]-[[tre|tout-à-fait]] || que || [[R]]<sup>[[4]]</sup> || [[kas|envoie]] || [[hent|route]] || [[nom propre|Paiaoù]] || [[betek|jusqu'à]] || [[kêriadenn|village]] || [[nom propre|Saint-Eloy]]
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|||colspan="15" | 'Elle sait parfaitement que la route de Paiaoù mène au village de Saint-Eloy.'
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|||||||||||colspan="15" | ''Scaër/bannalec'', [[Gaudart (2022)|Gaudart (2022]]:8)
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Version du 6 juillet 2022 à 11:35

Un complémenteur vide est un complémenteur qui n'est pas prononcé. Il est présent syntaxiquement dans la structure et est interprété sémantiquement, mais il n'a pas de matrice phonologique.

Le breton a au moins un complémenteur vide de type 'que' en français.

Dans la donnée trégorroise en (1), l'équivalent standard aurait requis la réalisation du complémenteur ma4 (gant ar skuizh ma'z on). La structure syntaxique est plausiblement la même, mais la version trégorroise utilise à la place un complémenteur phonologiquement vide.


(1) Me zo evel ur bouc'h bazhataet gant ar skuizh __ on.
moi est comme un bouc bâtonn.ad.é avec le fatigué que suis
'Je suis comme un bouc battu tellement je suis fatiguée.'
Trégorrois (Perros-Guirrec), Konan (2017:'bazhata')


En (2), le complémenteur vide des complétives est parfois confondu dans les analyses avec le rannig e qui le suit.


(2) Goût ' ra mat-tre _ e kas hent Paiaoù betek kêriadenn Sant-Alar.
savoir R1 fait bien-tout-à-fait que R4 envoie route Paiaoù jusqu'à village Saint-Eloy
'Elle sait parfaitement que la route de Paiaoù mène au village de Saint-Eloy.'
Scaër/bannalec, Gaudart (2022:8)


Morphologie

accentuation

L'absence de réalisation morphémique n'implique pas que le complémenteur n'a pas de morphologie. On peut déceler son influence dans la réalisation du message en prenant en compte l'accentuation.

Selon Kervella (1947:§807) et Seite (1975:95), l'accentuation ("ou le contexte") désambiguïse la structure entre matrice ou relative enchâssée. Une fois prise en compte l'accentuation, le message n'est donc pas de structure ambiguë. Dans l'hypothèse raisonnable où le rannig a toujours la même fonction, la différence syntaxique liée à l'accentuation est la présence d'un complémenteur vide. Ce complémenteur n'est pas réalisé comme un morphème segmental, mais sa présence influe sur la distribution de l'accent.


(2) An DEN a zo amañ.
le homme R1 est ici
'L'homme est ici.'
... et non pas * 'L'homme qui est ici.'
Standard, Kervella (1947:§807)


(3) an dén a LAbour.
le homme C R travaille
'L'homme qui travaille.'
... et non pas * 'L'homme travaille.'
Léon, Seite (1975:95)


(4) Al LAbous a nij vs. Al labous a NIJ.
le oiseau R vole le oiseau C R vole
'L'oiseau vole.', vs. 'L'oiseau qui vole.'
Léon, Seite (1975:95)