Différences entre les versions de « Ad-, as-, az- »

De Arbres
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== Morphologie ==
== Morphologie ==


[[Kervella (1947)|Kervella 1947]]:§874) traite ''ad-'', ''as-'' et ''az-'' comme les formes d'un même morphèmes. Selon [[Deshayes (2003)| Deshayes (2003]]:36), le préfixe ''az-'' est le préfixe ''ad-'' qui a subi une [[lénition]].
[[Kervella (1947)|Kervella (1947]]:§874) traite ''ad-'', ''as-'' et ''az-'' comme les formes d'un même morphèmes. Selon [[Deshayes (2003)| Deshayes (2003]]:36), le préfixe ''az-'' est le préfixe ''ad-'' qui a subi une [[lénition]].


D'autres auteurs les classent comme distincts. [[Merser (2009)|Merser (2009]]:482) note seulement que les préfixes ''ad-'' et ''az-, as-'' sont synonymes.
D'autres auteurs classent ''ad-'' et ''az-/as-'' comme distincts. [[Merser (2009)|Merser (2009]]:482) note seulement que les préfixes ''ad-'' et ''az-, as-'' sont synonymes.




Certains mots existent avec deux formes concurrentes du préfixe.
Certains mots existent avec deux formes concurrentes du préfixe sans que leur sens soit impacté.
 


(3) 'redemander, demander de nouveau': '''''az'''goulenn'' ([[Kervella (1947)|Kervella 1947]]:§874) et '''''adh'''oulenn'' ([[Merser (2009)|Merser 2009]]:482)  
(3) 'redemander, demander de nouveau': '''''az'''goulenn'' ([[Kervella (1947)|Kervella 1947]]:§874) et '''''adh'''oulenn'' ([[Merser (2009)|Merser 2009]]:482)  
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La forme en ''as''/''az'' est la moins productive. Selon [[Deshayes (2003)| Deshayes (2003]]:36), elle ne l'était même quasiment plus avant d'être revivifiée dans des néologismes.
La forme en ''as''/''az'' est moins productive que ''ad-''. Selon [[Deshayes (2003)| Deshayes (2003]]:36), la forme en ''as''/''az'' n'était même quasiment plus productive avant d'être revivifiée dans des néologismes.


   [[Deshayes (2003)| Deshayes (2003]]:36) :
   [[Deshayes (2003)| Deshayes (2003]]:36) :
   « D’un emploi fort rare, il a été repris par Emile Ernault, puis par François Vallée  
   « D’un emploi fort rare, il a été repris par Emile Ernault, puis par François Vallée  
   pour créer de nouveaux mots. Ce préfixe se renforce en ''as-'' devant les consonnes
   pour créer de nouveaux mots. Ce préfixe se renforce en ''as-'' devant les consonnes
   <font color=green>/f, k, p, s, t/</font color=green>, d’où la variante ''as-'' en [orthographe]  
   <font color=green>/f, k, p, s, t/</font color=green>, d’où la variante ''as-'' en [orthographe] peurunvan et en interdialectal.
  peurunvan et en interdialectal.





Version du 8 avril 2014 à 13:53

Le préfixe ad-, as- ou az- marque la répétition (unique) d'une action ou d'une entité. Ce morphème est productif.


(2) Pa adtaol eun den da gousket e chom diwezad.
quand re.jette un homme à1 dormir R reste tard
'Quand on recommence à dormir (après être resté longtemps réveillé),
on reste tard au lit.' Gros (1970b:§'adteurel')


(2) kouez, 'chute' > adkouez, 'rechute', Trépos (2001:§121)

devezh, 'journée' > addevezh, 'jour supplémentaire', Favereau (1997:§193)
gwech, 'fois' > adwech, 'coup à refaire aux boules', Favereau (1997:§193)


Morphologie

Kervella (1947:§874) traite ad-, as- et az- comme les formes d'un même morphèmes. Selon Deshayes (2003:36), le préfixe az- est le préfixe ad- qui a subi une lénition.

D'autres auteurs classent ad- et az-/as- comme distincts. Merser (2009:482) note seulement que les préfixes ad- et az-, as- sont synonymes.


Certains mots existent avec deux formes concurrentes du préfixe sans que leur sens soit impacté.


(3) 'redemander, demander de nouveau': azgoulenn (Kervella 1947:§874) et adhoulenn (Merser 2009:482)

'repas après souper, réveillon': azkoan (Kervella 1947:§874) et adkoan (Merser 2009)
'œuf factice': azdov / addov (Kervella 1947:§874)


La forme en as/az est moins productive que ad-. Selon Deshayes (2003:36), la forme en as/az n'était même quasiment plus productive avant d'être revivifiée dans des néologismes.

  Deshayes (2003:36) :
 « D’un emploi fort rare, il a été repris par Emile Ernault, puis par François Vallée 
 pour créer de nouveaux mots. Ce préfixe se renforce en as- devant les consonnes
 /f, k, p, s, t/, d’où la variante as- en [orthographe] peurunvan et en interdialectal.


sandhi

Le préfixe ad- peut subir un sandhi devant une consonne non-voisée:


(4) ['ato] ['atonnt]
addov addont
'œuf factice' 'revenir' Kervella (1947:§874)


(5) ober > adober; deski > atteski; kemer > atkemer
'faire' 'refaire' ; 'apprendre' 'réapprendre' ; 'prendre' 'reprendre' Merser (2009)


mutations

Le préfixe ad- provoque une lénition sur les initiales /g, gw, b, m/ (Kervella 1947:§874, Chalm 2008:w-217, Merser 2009:482).


(2) goulenn, 'demander' > adc’houlenn, 'redemander'

gwelet, 'voir' > adwelet, 'revoir'
bevañ, 'vivre' > advevañ, 'revivre'
merenn, 'repas de midi' > adverenn, 'collation'


as- provoque les mutations par adoucissement devant /gw, b, m/ (Kervella 1947:§874).


Chalm (2008:w-217) considère que ni as- ni az- ne provoquent de mutation.

productivité et variation dialectale

Gros (1984:369) considère le suffixe ad- est productif en breton trégorrois.

Syntaxe

Le préfixe ad- apparaît avec des racines verbales (adober) comme nominales (adkoan).

Kervella (1947:§882) donne les verbes adlivañ, adkregiñ, adsevel, astinvañ, astommañ, et les noms adti, advab, adyezh, azginivelezh


Ce préfixe apparaît dans les noms géographiques tels que Adkaokaz, Adliban, Adatlas (Kervella 1947:§874).


Horizons comparatifs

Selon Even (1978:35), le breton ad- descend du gaulois ate-, qui correspond au vieux breton at- et à l'irlandais aith-. Le sens aurait d'abord été celui d'intensification, puis celui de répétition.


  Deshayes (2003:36) :
 «ad- indique la répétition et présente la même valeur que le français re-. 
 D’un emploi peu fréquent jusqu’au début du XX°, il a servi à créer un certain
 nombre de verbes. Ce préfixe, qui correspond au gallois ad-, procède du vieux 
 breton at-, attesté dans quelques mots avec l’idée de renouvellement ou de retour.
 Il répond également au vieil irlandais aith- et au gaulois ate-, ati-

Sémantique

Avec les prédicats, le préfixe dénote la répétition du procès ou de l’état.

(1) ‘M-eus aon out mezo ! – Ya, advezo !
je.crois es saoûl -oui sfx1saoûl
'Je crois que tu es saoûl ! Oui, re-saoûl ! (ce n’est pas la première fois).' Trégorrois, Gros (1984:371)

Avec les noms, le préfixe force le doublement du référent. Il dénote alors la seconde entité obtenue. Gros (1984:370-1) donne:

an adhoro : 'la seconde traite, lait qui vient après ar vegenn'
an adfoenn : 'la seconde coupe de foin'
addijuni : 'second déjeuner'
adkoan : 'second souper'
e adgroñj : 'son double-menton'


as-/az- vs ad-

Kervella (1947:§874) note que la langue moderne tend à assigner aux formes az- et as- des nuances plus fortes qu'à sa variante ad-.

  • pediñ, 'prier' > aspediñ, 'prier fort et souvent'

Ceci peut être dû au fait que c'est la forme préférée dans les coordinations:

  • pediñ hag aspediñ,
moulañ hag asvoulañ,
lennet hag aslennet, Kervella (1947:§874)