-ach, -aj

De Arbres
Aller à : navigation, rechercher

Le suffixe -ach, ou -aj, est un morphème nominalisant. C'est un emprunt d'origine romane.


Kervella (1947:§840) donne sklavach, bugaleach, skolach, luc'hach, koadach, moc'hach, evach, livach, liñvach, mogach.

Trépos (2001:75) donne meskaj, 'mélange'; evaj, 'boisson'.


Morphologie

genre

Les noms dérivés en -ach, -aj sont masculins (Kervella 1947:§840) .

nombre

Les noms dérivés en -ach, -aj ont un pluriel en -où (Kervella 1947:§840) .


Kervella (1947:§840) note que certains noms ne sont pas employés au singulier. Il cite diankachoù, pellachoù, lostennachoù, malachoù, stokachoù, bruzhunachoù, kouezhachoù, dislonkachoù

exocentricité

Le morphème -ach, -aj est exocentrique; il obtient un nom quelle que soit la catégorie de sa base.


Sur une base adjectivale, -ach, -aj obtient un nom.

(1) dister, 'insignifiant' => disterach, 'babiole, chose futile', Merser (2009)


Il se trouve aussi directement sur un nom.


(2) Glavaj a ra arre.
pluie.sfx R fait encore
'Il mouille encore.' Vannetais, Herrieu (1994:96)


La base peut aussi être verbale.


(3) En ti-mañ a zo daou chomaj.
dans.le maison-ci R y.a deux rest-.sfx
'Dans cette maison-ci, il y a deux logements.' Trégorrois, Gros (1984:356)


formation sur base plurielle

Kervella (1947:§840) donne bugaleach.


Gros (1984:356) donne traouajou, /chose.s.sfx.s/, 'choses, nippes, affaires'. Le nom traoùachoù pourrait être considéré comme un double pluriel, mais la finale en -achoù est toujours associée avec une lecture péjorative, et le singulier * traoùach n'existe pas (Kervella 1947:§840).

Diachronie

Le suffixe -ach, -aj est un emprunt au suffixe français -age, qui a le même impact dépréciatif (Deshayes 2003:39).


Sémantique

parfois impact péjoratif

Kervella (1947:§840) note que ce suffixe est "souvent" attaché à une lecture péjorative.

Gros (1984:355) considère que -aj "a un sens nettement péjoratif dans certains mots". Il donne evaj, 'piquette, jus de chaussettes, tisane, boisson imbuvable'; lonkaj, 'toutes sortes de liquides'; mohaj, 'cochonnerie'.

Gros (1984:356) note que les mots en -aj "marquant le résultat de l'action ou une collection" ne sont que "faiblement péjoratifs".


autres sens

Selon Kervella (1947:§840), le suffixe -ach, -aj dénote un état ou un regroupement.


Gros (1970b:§'avelaj') traduit avelaj par 'grand vent'.


(3) Pa veze bet avelaj evel-se e miz Here ez een d'ar haojoù da geuneuta.
quand était eu vent.sfx comme-ça en mois octobre R allais à'le5 bois à1 petit.bois.ramasser
'Quand il y avait eu de grands coups de vent comme cela en octobre,
j'allais dans les bois ramasser du bois mort.' Gros (1970b:§'avelaj')


(4) E taoler houarnaj ken nend eo ur spont.
R jette.IMP fer tant ne est un honte
'On jette du fer que c'en est effrayant.'
Le Scorff, Ar Borgn (2011:14)


variation dialectale

(2) E Lanngoad e vez greet strudaj euz ar struj.
à Langoat R est fait strudaj de le broussailles
'A Langoat on appelle les broussailles strudaj.' Trégorrois, Gros (1984:356)