Voisement, dévoisement

De Arbres
Aller à : Navigation, rechercher

Un son voisé est un son produit en faisant vibrer les cordes vocales. Un son non-voisé ou dévoisé est un son produit sans faire vibrer les cordes vocales.


Certaines consonnes vont par couple, l'une non-voisée, l'autre voisée, comme par exemple [k] et [g], l'une non-voisée ([k]) l'autre voisée ([g]).

Dévoiser une consonne, c'est la prononcer sans faire vibrer les cordes vocales, à lieu d'articulation égal, par exemple en passant du [g] au [k]. Avec la même opération phonologique, [z] devient [s], [v] devient [f], ou [d] devient [t].

Toutes les voyelles sont voisées, car il n'est pas possible de les prononcer sans faire vibrer les cordes vocales. C'est aussi le cas de certaines consonnes, comme les nasales, [m] et [n], et en breton les liquides [l] et [r].


dévoisement en finales de mot

Le dévoisement des consonnes finales de mots est un trait saillant de la phonologie du breton.

En (1), la graphie montre clairement que le même morphème de la négation a une consonne finale voisée lorsqu'une voyelle le suit, et une consonne finale dévoisée en finale absolue.


(1) Noñ ez ched afer a heñveñ 'n arbréo pasque n'oñ 'z chet. Guérandais, Mathelier (2017:30)
N'hon eus ket afer a envel ar gwezennoù peogwir n'hon eus ket. Equivalent KLT
ne1'1PL a pas affaire à1 nommer le arbres.SG.PL puisque ne1'1PL a pas
'Nous n'avons pas besoin de nommer les arbres puisque nous n'(en) avons pas.'


phénomène de contact

L'emprunt de ces règles phonologiques par le français de Basse-Bretagne le rend très reconnaissable.


(1) Un rêf! Un sale rêv que c'était!, Cornouaille (bigouden), Stéphan (1986:16)

(2) Mais? Que voich?, Cornouaille (bigouden), Stéphan (1986:36)

(3) Ah! ça, c'est raitt, alors...,

'Ah! ça c'est raide, alors.', Cornouaille (bigouden), Stéphan (1986:21)

(4) Un moyen de transport jusque Rio il faut que je trouf.

'Il faut que je trouve un moyen de transport jusqu'à Rio.', Cornouaille (bigouden), Stéphan (1986:27)

(5) Larguée qu'ils m'ont, ces deux miséraps!, Cornouaille (bigouden), Stéphan (1986:20)