Verbes pronominaux : Différence entre versions

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| (2)|| '''Tevel''' a reas || war-dro kreiz an deiz || an avel gor ||a c'hwezhe diouzh ||an traoñ.
 
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Version actuelle en date du 9 octobre 2019 à 20:48

Les verbes pronominaux sont les verbes comme en em gavout 'arriver, survenir' qui prennent obligatoirement un argument pronominal.


(1) Petra nin gav ma evomp leazh tarzhet?
quoi se passe si4 buvons lait explosé
'Qu'est-ce qui arrive si on boit du lait tourné ?' Plougerneau, M-L. B. (04/2016)


Inventaire

 en em gavout 'arriver, survenir', en em c'houlenn 'se demander', en em lakaat (da) 'se mettre (à)' en em zibab 'se débrouiller', en em zougen 'se maintenir', en em gemer 's'offusquer', en em gemer hervez 'décider'...


(2) Salv ma ouio en em zibab.
pourvu que saura se1 choisir
'Pourvu qu'il sache se débrouiller!' Ar Merser (2009:§ 'salv')


(3) Setu an uzinou o-deus en em lakaet da ober eul ludu dem-heñvel ha gwelloh-marhad.
voici le usines 3PL-a se mis à1 faire un cendre quasi-1pareil et mieux-marché
'Donc les usines se sont mises à produire une cendre presque identique et meilleur marché.'
Léon (Plouzane), Briant-Cadiou (1998:49)


(4) Poan en devo an amzer o 'n em zougen hirie e-pad an deiz. Trégorrois (Perros-Guirrec), Konan (2017:'dougen')
peine R.3SGM aura le temps à4 se1 porter aujourd'hui pendant le jour
'Le temps aura du mal à se maintenir toute la journée.'


(5) Pa glevas an dra-se en em gemeras. Trégorrois (Perros-Guirrec), Konan (2017:'en em gemer')
quand1 entendit le 1chose-ci s'offusqua
'Quand il a entendu cela il s'est offusqué.'


(6) Lez ma mamm da 'n em gemer hervez ma lâr Doue dezhi. Trégorrois (Perros-Guirrec), Konan (2017:'en em gemer hervez')
laisse mon2 mère de1 décider selon que4 dit Dieu à.elle
'Laisse ma mère décider selon ce que Dieu lui dit.'

Syntaxe

structure argumentale

Les verbes pronominaux sont des inaccusatifs .


pas de passivisation possible

Les verbes pronominaux ne peuvent pas se mettre au passif, alors que les autres verbes inaccusatifs le peuvent.


(1) Panevefe-ze e oa hi beuzet. Cornouaillais / Léon, Croq (1908:65)
pa.ne.serait-ça R était elle noyé
'Sans ça, elle se serait noyée.'


en em c'houlenn, 'se demander'

Le verbe en em c'houlenn est spécial car l'argument que en em a l'air de remplacer est ostensiblement oblique (goulenn gant, digant...). Cela induit une suspicion d'influence du français demander, car une partie du paradigme du pronom proclitique objet et du pronom proclitique datif y présente une allomorphie (me frapper, te frapper vs. me donner, te donner). Certains locuteurs rejettent le verbe pronominal en em c'houlenn pour cette raison, au profit d'alternatives comme goulenn ganin-me ma unan, littéralement /demander à soi son un/, 'se demander'.

Pour la traduction de se demander, Kerrain (2001) accepte en em c’houlenn mais aussi les tournures concurrentes klask gouzout ou l'usage de l'interrogatif polaire daoust.


(2) Daoust piv a c’hallfe sikour ac’hanon. Kerrain (2001)
à.savoir qui R1 pourrait aider P.moi
'Je me demande qui pourrait m'aider'


(3) Daoust pegement e-neus fouetet?
à.savoir combien R.3SG-a dépensé
'Je me demande combien il a dépensé.' Trégorrois, Gros (1989:164)

Horizons comparatifs

moins de verbes pronominaux qu'en français

Un verbe pronominal dans une langue ne l'est pas forcément dans une autre. Comparé au français, le breton a relativement peu de verbes pronominaux. Kerrain (2001) note par exemple que en em n'apparaît pas dans la traduction de certains verbes pronominaux français, comme 'se réveiller' dihuniñ, 'se tromper' faziañ, 'se plaindre' klemm, 'se promener' pourmen, 'se lever' sevel, 'se taire' tevel, 'se noyer' beuziñ. On peut ajouter 's'enfuir' tec'hout, 's'ouvrir' digeriñ, 'se taire' tevel...


(1) pa 'eus gwelet an nor a oa pare da zigeri... Ouessant, Gouedig (1982)
quand1 ont vu le 1porte R était prêt à1 ouvrir
'quand ils ont vu que la porte était prête à s'ouvrir...'


(2) Tevel a reas war-dro kreiz an deiz an avel gor a c'hwezhe diouzh an traoñ.
taire R1 fit autour milieu le jour le vent ardent R soufflait de le vallée
'Le vent ardent qui soufflait de la vallée se tût vers le milieu du jour.' Standard, Drezen (1932:5)


La dé-pronominalisation du verbe peut même être un moyen pour le système breton d'adopter un emprunt au français. On peut relever kofessaat 'se confesser', debarassiñ 'se débarasser'...


(3) É tañ a gowessat. Vannetais, Le Bayon (1878)
R4 viens de1 confesser
'Je viens de me confesser.'


(4) O ! Petra mizer klask debarasi doh ar re-ze. Ouessant, Gouedig (1982)
oh quel misère chercher débarasser de le ceux-ci
'Oh! Quelle misère pour se défaire de ceux-là!'


Dans le cas du verbe breton en em rentañ kont 'se rendre compte', en em est préservé malgré la transparence de l'emprunt. C'est sans doute dû à la compétition avec rentañ konchoù 'rendre des comptes'.