Verbes

De Arbres
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Les verbes forment une catégorie de base de la langue.

On distingue les verbes grammaticaux, comme les auxiliaires et les modaux qui forment une classe fonctionnelle limitée, et les verbes lexicaux qui forment une classe ouverte (voir l'inventaire des verbes lexicaux).


Morphologie

infinitif

A l'infinitif, les verbes ont des propriétés nominales très saillantes. En (1), le verbe est précédé d'un article. Son objet apparaît dans un état construit.


(1) Ne ra ket kalz geizoù, O! ul lipañ pillig gwezh an amzer.
ne1 fait pas beaucoup geizoù un lécher galetière fois le temps
'Il ne fait pas beaucoup de caresses, O! un cunni une fois le temps.'
Poullaouen (1980), Menard (1995:§ geizoù)


En (2), le verbe infinitif kompren 'comprendre', est un argument du verbe lexical ober 'faire'.


(2) Mad eo ober ur c'hompren dezhoñ e-raok.
bien est faire un comprendre à.lui avant
'Il est bon de l'étudier un peu auparavant.'
Le Scorff, Ar Borgn (2011:12)


L'infinitif peut débuter une phrase (ordres à infinitif préverbal), et y porter le focus dans la structure informationnelle.


participes

Les participes passés et participes passifs sont formés productivement à partir du suffixe -et sur le radical du verbe.


verbes irréguliers

Les verbes qui se conjuguent de manière irrégulière sont:


 Le Dû (2012:74): 
 "Ces verbes possèdent des formes positives indépendantes correspondant à la réponse affirmative à des questions interro-négatives, ce qui ne se rencontre que de façon tout à fait occasionnelle dans les verbes réguliers:
 
 - dêbó-ke tout?
   'Il ne mangera pas tout?'
 
 - o, debó vat!
   'Oh, si bien sûr!' (litt. mangera!)


verbes légers

Quelques verbes sont affixaux - on les appelle pour celà des verbes légers. Ce sont les suffixes -aat et -at qui ressemblent aux suffixes verbaux mais ont une sémantique verbale en propre.

auxiliaires et modaux

les auxiliaires

Le breton a deux auxiliaires qui correspondent au français: bezañ, 'être' et kaout, 'avoir'. Ceux-ci ne sont pas toujours utilisés comme en français (cf. sélection de l'auxiliaire).

Le breton utilise aussi beaucoup l'auxiliaire 'faire', ober, qui permet la conjugaison analytique.

Le breton fait aussi usage d'un autre auxiliaire: l'auxiliaire 'savoir', gouzout


les modaux

Le breton a différents modaux: rankout 'devoir', dleout 'devoir', gallout 'pouvoir'...

Il existe aussi de multiples constructions modales à copule: ret eo, dav eo, 'il faut' (il est obligé de...)


La structure argumentale

Un verbe peut être transitif (deux arguments), ou intransitif (un seul argument, ce qui est le cas des verbes inaccusatifs et des verbes inergatifs). Les verbes qui ont trois arguments sont ditransitifs.

Les verbes qui sont tour à tour transitifs ou intransitifs sont appelés détransitif.

Lorsque l'objet et le sujet d'un verbe transitif co-réfèrent, on obtient un verbe réfléchi (en em walc'hiñ 'se laver, laver soi-même').

Un verbe peut lui-même contenir l'un de ses arguments (cf. figure étymologique: sevel en e sav, comme 'danser une danse, chanter un chant').

Un verbe qui a un argument pronominal obligatoire en em, sans avoir d'alternative lexicale, est un verbe pronominal (en em gavout 'arriver, survenir').

Les verbes qui sélectionnent des propositions infinitives peuvent être des verbes à marquage exceptionnel de Cas ou des verbes à contrôle.

Certaines classes sémantiques de verbes sont aussi des classes syntaxiques, comme dans le cas des verbes de perception, qui sont aussi des verbes à marquage exceptionnel de Cas (gwelout anezhi o tec'hout 'la voir s'en aller'), ou les verbes de mouvement qui peuvent sélectionner des postpositions (mont kuit 'partir', tec'hel kuit 's'enfuir').


postpositions verbales

Le breton fait usage de quelques postpositions verbales comme kuit, mais cela est beaucoup moins productif qu'en anglais.


Syntaxe

L'élément qui porte le temps est souvent obligé d'apparaître en seconde position dans la phrase. Dans la mesure où cet élément est souvent le verbe, on parle de langue à verbe second.


accord du verbe

Le système d'accord est particulier en ce qu'il montre un effet de complémentarité. Pour une première apprximation, cet effet de complémentarité impose que les traits du sujet soient réalisés morphologiquement soit sur le sujet lui-même, soit sur l'accord verbal, mais pas sur les deux.

Bibliographie

  • Gagnepain, J. 1962. 'La sémiologie du verbe celtique', Études Celtiques, 10:43-59, 413-433; 11:361-382, 1963.
  • Gagnepain, J. 1963. La syntaxe du nom verbal dans les langues celtiques, I. Irlandais, Paris.