Sutter (1958)

De Arbres
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  • Sutter, Jean. 1958. 'Évolution de la distance séparant le domicile des futurs époux (Loir-et-Cher 1870-1954; Finistère 1911-1953)', Population 13(2), Institut National d'Etudes Démographiques, 227-258.


L'auteur mesure l'exogamie des mariages dans les départements du Finistère et du Loir-et-Cher, d'après les registres centralisés dans les archives des évêchés de Blois et Quimper (donc uniquement mariages religieux, ce qui exclut principalement les remariages).
Il compare, afin de théoriser les isolats génétiques, les comportements des mariages non-consanguins aux mariages consanguins (entendus comme mariages de 4e degré entre cousins germains). Comme dans un travail antérieur, Sutter & Tabah (1955): "les statistiques des mariages consanguins sont établies à partir des dispenses religieuses accordées par 1'Eglise catholique romaine et portant sur les degrés suivants : entre oncle et nièce, tante et neveu (3° D.), cousins germains (4° D.), cousins de degré inégal (5° D.), cousins issus de germains (6° D.), cousins doubles."
Sutter démontre que les mariages consanguins couvrent une aire géographique de provenance des conjoints plus large que les mariages non-consanguins. Cette aire va en s'accroissant le long du XX° siècle, avec le brisement des isolats par les guerres, l'industrialisation et l'immigration.
Le département du Finistère est considéré comme endogame, par rapport au département du Loir-et-Cher, exogame.
Les trois périodes d'étude des mariages pour le Finistère sont: 1911-1912, 1919, 1951-1952-ler semestre.


à propos

L'hypothèse de Sutter, que les mariages consanguins réunissaient des conjoints de provenance géographique plus distante que non-consanguins, peut s'expliquer par le fait que dans les sociétés rurales, et en tout cas en Bretagne, les évènements familiaux de types noces étaient des occasions de sociabilisation privilégiées entre jeunes gens. Par ailleurs, le tabou incestueux est accomodé par l'éloignement géographique de provenance du conjoint.

Pélerinages, pardons et enterrements étaient une autre source de mobilité occasionnelle, mais où la présence du religieux impactait nécessairement les rencontres.