Poisard & al. (2015)

De Arbres
Aller à : Navigation, rechercher
  • Poisard, Caroline, Maire Ni Riordain, Erwan Le Pipec. 2015. 'Mathematics education in bilingual contexts : Irish-English, Breton-French', Cerme 9 Congress of European Research in Mathematics Education, Prague, Czech Republic. texte.
 résumé:
 Irish and Breton are both Celtic languages but unity has vanished resulting in deep linguistic differences. But the common heritage is still at hand when one considers the lexicon, grammatical peculiarities and number. The concept of the structure of a language impacting on thought processes is referred to as the linguistic-relativity hypothesis, which proposes that the vocabulary and phraseology of a particular language influences the thinking and perception of speakers of this language, and that each language will have a different cognitive system. This paper examines the Irish and Breton languages in their bilingual context, their linguistic characteristics and impact on mathematics learning in comparison to English and French, while identifying future research requirements.
 Keywords: bilingual contexts, Irish-English, Breton-French, linguistic differences.


évaluation critique

Malgré ce que pourrait laisser paraître son résumé, cet article ne contribue pas à un débat de linguistique cognitive. Les recherches sur les distinctions entre le cerveau mathématique et le cerveau langagier ne sont pas évoquées, ni la littérature linguistique sur les particularités langagières de la numération. Il s'agit, comme spécifié dans le titre, d'un article sur l'éducation.

Le parti-pris théorique est la version faible de l'hypothèse de Sapir-Whorf, la relativité linguistique, selon laquelle les langues forment la vision du monde des humains, dont la pensée mathématique. L'article cherche donc à expliquer par les faits de langue eux-mêmes pourquoi les locuteurs des langues minoritaires, des langues celtiques ou les bilingues en général (cela fluctue dans l'article) ont un avantage dans l'apprentissage des mathématiques. Ce postulat de base n'est pas examiné, ni référencé, ni illustré. L'article s'attache juste à trouver ses causes dans les particularités typologiques des langues en question. Il consiste donc en une liste de particularités grammaticales de l'irlandais et du breton des mathématiques, assorties de pistes de réflexions potentielles quant à l'enseignement des mathématiques dans ces langues. Voici ces points:


  • longueur de la phrase.
Les phrases des langues celtiques sont dites plus courtes que les phrases de l'anglais et du français. Ce postulat n'est pas référencé, ni développé, ni illustré. Cette propriété est supposée faciliter la compréhension des élèves.
L'information nouvelle étant donnée en premier en breton, cela est censé fournir un repérage plus efficace aux locuteurs. L'explication proposée sur l'avantage (supposé) d'avoir l'information nouvelle en début de phrase est que "La prominence du topique pourrait altérer la complexité des structures sémantiques". L'explication de l'avantage (supposé) tient apparemment sur la croyance que les langues du monde qui ne mettent pas systématiquement le topique à l'initiale mettent les locuteurs dans l'impossibilité ou la difficulté de la retrouver. Ce que les auteurs pensent du système irlandais n'est pas clair.
  • lexique transparent.
Dans les langues minorisées, le vocabulaire mathématique a tendance à être plus transparent... ou moins transparent. Le premier est un avantage car le locuteur est aidé, le second est un avantage lorsqu'il emprunte à l'autre langue, moins quand c'est un néologisme opaque. La conclusion en terme d'avantage n'est pas claire.
  • numération orale et comptage.
En système vingtésimal dans les langues celtiques, la dizaine vient avant les vingtaines en breton (dek ha pevar-ugent), et après en irlandais et en français (quatre-vingt dix). Les auteurs suggèrent que le premier élément est en position de topique [?].
  • ordre des mots quand le nom est réalisé.
En breton comme en irlandais, lorsque le nom est réalisé dans un numéral, l'ordre est "unité + nom (SG) + reste du numéral". Les auteurs pensent que c'est une difficulté pour les élèves, mais que cela est aussi un avantage en ce que cela fournit une occasion pédagogique de "présenter le sens des nombres et la place de chaque chiffre dans un nombre". L'occasion pédagogique est évidente, mais si les difficultés langagières sont en fait des avantages, le pourvoir explicatif du postulat premier s'amenuise d'autant.


Certains des points évoqués sont plus fouillés dans l'article en français Poisard & al. (2014), dont le but est aussi plus clairement de recherche en pédagogie du breton.


errata

p.7: Although mutations NOT would cause difficulties for pupils with good language skills...
p.8: ..., and shows that the creation of a culturally responsive context.
Il manque un élément dans cette phrase.