Morphème zéro

De Arbres
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Un morphème zéro est un morphème qui a une existence syntaxique (et la plupart du temps sémantique) sans réalisation phonologique ni morphologique.


Morphème zéro des nominalisations

Le verbe lavar, 'dire', peut par exemple subir un processus de dérivation morphologique qui transforme le verbe en nom. Comme le résultat de cette dérivation est la forme identique lavar, on postule l'addition d'un morphème nominalisant qui ne se prononce pas.


Un morphème zéro peut être en compétition avec un morphème réalisé, comme ici avec le morphème nominalisant -ians:


(2) Ar gloaneier a zo ker, hag an ober(ïans) anezo a zo ive.
le laines R est cher et le faire.(sfx) P.eux R est aussi
'Les laines sont chères, et leur façon (fabrication, travail, ici: leur tricotage) l'est aussi.' Gros (1970b:§'ober-20')


Morphème zéro agentif des nominalisations

La morphologie du breton rend disponible des suffixes d'agent, comme -ad / -iad, qui obtiennent un nom d'agent à partir d'une racine verbale. Ce suffixe forme son pluriel en -idi.

Il existe aussi un suffixe agentif qui n'est pas prononcé. La nominalisation du participe passé an daonet, 'le damné', obtient sémantiquement un nom d'agent sans dérivation en -ad / -iad.

Au pluriel cependant, c'est un pluriel de nom d'agent en -idi qui apparaît (an daonidi, 'les damnés' Vallée 1980:XX), ce qui révèle une dérivation morphologique commune.


Morphème zéro des verbes infinitifs

Quelques verbes, et cela est sujet à variation dialectale, ont un suffixe verbal de l'infinitif qui est un morphème zéro, comme kousk 'dormir', que l'on trouve aussi sous la forme kousket.


Bibliographie

horizons comparatifs