M-L. B. (05/2018)

De Arbres
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L'élicitation se passe au domicile de la locutrice M-L. B..

La locutrice et la linguiste ne se sont pas vues depuis deux ans, et si le contact humain est facile, la reprise de contact langagier n'est pas aisée. La locutrice dit à plusieurs reprises ne pas comprendre le breton de la linguiste. La locutrice dit ne plus parler breton dans la vie de tous les jours. Son amie, avec laquelle elle avait été enregistrée en élicitation auparavant, est maintenant décédée. Le nom de cette amie apparaissait maladroitement partout dans le protocole, ce qui avait été prévu pour faciliter la mise en place d'un contexte d'énonciation brittophone pour la locutrice. Les prénoms sont donc remplacés sur place par des noms de membres de la famille, qui par ailleurs ne sont pas brittophones.

L'élicitation consiste surtout en des traductions à partir de phrases écrites en français. Une fois une phrase bretonne établie comme confortable pour la locutrice, y compris pour sa graphie, la linguiste soumet à la locutrice des permutations d'ordres de mots dont celle-ci doit juger la grammaticalité. Quelques phrases des élicitations précédentes sont aussi vérifiées, avec donc une phrase bretonne soumise à l'écrit, à corriger.

La plupart de l'élicitation se passe cette fois en français. Quelques passages sont parlés en breton, mais qui ne concernent alors pas les phrases du protocole. La locutrice est troublée par sa propre réduction lexicale des verbes déclaratifs, ce qui la met en difficulté. Elle ne commente pas de manière spontanée sur la structure informationnelle des phrases comme elle le faisait les fois précédentes. Certaines marques de français oral placées à dessein dans le protocole afin d'essayer d'induire un niveau de langue oral dans leurs traductions bretonnes ne sont pas comprises dans le français de la locutrice.

Les résultats ci-dessous doivent être interprétés en prenant en compte toutes ces difficultés, ainsi que la présence du français bien plus forte que dans les élicitations passées. Les jugements sur les modifications d'ordres des mots, cependant, semblent sûrs. Autant la recherche lexicale est laborieuse, autant une fois le matériel assuré, les jugements sur l'ordre des mots sont rapides, avec des signes d'humour et d'assurance.

L'élicitation se passe en deux temps, avec une pause goûter, en français, entre les deux. Le premier enregistrement fait 1h29mn, le second 1h58mn.


Les phrases préfrées par la locutrice sont marquées par <<<, les phrases agramamticales par *.


complétive de verbe factif & COND C

 Les enchâssées sont passées en V2, puis il est forcé la coréférence entre elle et la petite fille. A chaque fois, la condition C est active. Les deux exemples offrent aussi un contraste verbe factif/non factif dans la matrice. Le factif autorise le sujet préverbal, mais pas l'objet ou l'antéposition stylistique. Il semble y a avoir une résistance à l'ordre respectif sujet-participe dans l'enchâssée.


Amélia a découvert qu’elle avait pris la mauvaise clef.

Amelia e neus rentet kount en neus kemeret an alc’hwezh fall. <<<

* Amelia e neus rentet kount kemeret en neus an alc’hwezh fall.

* Amelia e neus rentet kount an alc’hwezh fall en neus kemeret.

* Amelia e neus rentet kount en neus ar c’huadur kemeret an alc’hwezh fall.


Amelia e neus rentet kount ar c’huadur en neus kemeret an alc’hwezh fall. <<< (Pas de coréférence possible)


(1) Amelia e neus rentet kount (ar c’huadur) en neus kemeret an alc’hwezh fall. (Pas de coréférence possible)
Amelia 3SGM a rendu compte le 5enfant 3SGM a pris le clef mauvais
'Amélia a découvert qu’elle avait pris la mauvaise clef.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


Amélia a imaginé qu’elle avait pris la mauvaise clef.

Amelia e neus zouchet en neus kemeret an alc’hwez fall. <<<

Amelia e neus zouchet kemeret en neus an alc’hwez fall.

Amelia en deus zouchet an alc’hwez fall en neus kemeret.

Amelia en deus zouchet an alc’hwez fall en neus kemeret ar c’huadur.

Amelia en deus zouchet ar c’huadur en neus kemeret an alc’hwez fall. (Pas de coréférence possible)


(1) Amelia en deus zouchet ar c’huadur en neus kemeret an alc’hwez fall. (Pas de coréférence possible)
Amelia 3SGM a pensé le 5enfant 3SGM a pris le clef mauvais
'Amélia a imaginé que l'enfant avait pris la mauvaise clef.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)

pa + SF

Amélia a ri quand elle a compris son erreur.

Amelia e neus c’hoarzet pa neus komprenet e noa en em dromplet.<<<

* Amelia e neus c’hoarzet pa komprenet neus e noa en em dromplet.


Amélia a ri parce qu’elle a compris son erreur.

Amelia e neus c’hoarzhet pa neus komprenet e noa en em dromplet.

* Amelia e neus c’hoarzet pa komprenet neus e noa en em dromplet.


 Il n'y a pas d'antéposition stylistique possible après pa ici, même en jouant sur des sens différents de pa.


(1) Amelia e neus c’hoarzhet pa (* komprenet) neus (komprenet) e noa en em dromplet.
Amelia 3SG a ri quand1 compris a compris 3SG avait se1 trompé
'Amélia a ri (parce qu’/quand) elle a compris son erreur.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


complétive & COND C

 Les enchâssées sont passées en V2, puis il est forcé la coréférence entre Jack et le bébé. Cette coréférence est impossible. Le protocole devait ici tester l'impact sur l'enchâssée d'un verbe factif. La locutrice utilise la construction verbale kaout soñj, qui autorise de multiples ordre V2. C'est une construction factive annulable (Je me rappelle qu'il est venu à 7h mais c'est faux), et la complétive d'un nom. Ici, dans le contexte pour la locutrice, le fait que Jack réfère à un bébé peut de plus affaiblir les propriétés factives de la construction.


Jack se rappelle qu’avec les chaussons, il a marché jusqu’à la table sans tomber.


Jack en eus chouch en eus baleet gad e jochonoù beteg an daol hep kouezhañ. <<<

Jack en eus chouch gad e jochonoù en eus baleet beteg an daol hep kouezhañ.

Jack en eus chouch beteg an daol e neus baleet gad e jochonoù hep kouezhañ.

Jack en eus chouch hep kouezhañ e neus baleet gad e jochonoù beteg an daol.

Jack en eus chouch baleet e neus gad e jochonoù beteg an daol hep kouezhañ. (?)

Jack en eus chouch beteg an daol e neus baleet ar babig gad e jochonoù hep kouezhañ. (pas de coréférence possible)


Jack a cru qu’avec les chaussons, il allait marcher jusqu'à la table sans tomber.

Jack e neus sonchet gad e jochonou ez afe beteg an daol hep kouezhañ. <<<

Jack e neus sonchet gad e jochonou ar babig ez afe beteg an daol hep kouezhañ. (pas de coréférence possible)


(1) Jack e neus sonchet gad e jochonou ez afe beteg an daol hep kouezhañ.
Jack 3SG a pensé avec son1 chaussons R4 irait jusqu'à le 1table sans tomber
'Jack a cru qu’avec les chaussons, il allait marcher jusqu'à la table sans tomber.'
Plougerneau, M-L. B. (05/2018)

complétive de verbe factif & NPI

 Le NPI par reduplication était souhaité en enchâssée, pour voir si enlever son autorisateur dans l'enchâssée allait le rendre illicite, mais la locutrice ne reconnaît pas la structure den-mañ-den. Elle utilise den ebet sans autorisateur, comme un mot négatif.


Je n’ai pas constaté que qui que ce soit va nager en hiver.

M’eus ket chonjet den ebet ez afe da neuñv pad ar goañv.

* M’eus ket chonjet den-mañ-den ez afe da neuñv pad ar goañv.

Den ebet ez afe da neuñv pad ar goañv.


Je ne m’attends pas à ce que qui que ce soit aille nager en hiver.

Ne gomprenan ket piou ez afe da neñv er goañv.


Je ne m’imagine jamais qui que ce soit aller nager en décembre.

Ne joujan ket james piou chellfe mont da neñv er goañv.


On voudrait toujours que qui que ce soit fasse le travail à notre place.

Me garche atao unan bennak all a rafe va labour en va vlas.

Ni a garche atao….


Ne garfen ket e deufe forzh piou en ti-mañ. <<<


Donne la lettre à n’importe qui.

Ro al lizher da forzh piou.

nom temporel dans une complétive

 L'idée de ces phrases est de voir si un nom temporel est restreint à sa lecture déictique, ce qui serait un signe d'autonomie de la complétive. Le test échoue pour la plupart des exemples car la locutrice ne fournit pas de traduction pour futur N/ ex-N / feu-N. La phrase la plus exploitable est avec va gwaz em beche.


Quand j’étais petite, je pensais que mon futur mari serait plus grand qu’il n’est.

Pa vedoun bihan, me soñje va gwaz e veche brasoc’h ‘it ma’z eo.

Pa vedoun bihan, me soñje va gwaz em beche e veche brasoc’h ‘it ma’z eo.


(1) Pa vedoun bihan, me soñje va gwaz em beche e veche brasoc’h ‘it ma’z eo.
quand1 étais petit moi pensais mon2 mari R aurais R4 serait grand.plus que que+C est
'Quand j’étais petite, je pensais que mon futur mari serait plus grand qu’il n’est.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


* Va gwaz da zont – * va gwaz da vezañ


Je pense que mon (futur) mari sera plus grand que moi.

Me soñj va gwaz a veche brasoc’h evidon.


Feu ton mari veut que tu t’amuses, (* mais il n’est pas encore mort) !

Araok ma varfe da hwaz e garfe welet ahanout laouen.


En 1950, mon père a découvert que son prochain enfant sera l’héritier de la ferme.

E 1950 va zat e neus gwelet ar c’huadur da zont a veho ….

la phrase est abandonnée.

Liage de quantifieur

 L'antéposition en complétive est possible. Le quantifieur d'une matrice peut lier dans une complétive T2. 


'Personne ne dit jamais qu’il a volé les belles assiettes.'


Den ne lavar james e neus laeret an asiedoù kaer. <<<

* Den ne lavar james an asiedoù kaer e neus laeret.

Den ne lavar james ar babig e neus laeret an asiedoù kaer.

Den ne lavar james laeret e neus an asiedoù kaer.

Den ne lavar james e neus-e laeret an asiedoù kaer.

Den ne lavar james laeret e neus-e an asiedoù kaer.


(1) Den ne lavar james (laeret) e neus-(e) (laeret) an asiedoù kaer.
personne ne1 dit jamais volé 3SG a volé le assiettes beau
Personne ne dit jamais qu’il a volé les belles assiettes.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


(2) Den ne lavar james (ar babig/laeret) e neus (laeret) an asiedoù kaer.
personne ne1 dit jamais le bébé/volé 3SG a volé le assiettes beau
'Personne ne dit jamais {qu’il/que le bébé} a volé les belles assiettes.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


< à partir de la phrase en breton provenant d'une élicitation antérieure >.

Den ne defe eva alkol ablamour e rank kondui da vont d'ar gear.

Den ne defe james eva alkol ablamour e rank kondui da vont d'ar gear.<<<

Den ne defe james eva alkol ablamour kondui e rank da vont d'ar gear.

Den ne defe james eva alkol ablamour e ranko(* nt) kondui da vont d'ar gear.

Den ne defe james eva alkol ablamour e rank kondui da vont d'ar gear.

Den ne defe james eva alkol ablamour kondui e ranko da vont d'ar gear.

* Den ne defe evañ alkol pa kondui e ranko da vont d'ar gear.

Den ne defe evañ alkol pa rank kondui da vont d'ar gear.


(3) Den ne defe james eva alkol ablamour (kondui) e rank (kondui) da vont d'ar gear.
personne ne1 devrait jamais boire alcool car conduire R doit conduire pour1 aller à'le foyer
'Personne ne devrait jamais boire de l'alcool car il doit conduire pour rentrer.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


Tout petit garçon pense que sa (propre) mère est la meilleure.

Pep kruadur zonch e vamm a zo an hini gwella.<<<

Pep kruadur zonch an hini gwella eo e vamm.

Pep kruadur zonch eo an hini gwella e vamm.

Pep kruadur zonch eo e vamm an hini gwella.


 Avec une proposition dont la tête est une copule, la locutrice préfère l'ordre SVO déclanchant la copule zo, mais elle accepte aussi comme grammaticales toutes sortes de permutations avec le sujet post-verbal et la copule eo associée.


(4) Pep kruadur zonch e vamm a zo an hini gwella.
chaque enfant (R)1 pense son1 mère R1 est le celle mieux
'Tout petit garçon pense que sa (propre) mère est la meilleure.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


(5) Pep kruadur zonch (an hini gwella) eo (an hini gwella) e vamm (an hini gwella).
chaque enfant (R)1 pense le celle mieux est le celle mieux son1 mère le celle mieux
'Tout petit garçon pense que sa (propre) mère est la meilleure.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)



Tout le monde voudrait bien croire qu’il est le plus populaire (lui-même).

Toud an dud e garche kredi ez eo an hini ar muiañ karet.<<<

Toud an dud e garche kredi an hini ar muiañ karet a zo-i.

Toud an dud e garche kredi ez eo atao an hini ar muiañ karet. (commentaire : "elle va bien")

Extraction d'une complétive T2

 Il s'agit d'étudier les possibilité d'extraction d'une enchâssée T2. L'extraction d'adjoint est impossible quand on passe à l'ordre T2. Les extractions d'arguments sont grammaticales.


CONTEXTE: Jack est un bébé en âge d'apprendre à marcher.


Jack a cru qu’il allait marcher sans tomber jusqu’à où ?

Betek peleah e neus Jack kredet e neche baleet hep kouezhañ?<<<

* Betek peleah e neus Jack kredet baleet e neche hep kouezhañ?

Betek peleah e neus Jack kredet bale hep kouezhañ?<<<

Betek peleah out eat ?


(1) Betek peleah e neus Jack kredet (* baleet) e neche (baleet) hep kouezhañ?
jusqu'à 3SG a Jack cru marché R aurait marché sans tomber
'Jack a cru qu’il allait marcher sans tomber jusqu’à où ?'
Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


La locutrice n'a pas : * resis


Quelle clef est-ce que Alain a découvert qu’il avait pris avec lui? (la phrase est abandonnée)

Pese alc’hwes Amelia e neus kavet …

lavaret c’hellfes din


 extraction de l'objet d'une enchâssée V2


Quel parti le journal a révélé que le voisin avait soutenu?

Pese parti ar journal a lavar an amezog e neus soutenet ?

Pese parti ar journal a lavar e neus an amezog soutenet ?

Pese parti ar journal a lavar e neus soutenet an amezog?


(1) Pese parti ar journal a lavar an amezog e neus soutenet _  ?
quel parti le journal R dit le voisin 3SG a soutenu <quel parti>
'Quel parti le journal a révélé que le voisin avait soutenu?' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


 extraction de l'objet


An archerien e neus soñjet d’ar penn kenta ar seurezed a houie un dra bennak.

Qu’est-ce que la police a suspecté dès le début que les sœurs savaient ?

Qu’est-ce que la police a suspecté que les sœurs savaient ?

Petra an archerien e neus soñjet e houie ar seurezed ?

Petra an archerien e neus soñjet ar seurezed a houie ?


(1) Petra an archerien e neus soñjet ar seurezed a houie _ ?
quoi le policiers 3SG a pensé le soeurs R1 savait <quoi>
'Qu’est-ce que la police a suspecté que les sœurs savaient ?'
Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


portée de perak

Le contexte est d'abord établi, puis perak est monté. (attention, les conditions d'élicitation ne permettent pas de savoir si le sens a changé entre les deux phrases).


Alain ne sait pas pourquoi les ouvriers ont monté le mur.

Alain ne hoar ket perak an ouvrierien o deus savet er voger.

Perak Alain ne hoar ket an ouvrierien o deus savet er voger.


antéposition de complétives en V2 linéaire

J’ai rappelé à Soazig que la poste avait fermé pour le premier mai.

Me meus lavaret da Zoazig ar post zo sarret ar chenta a viz mae.<<<

Me meus lavaret da Zoazig sarret eo ar post ar chenta a viz mae.<<<

Sarret eo ar post ar chenta a viz mae meus lavaret da Zoazig. ( ?c’est du passé ?)

Ar post zo sarret ar chenta a viz mae meus lavaret da Zoazig.


Je lui ai dit qu’à midi, le postier sera déjà passé.

Me meus lavaret di ar fakteur a veho paseet da gechteiz.<<<

  1. Ar fakteur a veho paseet da gechteiz meus lavaret di.


* Me meus lavaret di e veho paseet ar fakteur da gechteiz.

Me meus lavaret di paseet a veho ar fakteur da gechteiz.


 la complétive du verbe factif gouzout tolère le verbe initial et l'ordre SVO, mais pas ici l'antéposition stylistique.

Je pense que dès ce moment là, il savait que Julie avait pris ma voiture.

Me chouj d’ar poent-se e houie Julie e noa kemeret va auto. <<<

Me chouj d’ar poent-se e houie e noa Julie kemeret va auto.<<<

* Me chouj d’ar poent-se e houie kemeret e noa Julie va auto.


Il sait bien que ce voyage a été fait n’importe comment.

Be hoar ar voyach-se a zo bet great forzh penaos.<<<

* Be hoar ar voyach-se great a zo bet forzh penaos.

* Be hoar great a zo bet ar voyach-se forzh penaos.

Be hoar great eo bet ar voyach-se forzh penaos.

Be hoar bet eo great ar voyach-se forzh penaos.

Bet eo great ar voyach-se forzh penaos, e hoar.

?Great eo bet ar voyach-se forzh penaos, e hoar.


Que ce voyage a été fait n’importe comment, il sait bien, mais il n'a pas le choix.

Ar voyach-se a zo great forzh penaos, met bet e houie e noa ket da joas.


J’avais dit à tout le monde que les marcheurs seront trop fatigués à l’arrivée !

Me em moa lavaret da tout an dud ar marcherien a veche re skuizh e nerh ningaout.

Me em moa lavaret da tout an dud ar marcherien a veche re skuizh pa nem gavfent.


Que les marcheurs seront trop fatigués à l’arrivée, j'avais dit à tout le monde! (mais personne ne m'écoute)

Ar marcherien a veche re skuizh pa nem gavfent, em moa lavaret da tout an dud.

antéposition de complétive interrogative

Les phrases équivalentes étaient préparées en français.


Je ne sais pas comment ils s’en sont sortis.

N’ouzon ket penaos e nin gaet a-benn !

Penaos e nin gaet a-benn, n’ouzon ket!


Comment ils s’en sont sortis, je peux pas te dire !

Penaos e nin gaet a-benn, n’ouzon ket!


Comment ils s’en sont sortis jusqu’ici, je sais, mais jusqu’à quand, je peux pas te dire !

Penaos int in gaet beteg bremañ, e houzon, met ne houzon ket pad pegeit e c’hellint mont!


Quand il tondra les moutons, je ne peux pas te (le) dire, mais ce sera fait pour juin.

* Pa touzet veho an deñved, ne houezan ket met greet e veho araok mis even.

Pa veho touzet an deñved, ne houezan ket met greet e veho araok mis even.

Peur an deñved veho touzet, ne houezan ket met greet e veho araok mis even.

Peur veho touzet an deñved, ne houezan ket met greet e veho araok mis even.

* Pa an deñved veho touzet, ne houezan ket met greet e veho araok mis even.

Ne houezan ket peur e veho touzet an deñved.

Ne houezan ket pa veho touzet an deñved.

Ne houezan ket peur an deñved a veho touzet.

* Ne houezan ket pa an deñved a veho touzet.


Je ne peux pas te dire si le voisin aura fait son lit !

Ne hellan ket lavaret dit ma an amezog en neo renket e wele !

Ne hellan ket lavaret dit ma renket en neo an amezog e wele !

* Ne hellan ket lavaret dit ma e wele en neo renket an amezog!

Ma renket en neo an amezog e wele, ne hellan ket lavaret dit !

Ma neo an amezog renket e wele ne hellan ket lavaret dit !

Ma an amezog eo renket e wele ne hellan ket lavaret dit !

* Ma an amezog renket eo e wele ne hellan ket lavaret dit !


antéposition de complétive d'un nom semi-factif

 Pour la locutrice, une complétive de nom en e... peut être antéposée. Sans mouvement de la complétive, les ordres SVO et l'antéposition stylistique sont possibles. L'ordre SVO est préféré.


Tout le monde regrette que Alain ait lu ce truc.

Tout an dud o deus keuz Alain e neus lennet an dra-se. <<<

Tout an dud o deus keuz e neus lennet Alain an dra-se.

Tout an dud o deus keuz lennet e neus Alain an dra-se.

Lennet e neus Alain an dra-se. Tout a dud o deus keuz.

E neus lennet Alain an dra-se, tout an dud neus keuz.


(1) Tout an dud o deus keuz (Alain/lennet) e neus (lennet) (Alain) an dra-se.
tout le 1gens 3PL a regret Alain/lu R a lu Alain le 1chose-ci
'Tout le monde regrette que Alain ait lu ce truc.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


(1) E neus lennet Alain an dra-se, tout an dud neus keuz _.
R a lu Alain le 1chose-ci tout le 1gens a regret
'Tout le monde regrette que Alain ait lu ce truc.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)

antéposition de temporelle V2

 Une temporelle en pa à verbe second peut être dans la périphérie gauche de la matrice.


Quand cette chanson, je l’ai entendue pour la première fois, j’étais enceinte.

Pa meus kleet ar jansson-se evit ar wech kentañ, e gioa traoù nevez ganin.

Pa meus kleet ar jansson-se evit ar wech kentañ, evedon dougeres.

Pa ar jansson-se meus kleet evit ar wech kentañ, evedon dougeres.

Pa kleet meus ar jansson-se evit ar wech kentañ, evedon dougeres.


(3) Pa (kleet/ar jansson-se) meus (kleet) (ar jansson-se) evit ar wech kentañ, evedon dougeres.
quand entendu/cette chanson ai entendu le chanson-ci pour le 1fois premier étais enceinte
'Quand cette chanson, je l’ai entendue pour la première fois, j’étais enceinte.'
Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


V2 en complément du nom

 Ci-dessous, le complément du nom est évité, on voit un refus d'antéposition stylistique après pa.


J'aime bien la rumeur que mon fils plantait mes patates pour moi.

Plijet en neus din pa meus klevet va mab en doa plantet va patatez evidoun.

* Plijet en neus din pa klevet meus va mab en doa plantet va patatez evidoun.


(1) Plijet en neus din pa (* klevet) meus (klevet) va mab en doa plantet va patatez evidoun.
plaire 3SG a à.moi quand entendu ai entendu mon2 fils 3SG avait planté mon2 patates pour.moi
'J'aime bien la rumeur que mon fils plantait mes patates pour moi.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


 le complément d'un nom peut montrer des ordres à verbe second avec une conjugaison analytique ou l'insertion de bed, forme dialectale de bez' (vérifier sur l'enregistrement qu'il ne s'agit pas de bet rattaché au verbe en doa). La locutrice par ailleurs n'a pas de doublemement du verbe, donc il n'est pas testable en enchâssée.


Il avait acquis la réputation qu’il savait tout réparer.

Ar brud vat en doa e houie dresañ pep tra.

Ar brud vat en doa bed e houie dresañ pep tra.

Ar brud vat en doa gouzout a rae dresañ pep tra.

* Gouzout e houie dresañ pep tra!

* Goud e houie dresañ pep tra!

Bed e houie dresañ pep tra!


(1) Ar brud vat en doa gouzout a rae dresañ pep tra.
le réputation 1bon avait savoir R faisait réparer chaque chose
'Il avait acquis la réputation qu’il savait tout réparer.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


(2) (Ar brud vat en doa) bed e houie dresañ pep tra.
le réputation 1bon avait expl R savait réparer chaque chose
'(Il avait acquis la réputation qu’)il savait tout réparer.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


J’ai commencé à avoir l’espoir que j’étais bien, plus personne n’était plus occupé par moi.

Komañset e oan da gaoud esperañs e oan barreg, den ebed ne oa ken okupet ganin.


J’ai commence à avoir l’espoir que le gel n’avait pas tout brûlé mes fleurs.

Komañset em eus da gaoud esperañs e gae din ar skourn n’eus ket devet tout va fleur!

Komañset em eus da gaoud esperañs ar skourn n’eus ket devet tout va fleur! <<<

Komañset em eus da gaoud esperañs n’eus ket devet ar skourn tout va fleur!

Komañset em eus da gaoud esperañs ar skourn neus espernet va bleunioù! <<<

Komañset em eus da gaoud esperañs espernet neus ar skourn va bleunioù!

* Komañset em eus da gaoud esperañs neus espernet ar skourn va bleunioù!


* Komañset em eus da gaoud esperañs va bleunioù neus espernet ar skourn!

* Komañset em eus da gaoud esperañs neus ar skourn espernet va bleunioù!

Komañset em eus da gaoud esperañs e niche ar skourn espernet va bleunioù!


Dre amañ e oa ar brud e vije eur vaouez koz oc’h ober krampouezh.

Dre amañ e oa ar brud eur vaouez koz a vije oc’h ober krampouezh.


phrases soumises en breton

 les verbes semi-factifs comme non-factifs autorisent des complétives à verbe second.


Er bourk, an dud a lavare alkolik e oa.

Er bourk, an dud a ouie alkolik e oa.


(1) Er bourk, an dud a lavare/ouie alkolik e oa.
dans.le bourg le 1gens R1 disait/savait alcoolique R était
'Dans le bourg, on disait/savait qu'il était alcoolique.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


 antéposition du prédicat après pa.


Ne rankchomp ket kondui pa meho e vezomp.


(2) Ne rankchomp ket kondui pa meho e vezomp.
ne1 devrions pas conduire quand1 saoûl R sommes
'On ne devrait pas conduire en étant saoûl.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


 L'antéposition de l'objet après ma est grammatical, même s'il n'est pas préféré.


Petra nin gav ma evomp leazh tarzhet ? <<<<

Petra nin gav ma leazh tarzhet a evomp?


(3) Petra nin gav ma (leazh tarzhet) a evomp (leazh tarzhet)  ?
quoi se1 passe si4 lait tourné R buvons lait tourné
'? Qu'est-ce qui se passe si l'on boit du lait tourné?' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)

Remerciements

Merci à M-L. B. de Plougerneau pour son accueil chaleureux et pour sa confiance.