Le passé proche

De Arbres
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Le passé proche, ou passé immédiat, est rendu par des adverbes comme a-nevez, ou bien différentes constructions analytiques.


(1) Ar jãndarmed o-devoa lavaret din e oaz a-nevez-vet.
le gendarmes 3PL-avait dit à.moi R4 étais à1-nouveau1-été
'Les gendarmes m'avaient dit que tu venais d'y avoir été.' Trégorrois, Gros (1970b:'nevez')


formes progressives autour de la fin de l'action

'être en train de cesser'

Être 'en train de cesser', c'est avoir juste fini.


bezañ o paouez (da) V

Ce verbe se trouve chez le même locuteur avec et sans da.

(1) Ema Yann o paouez erruout.
est Yann à4 cesser arriver
'Jean vient d'arriver.' Ar Merser (2009:585)


(2) Emaon o paouez d'echui al labour-ze.
suis à4 cesser de'finir le travail-ci
'Je viens de terminer ce travail.' Merser (1963:§398)


bezañ o tihan (da) V

Ce verbe se trouve chez le même locuteur avec et sans da.


(3) Emaon o tihan serri an nor.
suis à4 cesser ferm.er le4/sup> porte
'Je viens de fermer la porte.' Ar Merser (2009:585)


(4) Emaon o tihan da huchal.
suis à4 cesser de crier
'Je viens de crier.' Merser (1963:§398)

'venir de'

Avec une transposition du spatial au temporel, comme en français, venir de signifie 'avoir juste fini de'.

o tont da

(1) Yann a zo o tond da zerri an nor.
Yann R est à4 venir de1 fermer le porte
'Jean vient de fermer la porte.' Ar Merser (2009:585)

o tont deus

(2) [ hãɔ̃ zo tɔ̃n døs dibi ] La Forêt Fouesnant, Avezard-Roger (2004a:222)
Eñ 'zo 'tont deus debriñ.
lui est (à)4 venir de manger
'Il vient de manger.'


o tont deus a

Parfois, une lénition sur le verbe suggère une forme en dont a1 V, avec une préposition a1 escamotée.


(3) [ he zo tɔ̃n døs zibi ] Duault, Avezard-Roger (2004a:222)
Eñ 'zo 'tont deus (a) zebriñ.
lui est (à)4 venir de (de)1 manger
'Il vient de manger.'


(4) [ me zø døs zibi ] La Forêt Fouesnant, Avezard-Roger (2004a:222)
Me 'zeu deus (a) zebriñ.
moi viens de (de)1 manger
'Je viens de manger.'


Variations dialectales

emañ + participe

Le verbe emañ, en KLT, est un prédicat plus délimité dans le temps que la forme eo de la copule (Davalan 1999, Avezard-Roger 2007:38, Goyat 2012:297, Gourmelon 2014:32).

Ce bornage temporel du prédicat, lorsqu'il est additionné au perfectif du participe, obtient un passé proche. Cet effet n'est possible que dans les dialectes KLT qui autorisent l'usage de emañ comme auxiliaire.

En (1), Gourmelon (2014:31) note un contraste avec degouezhet eo, 'Il est arrivé on ne sait depuis combien de temps, il est là maintenant'.


(1) Emañ degouezhet, an hini e oamp o c'hortoz!
est arrivé le celui R4 étions à4 attendre
'Il est arrivé, celui qu'on attendait!' Gourmelon (2014:31)


La phrase en (2) est utilisée lorsqu'un jeu d'enfant s'écroule:


(2) Emañ kouezhet, an tour!
est arrivé le tour
'Elle est tombée, la tour!' Gourmelon (2014:31)


nem boa (ket) graet met V

Merser (1963:§398, 2009:585) reporte, pour la Haute-Cornouaille, la forme en ober 'med.


(4) N'am-oa (ket) greet 'med serri an nor.
Ne'R.1SG-avait (pas) fait mais fermer le porte
'Je venais de fermer la porte.' Haute-Cornouaille, Ar Merser (2009:585)


La structure est similaire au français J'avais pas juste tourné les talons que..., Elle n'aura pas fermé les yeux qu'elle se sera endormie...

nem boa ket touchet V

A Groix, Ternes (1970:301) rapporte l'utilisation du verbe tizhout, 'toucher, arriver à' dans une structure de polarité négative. Cette structure ajoute un effet stylistique, car la structure aspectuelle littérale obtient un calcul ou l'action n'a pas touché sa fin, alors que l'interprétation est que l'action est finie depuis un très court instant.


(5) məmbwače ti:xed dond e-rmaes ?
moi avais pas touché venir dehors
'J'étais à peine sorti.' Groix, Ternes (1970:301)


(6) məmbwače ti:xed a:ry
moi avais pas touché arriver
'J'étais à peine arrivé.' Groix, Ternes (1970:301)

Bibliographie

  • Yann Gerven. 2014. ' emañ e penn ur frasenn, evit un dra a zo o paouez tremen', Yezhadur!, Alioù fur evit ar vrezhonegerien diasur, Keit Vimp Bev, 31-32.