Jakès Kerrien et les mutations consonantiques

De Arbres
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témoignage dans Le Peuple Breton n°287 (1987:14), rapporté (et traduit en français) en introduction de Ar Roc'h Toull (2000)


 " Après Miranda (...), je suis revenu à Fontarabie où je suis resté deux ans, 1917-1918, comme professeur. J'ai pu mettre la main, je ne sais comment, sur Le breton en quarante leçons, de François Vallée. Là, j'avais découvert le mystère des mutations. J'avais fait un tableau et établi la liste des mutations que l'on faisait pour les noms féminins, masculins, et tout ce qui s'en suit. Si bien que j'avais pris l'habitude de regarder la règle avant d'écrire, au lieu que Drezen et Riou n'ont pas agi de la sorte et sont restés longtemps à chercher quelle consonne il fallait mettre. Moi j'ai commencé à écrire correctement presque tout de suite. J'avais fait parvenir un petit poème à François Vallée, qui l'avait inséré dans Kroaz ar vretoned.
 

A noter que les difficultés relatives des cornouaillais Drezen et Riou peuvent découler du fait que le système des mutations dans leurs dialectes présentait un écart plus large avec les normes du standard qui est plus influencé par les faits du léonard. Le léonard Kerrien aurait logiquement eu moins de mal à intégrer une norme écrite plus proche de sa variété orale.


source

  • Kerrien 2000. Ar Roc'h Toull (La roche percée), Armorica.
  • « Pennad-kaoz gant Jakez Kerrien: Re, re em-bije karet ar brezhoneg », conversation (en breton) avec Jakez Kerrien : « Trop, j'aurais trop aimé la langue bretonne », recueillie par Pascal Rannou, publiée dans Le Peuple Breton n° 287.