Différences entre les versions de « Incorporation »

De Arbres
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Les pronoms faibles ne peuvent être accentués qu'à l'intérieur d'un mot complexe. Les désinences verbales, en finales, ne sont pas accentuées. Cependant, lorsque la partie postverbale de la négation (''[[ket]]'', 'pas) apparaît, celle-ci compte comme dernière syllabe du complexe verbal, et l'accent, placé sur l'avant-dernière syllabe en [[KLT]], tombe alors sur le pronom incorporé.
== accentuation ==
 
Les pronoms faibles en breton peuvent être accentués.
 
En [[KLT]], l'accentuation tombe généralement sur l'avant dernière syllabe. Les désinences verbales, en finales, ne sont donc généralement pas accentuées.  
Cependant, lorsque la partie postverbale de la négation (''[[ket]]'', 'pas) apparaît, celle-ci compte comme dernière syllabe du complexe verbal, et l'accent, placé sur l'avant-dernière syllabe en [[KLT]], tombe alors sur le pronom incorporé.
On voit aussi les pronoms faibles porter l'accent dans le cas de verbes monosyllabiques.
 
Il est important de voir que les pronoms faibles peuvent être accentués, car on voit alors que la règle qui les oblige à s'incorporer dans un complexe morphologique plus large n'est pas motivé par des raisons accentuelles.
 


== Horizons comparatifs ==
== Horizons comparatifs ==

Version du 27 juillet 2012 à 09:48

Les pronoms incorporés sont des pronoms faibles, c'est-à-dire des morphèmes apparaissant uniquement dans des composés morphologiques plus large.

Ces propriétés les différencient des pronoms forts indépendants que l'on peut trouver en isolation et qui peuvent porter l'accent.

Contrairement aux pronoms objet proclitiques qui apparaissent à gauche du complexe morphologique, les pronoms incorporés apparaissent toujours à sa droite.

Par exemple, un pronom sujet atone, qui n'est pas focalisé, s'incorpore aux morphèmes d'accord verbal. Il apparait comme "fondu" dans la morphologie de l'accord. De même, le pronom objet d'une préposition s'incorpore. Il donne alors l'impression que les prépositions sont fléchies, comme le serait un verbe.


accentuation

Les pronoms faibles en breton peuvent être accentués.

En KLT, l'accentuation tombe généralement sur l'avant dernière syllabe. Les désinences verbales, en finales, ne sont donc généralement pas accentuées. Cependant, lorsque la partie postverbale de la négation (ket, 'pas) apparaît, celle-ci compte comme dernière syllabe du complexe verbal, et l'accent, placé sur l'avant-dernière syllabe en KLT, tombe alors sur le pronom incorporé. On voit aussi les pronoms faibles porter l'accent dans le cas de verbes monosyllabiques.

Il est important de voir que les pronoms faibles peuvent être accentués, car on voit alors que la règle qui les oblige à s'incorporer dans un complexe morphologique plus large n'est pas motivé par des raisons accentuelles.


Horizons comparatifs

En gallois, les pronoms sujet postverbaux peuvent ne pas s'incorporer. On voit alors le verbe s'accorder avec ce pronom sujet (1).


(1) Gwelodd e/hi ddraig. vs. Gwelon nhw ddraig.
voir.PASSE.3SG il/elle dragon voir.PASSE.3PL ils/elles dragon
‘Il/Elle a vu un dragon.’ ‘Ils/Elles ont vu un dragon.’
gallois, Borsley (2009:227)


La non-incorporation d'un pronom faible n'est jamais possible en breton, où tout pronom qui déclenche un accord verbal sur le verbe est un pronom incorporé (à part avec le verbe kaout, 'avoir'). En breton, lorsque le sujet pronominal est exprimé, l'accord verbal est gelé à la personne 3SG.

Variation dialectale

Création de pronoms dépendants

En breton central, les pronoms objet incorporés dans la préposition eus ('de') ont été réanalysés comme des pronoms à part entière. Ils commencent à apparaitre à leur tour comme incorporés à d'autre préposition.

Comparez ces objets postverbaux (Wmffre 1998:26) aux pronoms incorporés à la préposition war ('sur') (Wmffre 1998:30):

Wmffre (1998:26) [fig.12]
1SG hɑ͂w 1PL hɑ͂m
2SG hɑ͂nəs 2PL hɑ͂ħ
3SG.M nɑ͂w 3PL nœ͂
3SG.F nɛj


Wmffre (1998:30) [fig.16]
1SG waɣ hɑ͂w 1PL waɣ hɑ͂m
2SG waɣ hɑ͂nəs 2PL waɣ hɑ͂ħ
3SG.M waɣ nɑ͂w 3PL waɣ nœ͂
3SG.F waɣ nɛj


Ce nouveau paradigme de pronoms incorporables ne supplante cependant pas les autres paradigmes de pronoms incorporés, et les prépositions de ('à'), gɑ͂n ('avec') ne peuvent pas recevoir les pronoms incorporés ci-dessus. Wmffre (1998) analyse ces pronoms comme des pronoms 'dépendants'. Ils n'apparaissent qu'en position postverbale comme objet (55) ou comme résomptif du sujet (56).


(55) Wmffre (1998:26)
[me vɛlo hɑ͂nəs ] [ hiɲ vɛlo nɛj ] [ gɥɛləd møs nɑ͂w ]
'I shall see you (SG)' 'they shall see her' 'I have seen him'
'Je te verrai' 'Ils la verront.' 'Je l'ai vu.'


(56) Wmffre (1998:26)
[ hε͂mə n e ke bɣa:z nɑ͂w ]
'He is not tall.' (lit. he is not tall P.him)
'Il n'est pas grand' (lit. il est pas grand P.lui)

Terminologie

Le Gléau (1973:17) les appelle les 'pronoms composés atones'.


Bibliographie

  • Wmffre, I. 1998. Central Breton, [= Languages of the World Materials 152] Unterschleißheim: Lincom Europa.
  • Borsley, R.D. 2009. 'On the superficiality of Welsh agreement', Natural Language and Linguistic Theory 27: 225–265