Pronom impersonnel

De Arbres
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Il existe en breton plusieurs pronoms impersonnels distincts.

  • un pronom vide déclenchant une marque particulière de l'accord verbal (-er au présent).
  • un pronom impersonnel créé, comme le on en français ou man dans les langues germaniques, à partir d'une grammaticalisation du groupe nominal [un homme]: an nen ou an den.
  • les pronoms de seconde personne, qui peuvent aussi avoir des lectures impersonnelles.


Chacune de ces formes est concurrentielle avec les formes passives.

A signaler aussi que le préfixe em- a parfois le sens de ‘facile à V’ (emsav, emwerzh, Kervella 1947:§882), une lecture compatible avec une lecture impersonnelle.


Sommaire

Le pronom vide impersonnel -r

Comme les autres langues celtiques, le breton a un sujet vide impersonnel. Ce pronom vide impersonnel déclenche typiquement la marque de conjugaison -er sur le verbe au présent.


(2) Lavaret e vije ez eur bet Ø o c'hoari got dre aman.
dit R serait R+V,4 est.IMP été IMP à4 jouer billes par ici
‘On dirait qu'on a joué aux billes, par ici.’ Léonard, Kerrien (2000:6)


 Hewitt (2002:30):
 Les formes impersonnelles en -er et -ed, typiques des langues celtiques, constituent une septième forme dans les paradigmes de conjugaison. Elles réfèrent à un être humain potentiel dont l'identité n'est pas spécifiable, ou dont le locuteur ne veut pas spécifier l'identité. Le sens est donc très proche du français on. 


distribution du pronom vide impersonnel

sujet de verbes fléchis

Le pronom vide impersonnel existe dans les paradigmes verbaux à tous les temps et tous les modes sauf au mode impératif (Kervella 1947:§190).

Les paradigmes complets se trouvent dans les dialectes du Nord: se reporter pour le trégorrois à Leclerc (1986:68,4°), pour le Goélo à Koadig (2010:30). Pour Saint-Pol-de-Léon à Sommerfelt (1902:170).

ne rèar ket, 'On ne fait pas'
ne rèor ket, 'On ne fera pas' Saint-Pol-de-Léon, Sommerfelt (1921:170)


Les verbes à la forme impersonnelle peuvent être aussi bien transitifs, inergatifs ou inaccusatifs. Le seul verbe qui n'aie pas la possibilité d'apparaître avec la marque de l'impersonnel est le verbe kaout, 'avoir' (Leclerc 1986:75).

Ernault (1888:202) relève une forme en ameur en moyen breton, cependant l'exemple est isolé et étrange, car la marque impersonnelle apparaîtrait deux fois. Ernault met cette donnée en rapport avec une forme en ameur cruciffiet, "archaïsme" pour le moyen breton, dont il ne donne pas de source précise.

'C'est moi qui ai été crucifié...


variations dialectales

L'impersonnel -r est globalement connu dans la plupart des dialectes, vannetais (Guillevic & Le Goff 1986:47) comme KLT.


(1) N'heller ket dastum rac'h parlant un den ha nebeutoc'h c'hoazh ur boblañsad tud.
ne peut.IMP pas rassembler tout parlé un homme et moins.plus encore un population gens
'On ne peut pas collecter tout le parlé de quelqu'un, et encore moins celui d'une population.'
Vannetais (Kistinid), Nicolas (2005:7)


Cependant, certaines variétés de breton n'utilisent jamais le pronom vide impersonnel. En vannetais, Guillevic & Le Goff (1902:47) donnent un paradigme entier mais le signale comme archaïsant. Crahe (2013:223) ne signale que la forme larer encore présente dans les chansons. En Haute-cornouaille intérieure, on en trouve encore dans Martin (1929), mais Naoned (1952) y note que les formes impersonnelles sont inexistantes.


(1) Ne gaver klao ebet warnan.
ne1 trouve.IMP point.faible aucun sur.lui
'On n'a pas prise sur lui.' Haute-cornouaille intérieure, Martin (1929:180)


Plourin (1982:664) signale ainsi qu'à Langonnet, la conjugaison impersonnelle est inconnue.


 Humphreys (1990:142)
 "in Le Vieux-Marché in the northeast their active presence is dependably reported for a speaker born as late as 1956, while in the northwest they occur for prepositions as well as for verbs. In contrast, ALBB (353-355) noted no such forms in a continuous area the shape of an inverted Y fringeing the Median Zone to the southeast and the central part of the Breton-French divide. In the remaining half of Breton territory, various transitional stages may be found with the -r forms resisting most strongly: in Plougrescant, which has a full paradigm - albeit with syncretism of the present habitual and future /-er/ - the conditionals now end in /fɔr/, /ʒɔr/, leaving /-d/ only in the past habitual /-εd/; in the northwest central Breton of Berrien only the present habitual and future are found, in the island of Groix, only the present. Lexical restriction is the final stage in the process of obsolescence."
 

A Berrien, Ploneis (1983:165) signale une restrition des formes en -r au temps présent, comme semble être le cas à Plozévet (Goyat 2012). Selon Wmffre (1998:36), l'impersonnel est restreint dans le paradigme verbal du breton central aux formes monosyllabiques du temps habituatif de certains verbes, comme 'être' ou l'auxiliaire 'faire'.


(2) [ pe vɛɤ l̥abuˑɤǝ ] / [ pe ɤɛɤ laˑbǝɤ ] Breton central
pa vezer o labourat pa reer labour Standard
quand est.IMP à travailler quand fait.IMP travail
'Quand on travaille. / Quand on fait du travail.'
Breton central, Wmffre (1998:36)


Les cartes de l'ALBB qui concernent des impersonnels montrent une tendance à user de stratégies alternatives (surtout le passif) dans une aire Est/Sud-Est. Une même aire géographique peut avoir l'impersonnel au présent mais pas au futur, ou sur un verbe mais pas sur les autres.

 traduction de on est en train, carte 076 et on était en train, carte 077
 traduction de on sera, carte 078 
 traduction de si on était (potentiel), carte 079 
 traduction de on ne sait pas, carte 250 et on ne saura pas, carte 251
 traduction de on fait, carte 269; et de on fera, carte 270 
 traduction de quand on chante, carte 353; ~ on chantait, carte 354; ~ on chantera, carte 355 

Les variations dans les réponses aux traductions sur ces deux phrases pourraient aussi être dues aussi à une intonation ou une structure informationnelle différente dans la phrase donnée en français, car l'impersonnel y est très sensible.

analyse

Selon Even (1978:104), la marque -er est la marque du passif dès le vieux breton. Selon Guillevic & Le Goff (1986:47), il s'agit toujours en breton moderne d'un pronom personnel spécifique à la voix passive.

 Anciennement, la langue bretonne avait des formes personnelles spéciales pour le passif. De ces formes il ne reste que celle de la troisième personne du singulier de chaque temps, la forme impersonnelle passive. On l'emploie pour rendre l'idée du pronom français on.


Cependant, au contraire des passifs, les verbes à la forme impersonnelle peuvent être aussi bien transitifs, inergatifs ou inaccusatifs (Belvins 2003).

horizons comparatifs

Les langues celtiques ont toutes des stratégies impersonnelles qui diffèrent du passif:


(1) Táthar cairdiúil anseo.
est.IMP accueillant ici
'Les gens sont accueillants ici.', 'On est accueillant ici.'
Irlandais, Noonan (1994:288)


(2) Cuirfear amárach í i reilg Chill Bhriocáin th'éis Aifreann a haon a chlog.
enterrera.FUT.AUT.IMP demain 3SGF dans cimetière Cill Bhriocáin après messe une heure
'Elle sera enterrée demain dans le cimetière de Cill Bhriocáin après la messe.'
irlandais moderne, 'The Graveyard Corpus', Bennet, Dowd, Elfner, McCloskey (2010)


Les pronoms impersonnel sujets ne sont pas propres aux langues celtiques. Une forme de l'impersonnel dans les paradigmes verbaux existe en estonien et en finnois (Belvins 2003).


(1) (a) Poisid kaklesid õues. / (b) Õues kakeldi.
garçons battaient.3PL dehors / dehors battit.IMP
'Les garçons se battaient dehors./ Des gens se battaient dehors'
Estonian, Erelt et al. (1995:73), cité dans Belvins (2003)


(2) (a) Talo tuhottin. / (b) Suomessa ollaan niin totisia.
maison.NOM détruit.IMP / Finlande.INEssif être.IMP.PRES si sérieux.NOM.PL
'La maison a été détruite (par qq)./ En Finlande, les gens sont si sérieux.'
Finnois, Shore (1988:159), cité dans Belvins (2003)


Belvins (2003) montre qu'en estonien comme en finnois ci-dessus, il ne s'agit pas non plus de passifs (les verbes n'ont pas de restriction sur leur structure argumentale, le pronom sujet est obligatoirement humain et peut lier un réfléchi, et aucun complément d'agent ne peut être ajouté).


pronom objet des prépositions

La marque pronominale impersonnelle en breton n'est pas restreinte aux paradigmes verbaux (contra Ledunois 2002:136). Une marque -er ou -or peut apparaître incorporée comme pronom objet d'une préposition:


(3) dirazer, /devant.IMP/, 'devant soi' (Trépos 1980:§343,224)

warner, /sur.IMP/, 'sur soi' (Trépos 1980:§343)

(4) ahanor, /de.IMP/, 'de soi'

deor (an-unan), /de.IMP réfléchi/, 'à soi(-même)'
evidor, /pour.IMP/, 'pour soi'
diragor, dirazer, /devant.IMP/, 'devant soi' (Favereau (1997:§767)

(5) warnor, /sur.IMP/, 'sur soi'

emezor, /dit.IMP/, 'dit-on' (Ledunois 2002:190)


Ce pronom impersonnel incorporé dans les prépositions est indépendant du temps de la phrase, il n’a pas de correspondances dans les autres temps, contrairement à la marque de l’impersonnel –er dans les paradigmes verbaux.


variation dialectale

Les occurrences de formes impersonnelles dans les paradigmes pronominaux incorporés aux prépositions sont plus rares que dans les paradigmes verbaux. On en trouve en Léon et en Cornouaille de l'Ouest jusqu'en pays bigouden.

Selon Favereau (1997:§767), l'impersonnel:

 "...peut s'utiliser après une préposition, selon certains écrivains (tels Yeun ar Gow) ou grammairiens (Trépos, Falc'hun, Favé), qui relèvent son emploi en Léon (V. Favé -or) comme en Cornouaille centrale ou méridionale (-er PT 198)."
 [la référence PT est à un ouvrage de Trépos que Favereau (1997:14) dit avoir été publié en 1962 et 1994, ouvrage qui n'existe à aucune de ces dates en bibliographie]. 

Favereau (1997:§767) identifie la marque -er avec la Cornouaille centre et Sud. Selon Trépos (1980:§343), la terminaison -or de l'impersonnel est une variante léonarde. Ces formes sont souvent dites archaïques, mais Rezac & Jouitteau (2012) relèvent des formes -or relativement productives en léonard actuel à Lesneven. Rezac & Jouitteau (2012) notent un croisement morphologique des formes /-or/ (marque impersonnelle léonarde) et /-oX/ (marque 2PL -oc'h, qui a indépendamment une lecture impersonnelle). Ils documentent un cas de locuteur produisant productivement le premier, compris par l'interlocuteur comme produisant le second.


pronom sujet des infinitives (PRO)

Le pronom impersonnel vide est repérable dans les infinitives (7). C'est un pronom de choix arbitraire comme il en existe l'équivalent en français.


(7)a. Hennez a zo eur gramenn loustoni e-touez e vleo war e vruched da PRO raskañ gant ar forh.
celui.là R y.a un couche crasse parmi son chevelure sur son poitrine à IMP racler avec le fourche
‘Il y a parmi les poils sur sa poitrine une couche de crasse à [PRO] racler à la fourche.’ Trégorrois, Gros


(7)b. Ar pehed a lez [ PRO hen ober ].
le péché R laisse IMP 3SG faire
'Le péché se laisse faire.' Trégorrois, Gros (1984:207)
('le péché laisse quelqu'un.e le faire')


anaphores de l'impersonnel en an-unan

Les formes anaphoriques liées par un pronom vide impersonnel prennent la forme an unan, avec un article défini qui apparaît en lieu et place des déterminants possessifs qui forment autrement ce paradigme avec des antétédents personnels (Me ma-unan, Alban e-unan...).

accord verbal -r

Lorsque l'antécédent est un impersonnel réalisé par l'accord verbal, le composé commence par un article défini.


(1) Amañ ez eer an-unan.
ici R4 va.IMP le-un
'Ici on marche seul (l'enfant d'ici marche seul).', Trégorrois, Gros (1984:186)


Favereau (1993:§'soi') donne pa vezer an-hunan, 'quand on est soi-même'.


objet des prépositions

(2) Goulenn a reer ouzor an-unan ha n'eo ket an anv-ze eun distresadur [...]
demander R fait.IMP à.IMP le-un si ne est pas le nom- un transformation
‘On se demande si ce nom n'est pas une transformation.’ Léonard (Cléder), Seite (1998:88)


Ar Gow (1963), à Pleyben, en cite quelques exemples:

  • Kaoud kasoni ouzor an-eun.
'Avoir de la haine pour soi-même.'
  • Kemeroud preder ganeor an-eun.
'Avoir souci de soi-même.', Pleyben, Ar Gow (1963)


Ce pronom impersonel incorporé dans les prépositions est loin d'être disponible dans tous les dialectes, et même en Léon.


(1) A-wechoù, ar pezh a gaser (ganeomp/* gantor) a gaver barzh ar magajinoù.
parfois le que R1 envoie.IMP avec.nous / avec.IMP R1 trouve dans le magasins
'Des fois ce qu'on apporte avec soi, on le trouve dans les magasins.'
Lesneven/Kerlouan, A. M. (04/2016b)

PRO arbitraire

En (3), le sujet de la phrase est une proposition infinitive dont le sujet n'est pas prononcé et est interprété comme arbitraire. Ce pronom silencieux (PRO) réfère à la personne qui fait l'action elle-même. Ce pronom PRO de lecture arbitraire est l'antécédent de la forme an-unan.


(3) Gwelloh eo __ ober ar homisionou an-unan.
mieux est [ PROARB faire le5 commissions le-un ]
'Il vaut mieux faire les commissions soi-même.', Trégorrois, Gros (1984:187)


En (4), on a aussi une forme an-unan liée par le sujet de l'infinitive. On voit que la chaîne de coréférence comprend le réfléchi en em.


(4) Lod a zifenne en em lakâd an-unan da varner.
certains R défendait PRO1 se mettre le-un1 à juge
'Certains défendaient de se mettre soi-même juge.'
Cornouaille, 1893, (IAI.:122), cité par Hemon (2000:§58)


Ces formes sont souvent les formes de citation dans les grammaires ou dictionnaires, qui surutilisent les pronom vides arbittraires. Favereau (1993:§'soi') donne chom an-hunan, 'rester soi-même'.


variation dialectale

An-(h)unan est une forme assez rare et peu documentée, ce qui reflète une variation dialectale dans son utilisation. La forme liée an-(h)unan n'est pas connue partout. De Rostrenen (1738:64) consacre un chapitre à la traduction du pronom français 'soi', mais ne donne aucune forme en an-unan.

Le liage par un impersonnel sujet ne déclenche pas dans tous les dialectes la forme an de l'article. Trépos semble utiliser le possessif e, 3SGM.


(6) Emeer1 o sevel e1 di.
est.IMP à monter son maison
'On est en train de bâtir sa maison.' Trépos (1980:§343)


Selon Kervella (1995:§431), c'est la marque 3SGM ou 2PL qui est choisie pour co-référer avec un impersonnel, même s'il signale la forme an unan (Kervella 1995:§436). Les Léonards Fave et Seite en ont quelques exemples.

Ar Gow (1963) en cite plusieurs à Pleyben, en modification d'un pronom impersonnel incorporé dans une préposition.

  • Ar skiant-prenet eo ar pez a zesker dreizor an-eun.
'L'expérience est ce qu'on apprend par soi-même.'
  • Eur gwall-skouer a laka sonjou fall da sevel ennor an-eun.
'Un mauvais exemple soulève de mauvaises pensées en vous.'


usages logophoriques (sans antécédent)

Favereau (1993:§'soi') cite karantez an-(h)unan, pour traduction du français 'amour de soi-même'.

sémantique

Ledunois (2002:195) considère que l'impersonnel "n'a pas de référent". C'est faux: un référent sujet est clairement sémantiquement calculé. Il peut même lier des pronoms anaphoriques. Il est certes délicat mais possible d'établir des tests syntaxiques qui permettent d'étudier les différentes lectures de cet impersonnel.


lecture incluant le locuteur

La lecture de l'impersonnel glisse parfois vers la première personne. En (1), l'impersonnel co-réfère avec le pronom antécédent 1PL.


(1) Ar pezh a zo dimpz, honz lod eus madoù ar bobl, n'hellerz ket asantiñ koll anezhañ.
le ce.que R est à.nous notre part de biens le peuple ne peut.IMP pas consentir perdre P.lui.
'Ce qui nous appartient, notre part des biens du peuple, on ne peut pas consentir à le perdre.'
Trégorrois (Kaouenneg)/Standard, ar Barzhig (1976:72)


lecture excluant le locuteur

Cependant, la première personne peut être entièrement exclue de la lecture de l'impersonnel, par exemple par le contexte.


(2) Selaou, selaou krenn, En tu all emer o lazhañ c'hwenn.
écoute, écoute complètement dans.le côté autre est.IMP à tuer puces
'Écoute, écoute bien, à côté on tue des puces.' Riec, comptine, Bouzeg (1986:I)


lecture incluant l'interlocuteur

On trouve des contextes où la lecture est celle où l'impersonnel co-réfère avec l'interlocuteur.

 Gros (1984:159):
 "Te, 'tu' et c'hwi, 'vous', sont quelquefois remplacés par l'impersonnel dans une intention de courtoisie à l'égard de l'interlocuteur. Cette forme le met moins directement en cause, en donnant à l'énoncé une portée plus générale, donc moins agressive. On l'emploie surtout dans les salutations."


(3) Poaniañ a reer ! Hastañ a reer!
peiner R fait.IMP dépêcher R fait.IMP
'Comme on peine (vous peinez).' , 'On se dépêche (vous vous dépêchez)!'
Trégorrois, Gros (1984:159)


(4) E vannika eur bet?
à4 verre.DIM.er on.est été
'On est allé picoler?' Sein, Fagon & Riou (2015:'bannika')


(5) Penôs 'deur gati, saet eur?
comment est.IMP avec.elle levé est.IMP
'Comment ça va, vous êtes levés?' Sein, Kersulec (2016:28)

temps épisodique

Les formes en -r apparaissent dans des contextes génériques, mais aussi épisodiques, comme en (5).


Contexte: Vous êtes dans le jardin. Vous sentez l'odeur d'un barbecue. Vous dites à votre ami:

(5) Oc'h ober barbecue emeur e-kichen.
à faire barbecue est.IMP à-côté
'On fait un barbecue à côté.' Plougerneau, M-L. B. (04/2016)


structure informationnelle

Le pronom sujet impersonnel que réalise la forme en -er (ou l'accord avec lui) ne peut pas être focalisé. Le verbe lexical sur lequel il apparaît, lui, peut porter un focus contrastif.


(1) Amañ 'raer bara, ha ne brener ket.
ici (R) fait pain et ne1 achète pas
Ici on fait, on fabrique du pain, on ne l'achète pas.' Favereau (1997:§471)


contraste avec le passif

Favereau considère que la possibilité de focaliser un verbe portant une forme en -er de l'impersonnel dessine un contraste avec le mode passif qui est avec lui en concurrence d'usage.


 Favereau (1997:§471):
 "Le passif tend à se généraliser bien souvent aux dépens de la non-personne [forme en -r'] (pour exprimer on, l'on), même s'il faut bien noter qu'une nuance subsiste entre les deux formes: 
 Amañ 'vez graet bara (e-leizh, atav, peur(a)liesañ etc.)
 'Ici on fait du pain (en règle générale).'
 Amañ 'raer bara (hag e raer, oberiñ a raer - W -, ha ne brener ket)
 'Ici on fait, on fabrique du pain (on ne l'achète pas).'

Terminologie

Kervella (1947:§210) utilise en breton le terme stumm dic'hour.

L'impersonnel an nen

an den ou an nen, grammaticalisation du syntagme défini 'l'homme', oscille suivant les dialectes entre un pronom fort indépendant et un syntagme nominal.

Il n'est pas restreint au rôle de sujet. Le Dû (2012:101) en signale en position d'objet. On le trouve aussi en position d'argument indirect, ou en état construit.


(1) Red e vez d 'an den ober e zispign diouz e hounedigez.
obligé R est à IMP faire son dépense selon son1 gain
'Il faut régler sa dépense sur son gain'.' Trégorrois, Gros (1984:528)


(2) An trichin n'int ket un ampoezenn evit yec'hed an den.
le oseille ne'sont pas un poison pour santé IMP
'L'oseille n'est pas un poison (pour les humains).' Locronan, A-M. Louboutin (09/2015a)


morphologie

variation morphologique dialectale

A travers les dialectes, les formes varient entre an den, (a)n nen, n'in, un den et den.

Avezard-Roger (2004a:289) relève le pronom fort indépendant impersonnel en trois points en KLT, La Forêt Fouesnant, Saint-Pol-de-Léon et Duault. La grammaticalisation de an den en pronom impersonnel est autrement plutôt exogène en Léon, où les formes de conjugaison impersonnelles en -er ont assez bien résisté. On voit une forme grammaticalisée an nen sur toute l'aire centrale.


(1) location forme API orthographié: source
Saint-Pol-de-Léon [ nan ] Avezard-Roger (2004a:289)
Sein an den Fagon & Riou (2015:'bara')
Trégorrois an den, eun den Gros (1970b:§'estren'), Gros (1996:112)
Trégorrois, Bégard, Tréguier [ən ’nèn] an nén, an nen Georgelin 2016:'ar verboù gant ober'), Merser (2011:127), Leclerc (1986:146)
Duault [ nən, nan ] Avezard-Roger (2004a:289)
Bothoa [ ə n'i:n ] Humphreys (1995:335)
Pélem 'n nin Favereau (1997:§316)
Poher 'n nen Favereau 1997:§316)
Berrien an nen Ploneis (1983:165), Lozac'h (2012-:'den')
Saint Yvi nenn German (2007:174)
La Forêt Fouesnant [ nə, ne, nen ] Avezard-Roger (2004a:289)
Scaër/Bannalec nen, anin, 'n din H. Gaudart (04/2016), H. Gaudart (04/2016b)
Riec an nen Mona Bouzeg c.p. (01/2009)
Lanvénégen an den Evenou (1989:54)
Inguiniel [ ɔ̃n dɛ̃ːn ] Cheveau & Kersulec (2012-évolutif:Inguiniel,'amzer')
Lanester an den Herrieu (1974)
Plaudren den Quéré (2011)
Vannetais XVIII° an dèn De Rostrenen (1738:64)


Selon Merser (2011:127), la forme an nén est employée en Trégor. C'est effectivement la forme rapportée à Bégard (an nen, [ən ’nèn], Georgelin 2016:'ar verboù gant ober').


(1) A-wejo e c'hoarz an nen.
parfois R rit IMP
'On rit quelquefois.' Tréguier, Leclerc (1986:146)


Humphreys (1995:335) signale la forme n'in en breton de Bothoa.

 [ ə n'i:n ] on, quelqu'un
 
 wè:ra kə n'i:n        / sait.3SG pas n'i:n /           'on ne sait pas.'     
 pé vè scɥ'i:z ə n'i:n / quand est fatigué ə n'i:n / 'quand on est fatigué'
 
 Ce mot provient du mot /d'i:n/ 'personne, homme', dont il se distingue par la nasalisation de l'initiale. A Scaër/Bannalec, on trouve la même distinction.


(1) Ne oar ket anin / Ne oar ket an din.
ne sait pas on / ne sait pas le homme
'On ne sait pas.' / 'L'homme ne sait pas.' Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


Favereau (1997:§316) rapporte aussi cette forme nasalisée dans l'Est de la Cornouaille. C'est la forme reportée à Riec par Bouzeg, et à Saint Yvi par German (2007:174).


(1) Ne oar ket 'n nen. Poher
'oera ke' 'n nin. Pélem
ne sait.3SG pas IMP
'On ne sait pas.', Favereau (1997:§316)


Cette forme est aussi rapportée à Berrien dans Lozac'h (2012-).


(3) Cherr labourad ra an nen traou-all.
en travailler fait IMP choses-autre
'Tout en travaillant on fait autre chose.', Haute-Cornouaille (Berrien) Lozac'h (2012-:§'cherr/serr')


Gros, en trégorrois, utilise la forme eun den, homophone du syntagme indéfini 'un homme'.


(3) Ar re-ze a zoñj ganto n'e-nevez sort eun den d'ober.
le ceux-ci R pense avec.eux ne'R a.HAB rien IMP à faire
'Ceux-ci se figurent qu'on n'a rien à faire.' Trégorrois, Gros (1984:331)


(4) Pa adtaol eun den da gousket e chom diwezad.
quand re.commence un homme à1 dormir R reste tard
'Quand on recommence à dormir (après être resté longtemps réveillé),
on reste tard au lit.', Trégorrois, Gros (1970b:§'adteurel')


A Inguiniel, on trouve aussi une forme en un den. Jouitteau (2015) relève de multiples utilisations de an den dans le vannetais de Herrieu (1974).


(1) [a bɛ̃ ɔ̃n dɛ̃ːn pǝ nǝze ãmzǝɾ]
A beñ, un den a yae p’en deze amzer.
IMP R allait quand 3SGM avait temps
'Ah ben, on y allait quand il [y] avait le temps.'
(façon de dire 'J’y allais quand j’avais le temps.'), Inguiniel, Cheveau & Kersulec (2012-évolutif:Moëlan,'amzer')


On trouve à Plaudren la forme nue den.


(x) Pa den a sell adrest er "haie" den a uel asset e bark a zo sale.
quand IMP R regarde au.dessus le haie IMP R voit Adv. son parc R est sale
'Quand on regarde par dessus la haie, on voit bien que son champ est sale.'
Vannetais (Plaudren), Quéré (2010)


A Berrien, Ploneis (1983:165) signale la forme an nen comme seule alternative aux formes verbales en -r à l'imparfait. A Scaër, H. Gaudart qui refuse consistamment les formes en er, utilise massivement le passif, mais aussi la forme nen.


(1) Faotfe ket da nen lar gaou d'e vamm!
faudrait pas à'le homme dire mensonge à'son1 mère
'On ne devrait jamais mentir à sa maman!' Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016)


Les formes en an den s'installent facilement dans les structures génitives dans les dialectes (la plupart) qui n'y ont pas de contrepartie avec les formes en an unan.


(2) ... amann yen a ra vat da galon an den.
beurre froid R fait 1bon à1bon coeur IMP
'... le beurre froid fait du bien au coeur de l'homme.' Sein, Fagon & Riou (2015:'bara')

pas de forme écho ou de focus

L'impersonnel type an nen n'a pas de forme écho, ce qui est compatible avec sa restriction aux structures informationnelles non-saillantes.


un pronom singulier ou pluriel

Le pronom an den peut référer à un ensemble maximal d'humains, mais c'est un pronom grammaticalement singulier (an den *o daou), comme on a en allemand jemand *drei, Hofherr c.p.).

Le pronom anin est par ailleurs incompatible avec des réciproques comme 'l'un l'autre', 'les uns les autres'.


(1) Anmañ n'em gar { an dud / * anin } an eil egile.
ici se1 aime le gens / * IMP le second autre
'Ici on s'aime les uns les autres.' Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


(2) Anmañ, n'em salud { an dud / * anin } an eil ar-lerc'h egile.
ici se1 salue le gens / * IMP le second après autre
'Ici on se salue les uns après les autres.' Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


Cependant, à Bégard, on trouve une occurrence de l'impersonnel an nen avec une interprétation manifestement plurielle.


(3) Met arri a rae an nen da en em gompren bopred, gwel a rez, evel se quoi.
mais arriver R1 faisait IMP à1 se1 comprendre toujours voir R1 fais comme ça quoi
'Mais on arrivait à se comprendre toujours, tu vois, comme ça quoi.' Bégard, Georgelin (2016:'displegañ ar verboù gant ober')


distribution syntaxique

Quand an den est un indéfini, et non pas le syntagme nominal an den (le homme, 'l'homme'), on le voit nettement car leurs distributions diffèrent.


distribution de l'indéfini

Dans l'exemple ci-dessous, l'impersonnel sujet de la petite proposition [IMP malade] est juste après le verbe tensé.


(1)a. Ben 'vez an nen klañv, ne vez ket gwelet ken.
quand R est IMP malade ne est pas vu plus
-- b.
*Ben 'vez klañv an nen, ne vez ket gwelet ken.
quand R est malade IMP ne est pas vu plus
‘Quand quelqu'un est malade, on ne le voit plus (en société).’
Mona Bouzeg, Haut-cornouaillais, (Riec), Bouzeg c.p. (01/2009)


C'est le même ordre [IMP prédicat] qu'on observe en (2).


(2) Gav ket nen aes boût dikriet.
1trouve pas IMP facile être critiqué
'On n'aime pas être critiqué.' Haut-cornouaillais (Riec), Bouzeg (1986:30)


C'est justement la distribution des autres pronoms pour cette locutrice (cf.3), en contraste avec les syntagmes nominaux qui doivent être placés obligatoirement après l'adjectif prédicatif (4).


(3) Ben 'vez eoñ klañv, ne vez ket gwelet ken.
quand R est 3SGM malade ne est pas vu plus
‘Quand il est malade, on ne le voit plus (en société).’
Mona Bouzeg, Haut-cornouaillais, (Riec), c.p. (01/2009)


(4)a. * Ben 'vez (pep den / pep medisin / an dud / ma bugale) klañv, e vezomp trapet fall!
quand R est (chaque homme /chaque médecin /le gens /mon enfants) malade, R sommes attrapés mauvaisement
-- b.
Ben 'vez klañv (pep den / pep medisin / an dud / ma bugale), e vezomp trapet fall!
quand R est malade (chaque homme /chaque médecin /le gens /mon enfants), R sommes attrapés mauvaisement
‘Quand (chaque homme /chaque médecin /les gens /mes enfants) sont/est malade, on est salement attrapés!’
Mona Bouzeg, Haut-cornouaillais, (Riec), c.p. (01/2009)


reprise anaphorique 3SGM

An den peut être repris anaphoriquement par un pronom 3SG masculin. L'adage en (4) peut cependant référer à tout humain, femmes comprises.


(4) Güell eo gad an dèn lavaret droucg a nezâ e-unan, egued ne eo tevel a grenn var e-unan. Graphie originale
Gwell eo gant an den lavaret drouk anezh e-unan, eget n'eo tevel a grenn war e-unan.
mieux est à IMP dire méchant P lui son-un que ne est taire complètement sur son-un
'On aime mieux dire du mal de soi que de n'en point parler.'
De Rostrenen (1738:64)


En (5), l'impersonnel an den est repris anaphoriquement par le pronom e 3SGM (on s'attendrait par ailleurs à la forme o-unan dans le réfléchi).


(5) Gwelloh eo an estren ouz an den evid e dud e-unan.
mieux est le étranger à IMP que son parents son-un
'Les étrangers sont plus généreux à votre égard que vos propres parents.' Trégorrois, Gros (1970b:§'estren')


pas de reprise par lui-même

A travers les langues, un impersonnel doit pouvoir être repris par lui-même (Quand on aime, on ne compte pas). Je n'ai pas trouvé en corpus d'exemples de reprise anaphorique de an den par lui-même.


(1) Como hombre es mujer y vieja, hacen burla de hombre.

'Quand on est une vieille femme, les gens se moquent de vous.', Espagnol du XVI° siècle, [Refranes 174], Pozas Loyo (2010)


absent des "anaphores donkey"

La traduction de la phrase en "anaphore donkey" est refusée avec le pronom anin, au profit d'un passif.


(1) Benn 'vez prenet un azen e vez dav gober war e dro, mallestoupen!
quand (R) est acheté un âne R4 est obligé faire sur son1 tour sacrebleu
'Quand on achète un âne on s'en occupe, sacrebleu!'
Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


(2) * Benn 'pren anin un azen ...
quand (R) achète IMP un âne
'Quand on achète un âne ...on s'en occupe!'
Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


reprise par un sujet vide ou pronom faible

A travers les langues, un pronom impersonnel de type on ne peuvent pas co-référer avec un sujet vide ou un pronom faible (Quand on x vieillit, on x faiblit, mais pas *Quand on x vieillit il x faiblit).

En (5), an den et le sujet vide de fallaat co-réfèrent, ce qui est le signe qu'il ne s'agit pas, ici, d'un impersonnel. L'hypothèse qu'en (5), an den co-réfère avec un pronom vide impersonnel doit être écartée car il n'existe pas indépendamment de sujet vide impersonnel en breton. En (5), il ne s'agit donc pas d'un pronom impersonnel, mais d'un groupe nominal défini avec une lecture d'espèce (l'Homme) sous lecture générique, traduit par Gros par un impersonnel en français.


(5) Pa goz an den eo fallad an hini a ra.
quand vieillit le homme est empirer le celui R fait
'Quand on vieillit, c'est faiblir qu'on fait (et non pas prendre des forces).'
Trégorrois, Gros (1989:'fallaad')


fonctions syntaxiques diverses

A travers les langues, la grammaticalisation de l'équivalent de 'homme' est prototypiquement en fonction sujet. Or, en breton, l'impersonnel an nen n'est pas restreint à la fonction sujet.


sujet

(1) Laret 'rafe an nen 'neus ket gouzanvet anezhan.
dire R1 ferait IMP (ne) a pas souffert P.lui
‘On dirait qu'il n'a pas souffert.’ Comes (1981:27)


(2) Ga labourad erru an nen.
avec travailler arrive IMP
'On réussit par le travail.' Haut-cornouaillais (Berrien), Lozac'h (2012-:'den')


En (3), le sujet est un objet dérivé dans une structure passive.


(3)a. Ba'n amzer oan yaouank vi ket kas 'nenn kalz d'ar skol.
dans le temps étais jeune était pas envoyé IMP beaucoup à le école
'Du temps de ma jeunesse, on n'était pas souvent envoyé à l'école.'
Breton de Saint Yvi, German (2007:174)


(3)b. Amañ e vez bouzaret an den gand ar mekanikou.
ici R est sourd.i IMP avec le machines
'Ici, on est assourdi par les machines.' Trégorrois, Gros (1984:394)


objet

L'interprétation impersonnelle n'est pas toujours disponible. En (2), on n'a pas affaire au pronom impersonnel, mais à un syntagme nominal défini classique, 'l'homme', qui doit référer à une entité mâle animée.


(2) Ar re a blij dezho al lennegezh voemus a anavez an den dre oberenn Jean Ray.
le ceux R plait à.eux le littérature fantastique R connait le homme par œuvre Jean Ray
‘Ceux qui aiment la littérature fantastique connaissent l'homme par l'œuvre de Jean Ray.’
*‘Ceux qui aiment la littérature fantastique connaissent (quelqu'un/ n'importe qui) par l'œuvre de Jean Ray.’
Jean-Baptiste Baronian, introduction Comes (1981:5)


objet indirect

(5) Ne vefent ket pell o sachañ brud fall d'an nen.
ne seraient pas long à (at)tirer réputation mauvaise à IMP
'Ils ne seraient pas longs à tisser de mauvaises réputations.', Standard, Ar Barzhig (1976:33)


expérienceur

(6) Stard eo d' an nen .
dur est à IMP
'C'est dur pour soi.' Favereau (1997:§316)


(7) Ne blij ket d' an nen .
ne plait pas à IMP
'Ça ne plait pas (en général).' Favereau (1997:§316)


possesseur

L'impersonnel peut être le possesseur dans un état construit. Dans ce dialecte, il n'est donc pas réanalysé comme un pronom, car l'état construit n'est pas disponible pour les pronoms (*izili int)


(8) Skornañ a ra izili eun den, hag e ra!.
geler R fait membres IMP et R fait
'Vos membres gèlent, et ils le font (réellement).' Trégorrois, Gros (1984:64)


(9) Poa'hañ 'ra beg 'n nen.
cuire R fait bouche IMP
'Ça vous brûle la gueule.', Poher, Favereau 1997:§316)


structure informationnelle

restriction à l'arrière-plan et ordre des mots

L'impersonnel est principalement en arrière-plan dans la structure informationnelle. En (1), l'objet est à l'initiale car le sujet impersonnel lui laisse la place de saillance informationnelle.


(1) Aon en doa bet an den.
peur 3SGM avait eu IMP
'On avait eu peur.' Lanvénégen, Evenou (1989:54)


La place prétensée est donc défavorable au pronom an nen, comme en (2), phrase jugée inconfortable, dans un contexte où Sherlock Holmes découvre une assiette de coquillages:


(2) # 'N din neus bet debet boued mor.
IMP a été mangé nourriture mer
'On a mangé des fruits de mer ici.' Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


sémantique

usages déplacés

Gros note que l'impersonnel peut servir à référer au locuteur.


(1) Amañ ez arru an avel ken e fell dezañ diskar eun den. (pour: ac'hanon)
ici R arrive le vent tellement R plait à.lui détruire un homme
'Le vent arrive ici tellement qu'il manque de faire tomber un homme (c'est-à-dire moi).'
Trégorrois, Gros (1996:112)


On trouve aussi des usages d'adresse indirecte.


(2) Faotfe ket da nen lar gaou d'e vamm! (mère parlant devant son fils pour lui reprocher un mensonge)
faudrait pas à'le homme dire mensonge à'son1 mère
'On ne devrait jamais mentir à sa maman!'
Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016)


contextes épisodiques

L'impersonnel anin est reçu inégalement dans les contextes épisodiques.


CONTEXTE: 'La mobilisation générale est déclarée.'

(1) Chiou 'zo bet galvet { an dud / an nin } c'hwec'h gwech gant 'n arme.
aujourd'hui est été appelé le gens / IMP six fois avec le armée
'Aujourd'hui, on a été appelé six fois par l'armée.'
Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


CONTEXTE Sherlock Holmes, découvrant des coquillages dans une assiette:

(2) Boued mor 'zo bet debet gant anin.
nourriture mer est été mangé avec IMP
'On a mangé des fruits de mer ici.' Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


CONTEXTE: "Je ne veux pas dire qui (pour ne pas faire d'histoires), mais..."

(3) laret 'zo bet din (#gantoñ, * gant anin) ar lerc'h ar sinatur ne oa ket bet plijet al levr (#doñ, * d'anin).
dit est été à.moi avec.lui avec IMP après le dédicace ne était pas été plu le livre à.lui, à IMP
'On m'a dit après la dédicace qu'on n'avait pas apprécié le livre.'
Scaër/Bannalec, H. Gaudart (04/2016b)


horizons comparatifs

On a vu plus haut des exemples où l'impersonnel, même repris anaphoriquement par un pronom masculin, pouvait référer à des femmes. C'est le cas dans toutes les grammaticalisations du syntagme l'homme, homme à travers les langue, comme avec l'impersonnel hombre en espagnol du XVII°.


(1) Come hombre está preñada, no se puede abajar.

'Quand on est enceinte, on ne peut pas se pencher.', Espagnol du XVI° siècle, [Refranes 174], Pozas Loyo (2010)

L'impersonnel an den semble partager quelques points avec le nouveau pronom impersonnel man qui émerge en anglais urbain moderne (Cheshire 2013): pas de restriction à la position sujet ou usages déplacés pour la référence au locuteur.

No robbing man’s journal man
before I got arrested man paid for my own ticket to go Jamaica you know., Cheshire (2013)


Unan

Unan peut être utilisé comme un impersonnel dans une structure passive ou active. Cet usage rappelle l'usage de one en anglais.


(1) Skoet e vez unan, e gwirionez, pa bign gand hent praz Douarnenez da Gastellin.
frappé R est un en vérité quand grimpe avec chemin grand Douarnenez à Chateaulin
'On/quiconque est frappé, en vérité, en montant la grand-route qui va de Douarnenez à Chateaulin.'
Léonard (Cléder), Seite (1998:38)


(2) Laret 'rafe unan eman ar gaouenn o kaozeal dezhi.
dire R ferait un est le chouette à parler à.elle
‘On dirait que la chouette lui parle.’ Comes (1981:25)


  • Sebezet e chom eun o klevoud ar bugel-se o komz.
'On demeure stupéfait d'entendre cet enfant parler.', Pleyben, Ar Gow (1963)


Dans Goyat (2012), unan est le seul exemple d'impersonnel.


(5) /war ked 'ɛ :n/
(Ne) oar ket unan.
(ne) sait pas un
'On ne sait pas.', Plozévet, Goyat (2012:242)


morphologie

variation dialectale

Selon Merser (2011:127), la forme an unan est employée en Finistère-Sud.

an-unan

Menard & Kadored (2001:§ 'an-unan') donne une forme sujet en an-unan:


(3) Ne vez ket an-unan1 sur eus e1 vuhez.
ne est pas le-un sur de son vie
'On n'est pas sur pour sa vie.' Menard & Kadored (2001:§ 'an-unan')


Cette forme est syntaxiquement différente de an unan, l'anaphore des impersonnels.


3PL

Comme en français, une forme de troisième personne pluriel peut renvoyer à une entité floue indéfinie (corporation, scientifiques, memebres du gouvernement) qui tient de l'impersonnel.


(1) O labourat emaint en traoñ. (en entendant des bruits de travaux)
à travailler sont dans bas
'Il y a les travaux en bas / on travaille en bas.' Plougerneau, M-L. B. (04/2016)


(2) Adarre o deus augmentet ar foucher. (en lisant la presse)
encore 3PL a augmenté le impôts
'Ils ont encore augmenté les impôts.' Lesneven/Kerlouan, Y. M. (04/2016)


(3) Deuet int en va c'hear. (en rentrant de vacances)
venu sont dans mon2 foyer
'On est entré chez moi.' Lesneven/Kerlouan, Y. M. (04/2016b)


On peut le trouver en alternance optionnelle avec un impersonnel en -r.

(4) En Almagn ez eont/ez eur da labourat da eizh eur.
dans.le Allemagne R vont/va.IMP pour travailler à 8H
'En Allemagne ils vont/on va au travail à 8h.' Lesneven/Kerlouan, Y. M. (04/2016)


coréférence

Cet impersonnel de troisième personne plurielle peut co-référer avec l'agent inexprimé d'un passif. L'équivalent français passe mal.


(1) Amañ ez eus c'hoariet gant an echedoù... hag o deus ket renket nentra.
ici R est joué avec le échecs et 3PL a pas rangé rien
'On a joué aux échecs ici, et #ils n'ont rien rangé.' Plougerneau, M-L. B. (04/2016)

Impersonnel de deuxième personne

En breton comme en français, on utilise des formes de personne seconde, en tutoiement et en vouvoiement, pour des usages impersonnels:


(3) N'oa ket eas dit lakaat kement-se ablamour ar bezhin a zo rinklus.
ne'était pas facile à.toi mettre autant-ça car le algues R est glissant
'On ne pouvait pas en mettre tellement que ça, car les algues sont glissantes.'
Léon (Plougerneau), Elégoët (1982:41)


(4) [ petra (ə)4 fa:lEx ga vil-sən ]
Petra e v-malec'h gant ar vilin-se?
quoi R moud.2PL avec le moulin-
'Qu'est-ce qu'on moud avec ce moulin?'
Haut-cornouaillais, (Lanvenegen), Evenou (1987:581)


On trouve des phrases où un impersonnel en -er peut coréférer avec une marque claire de seconde personne. Il est probable que la première soit alors aussi une marque de seconde personne (debrer, 'on mange'; vs. debrec'h, 'vous mangez').


(5) Ben 'zeber mat pez ket naon war-lerc'h.
quand R mange.IMP bien a.2 pas faim après
'Quand on mange bien, (*tu/*vous) on n'a pas faim après.'
(= ... n'en dez ket an nen naon war-lerc'h)
Mona Bouzeg, Riec, c.p. [02/2012]

Coréférence avec 1PL

En breton comme en français, un impersonnel peut co-référer avec une marque de 1PL.

Le passif

L'effacement de l'agent dans les tournures passives correspond sémantiquement aux impersonnels. Une des formes concurrentes à l'emploi des impersonnels pronominaux en breton est l'emploi du passif.


(3) Alies e vez graet hemañ gant kig yar, met graet e c'hell bezañ ivez gant pesked...
souvent R est fait celui.ci avec viande poulet mais fait R peut être aussi avec poissons
'On le fait souvent avec du poulet, mais on peut aussi le faire avec du poisson.'
Cornouaille/bordure Léon (Dirinon), Kervella (1985:120)

Des pronoms coréférentiels qui n'ont pas les mêmes traits

coréférence entre différents impersonnels

Plusieurs pronoms impersonnels différents peuvent co-exister dans la grammaire d'un même locuteur, et même co-référer. Dans sa traduction de Soljenitsyn, Ti Vatriona, Ernest ar Barzhig utilise les deux marqueurs consécutivement dans la bouche de Matriona (1).


(1) Pa ne oar ket an nen, pa ne reer tamm kegin ebet,
quand ne1 sait.3SG pas le homme quand ne1 fait.IMP morceau cuisine aucun
penaos e c'hellfed degemer unan bennak?
comment R4 pourrait.IMP accueillir un quelconque?
'Quand on ne sait pas, quand on ne cuisine pas du tout, comment accueillir quelqu'un?.'
Standard, ar Barzhig (1976:23)


Mona Bouzeg, de Riec, a un usage très restreint de la forme verbale en -er. Elle peut utiliser la même co-référence.


(2) Ben 'glever soniñ kreizteiz ma poent d'an nen mont d'ar gêr.
quand R entend.IMP sonn.er mi.jour est temps pour IMP aller à le maison
'Quand on entend sonner midi, il est temps de rentrer à la maison.'
Mona Bouzeg, Riec, c.p. (02/2012)


traits différents

pour l'accord verbal

Les pronoms qui peuvent coréférer entre eux n'ont cependant pas les mêmes traits syntaxiques. Ils ne déclenchent pas le même accord verbal: le pronom an nen ne peut pas déclencher le même accord verbal que le pronom vide.


(2) An nen ne oar / * ouzer ket bepred.
un homme ne sait / *savons pas toujours
'On ne sait pas toujours.' Riec, Mona Bouzeg, c.p. (01/2009)


Avec le verbe kaout bloqué à l'accord riche, on voit que l'impersonnel eun den chez Gros à des traits de troisième personne masculin singulier.


(3) O! Bet e-neus eun den buheziou!
Oh! eu R-a un homme vies
'Oh! On a eu de ces vies (difficiles, pénibles, terribles).' Trégorrois, Gros (1984:180)

pour les anaphores liées

Les impersonnels -r de l'accord et an den ont des formes différentes d'anaphores liées. An den déclenche la forme masculine de la troisième personne du singulier. PROARB et le pronom sujet vide déclenchant -r déclenchent la forme impersonelle an-unan.


(4) Ne vez ket kavet mad ar boued pa vezer an-unan o tebri.
Ne vez ket kavet mad ar boued pa vez an den e-unan o tebri.
ne1 est pas trouvé bon le nourriture quand est IMP det-un à4 manger
'On ne mange pas avec appétit quand on est seul à manger.' Trégorrois, Gros (1984:187)


(5) Gwelloh eo PROARB ober ar homisionou an-unan.
Gwelloh eo d'an den ober ar homisionou e-unan.
mieux est [ (à') IMP faire le5 commissions le-un ]
'Il vaut mieux faire les commissions soi-même.', Trégorrois, Gros (1984:187)


(6) Lod a zifenne PROARB en em lakâd an-unan da varner.
certain R1 défendait se mettre le-un à 1 juge
'Certains défendaient de se mettre soi-même juge.' Cornouaille 1893, IAI.:122

Terminologie

Sommerfelt (1921) considère que les formes en -r sont la marque du mode passif. Guillevic & Le Goff (1902:47) parlent pour les formes en -er de "formes personnelles pour le passif".

Ploneis (1983), Humphreys (1995:335) ou Crahe (2013:223) désignent le pronom impersonnel -r ou an den sous le terme de personne indéfinie.

Favereau (1997:§767), suivi par Ledunois (2002:136), utilisent le terme de "non-personne". Ce terme est à éviter dans la mesure où dans la tradition structuraliste, le terme de "non-personne" désigne la troisième personne (celle qui est extérieure au cadre d'énonciation). Favereau (1997:§472-3) justifie son choix terminologique en réservant le terme d'"impersonnel" à ce qui est ailleurs appelé un explétif (comme le pronom météorologique).

L'expression littérale 'impersonnel' est désigné en breton par le terme diberson, dibersonel (Chalm 2008), ou par le terme dic'hour (Kervella 1995, Chalm 2008, SADED 2010).

Cependant, ce que Denez (1983) ou Goyat (2012) désignent comme an dibersonel, l'impersonnel correspond à l'explétif.

Ce que Guillevic & Le Goff (1902), Ploneis (1983) ou Crahe (2013) désignent comme l'impersonnel ou la conjugaison impersonelle correspond à la forme d'accord pauvre de l'effet de complémentarité sur le verbe fléchi.

Le terme personne zéro, est person zero en anglais et gour mann en breton.

Chalm (2008) traduit passif impersonnel (de type Il a été tiré sur ce bateau) par l'expression stumm gouzañv dic'hour.

Bibliographie

l'impersonnel en breton

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