I.G. (08/2018)

De Arbres
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Cette élicitation longue de plus de deux heures a été opérée par Mélanie Jouitteau, et enregistrée au domicile de la locutrice. Les enregistrements sont interrompus au moment des deux pauses opérées. Le premier enregistrement est de 56:40mn, le second de 48:11mn, le dernier de 17:29mn.

La locutrice est une jeune femme de trente ans qui a été scolarisée à Diwan depuis l'âge de deux ans et demi. Son métier la maintient dans un milieu où elle travaille occasionellement en breton. Elle ne mentionne de rupture de pratique qu'une période d'immigration hispanophone d'un an, (même si ses études l'ont aussi amenée à vivre trois ans hors de Bretagne). Elle s'exprime d'abord librement sur sa représentation de sa propre variété de breton, et sur les référents linguistiques reconnus par elle comme sources sures de breton traditionnel, qu'ils soient natifs ou non de la langue bretonne. Son auto-représentation est d'une aisance à la compréhension dans tous les dialectes, grâce à un tissu familial comprenant des adultes s'adressant à elle dans les deux dialectes du Léon et du vannetais (grands-parents, oncles maternels). Sa scolarité à Diwan (en Cornouaille) est selon elle une source linguistique de variété standard, mais aussi de variétés traditionnelles (elle cite nommément à ce propos quelques instituteurs Diwan).

Le protocole commence dans un premier temps par la demande de traduction en breton de quatre syntagmes oraux en français, mettant en jeu les dizaines plus un avec un nom réalisé, et la mise de cette structure dans un démonstratif discontinu.

Le protocole se poursuit par la présentation écrite d'une liste de phrases bretonnes attestées dans différents dialectes, à charge pour la locutrice de les évaluer, de les corriger si nécessaire et de mesurer si ces phrases pourraient faire partie de son breton oral personnel.


élicitation

dizaines plus un

 Pas d'usage des cardinaux discontinus. La forme correspondant à unan en standard est homophone avec le déterminant indéfini un. Une marque du pluriel apparaît avec -se mais pas avec -mañ. Les adjectifs apparaissent après le nom et avant l'adverbe déictique spatial dans le démonstatif analytique.


trente-deux petits crayons blancs
daou ha tregont kreion bihan gwenn
trente-et-un petits crayons blancs
un ha tregont kreion bihan gwenn
ces trente-deux petits crayons blancs
an daou ha tregont kreion bihan gwenn-mañ
ces trente-deux crayons
an daou ha tregont kreion-mañ
ces trente et un crayons
an un ha tregont kreion-mañ pe…./ an un ha tregont kreionoù-se
ces trente-et-un petits crayons blancs
an un ha tregont kreionoù bihan gwenn-se
Virez-moi de là ces trente-et-une souris!
Kasit an un ha tregont logodennig-se maez dioustu


ciblage dialectal

L'étoile est placée devant l'élément non-reconnu ou signalé comme agrammatical. Le signe > signale la forme proposée par la locutrice en correction.


(2) N’eus ket trawalc’h evit ober gwin ivez, * geus?


(3) Toennoù plouz ne vo ket adkomañset dont ken, * bez?

 La locutrice cherche à interpréter une forme étrange de "ken don", et s'interroge sur la présence du -t écrit, ce qui indique qu'elle n'interprète pas le verbe dont dans cette phrase.


(4) Da vamm ne gaozea ket brezhoneg diouzhit, * gra?

> Da vamm ne gaozea ket brezhoneg diouzhit, geo?


(5) Amañ, war gern Menez-Hom e vez ur gouel bras, bep bloazh, neketa!

lexique: * gern - autrement la phrase est jugée OK.


(6) * Ervoa 'di ar meurd keda?


(7) Iskis eo an aerouant-mañ, neketa ?

lexique: * aerouant 'dragon' - autrement la phrase est jugée OK.


(8) * Na bout 'zo Doue 'oa flaer gantañ, ne oa ket dav larout lar 'oa flaer.

lexique et syntaxe: * na bout 'zo Doue n'est pas interprété. La locutrice dit ne pas connaître na bout, et cherche à interpréter “Doue oa flaer gantañ”. * larout lar, ce qui montre que le complémenteur déclaratif la(r) n'est pas connu.


(9)  Gwelet e-meump abaoe lar penaoz ne oa ket gwir.

La locutrice reconnaît la forme meump mais dit ne pas l'utiliser elle-même. Elle propose, avec sa traduction: > Gwelet hon eus abaoe penaoz ne oa ket gwir.

'Nous avons vu depuis comment ce n'était pas vrai.'

La traduction montre qu'elle n'interprète pas penaos comme un complémenteur déclaratif.


(10) Dre ar bourk e rede ar brud penaos lestr Kola a oa bet kollet.

* penaos = 'que'


(11)      Petra d'ober gant ur mennig?

* d’, * mennig (elle demande s'il s'agit de maenig, menegiñ?)


(12) Ha dont a raio da ger?

> d’ar ger, mais la phrase est autrement OK.


(13) a. Daoust hag ec'h i da Bariz ?

Daoust hag-eñ ec'h i da Bariz ?

> ez i

* hag-eñ est interprété avec pronom 3SG, malgré l'accord verbal 2SG.


b. C'hwistim hag-eñ ec'h i da Bariz ?

C'hwistim hag ec'h i da Bariz ?
C'hwistim ec'h i da Bariz ?

> ez i, * c’hwistim


(14)  * Ha (daoust ha) klañv oc'h?

> Klañv oc’h, pe peta?


(15) * Esk 'zo atav re bev ?

La locutrice essaie d'interprèter esk comme le pronom 3SGF houmañ. Cette hypothèse demanderait une interprétation de type 'Est-elle toujours trop vivante?', ce qui demande de négliger l'impératif de lénition près re 'trop'.


(16) N'uion ket ma teuio. OK

* N'uion ket la ma teuio.
N'uion ket lar teuio.
OK mais lar est interprété comme lavar


(17) N’oun ket hann ema chomet haoñ ba'n ger.

* haoñ=eñ?, > ba’r’ger

> N’ouzon ket ma’z eo chomet ba’r ger. > N’on ket evit gouzout ma ‘z eo chomet eoñ ba’r ger.


(18) Me meus ket soñj eñ vie puniset ar vugale.

* puniset, =3SG

> M’eus ket soñj ma oa gourdrouzet ar vugale


(19) Mendare be(a) eo gwir pe n'eo ket ar pezh e lavar.

* Mendare


(20) Yann a zo c'hrouadur hag a labour mat er skol.

lexique: * c’hrouadur > bugel La phrase est autrement jugée grammaticale, sans commentaire sur l'absence de déterminant (mais bugel ne muterait pas). Lorsque je porte son attention sur l'absence de l'article, elle le corrige mais avait prononcé la phrase sans l'article et sans gêne apparente.

* (ur) bugel


(21) Yann 'zo bugel a laboura mat e-barzh ar skol.

* (ur) bugel


(22)     un den ha 'laboura mat durant an deiz 'vez ket kavet bepred.

* durant

> un den barreg da labourat barzh an deiz …

'en contrat d'une journée seulement'


(23) An den-se, hag a labour ken mat, a zo kenderv din.

> o labourat ken mat... > ?ma c’henderv > an hini-se


(24)      Va mamm hag a oa bet intañvez, he-doa daou vugel all.

lexique: intañvez est interprété comme 'servante'


(25)      Koumpren mat a ran an traoù (*e /a ) lavarez.

La forme léonarde est reconnue, mais corrigée en >kompren


(26)      A-wechoù, ar pezh a gaser ganeomp hon unan ( e/ a) kaver barzh ar magajinoù.

> a gaver/ e kaver/ ‘kaver, magazinoù = magazines/?stalioù?

* a gaser ganeomp hon unan

 Le réflexe léonard e de l'objet antéposé en mouvement A-barre est optionnel en (26), mais corrigé en (25). 


(27)     ‘Barzh ‘guizin e zebront bara. Le terme guizin fait rire. ? * guizin

> Barzh ar gegin e zebront bara.

 La mutation erratique typique du breton central n'est pas corrigée.


(28)     Int a tebr bara er gegin.

> O tebriñ bara er gegin emaint.

int o deus, int a ra, int a zo, int a zo deuet abred

 La locutrice dit n'utiliser les pronoms forts comme int que lorsque le référent est éloigné (an dud zo pell). Peut-être s'agit-il juste d'un contexte où elle peut alors les désigner du doigt, et donc leur donner une saillance informationnelle dans le discours.


(29)      Gwir eo en en deus tud ar vro-mañ un digarez...

* en en

(30)      Emañ o c'hwiliañ dre-holl ?kas kavout ar pezh en deus kollet.

'(Celui-ci), en cherchant partout, il essaie de trouver ce qu’il a perdu.'


(31)      Tout an dud atav 'gas gwel Kristiane.

>klask gwelet/gwelout

 Le verbe kas n'est pas reconnu, ou est interprété comme klask.


(32)      Emañ ar bara ar an daol.     vs.   * N’eo ket ar bara ar an daol.

+w > n’emañ ket…

marteze m’eo ur goulenn…


(33)  'Ma ket degouezhet.

> Mañ ket degouet

(34)      Bremañ emaint * ambarket er vapeur adarre…

> mont war vag


(35) * Emañ deuet Yann.

> Deuet eo Yann


(36)  Kit da wel * ma 'ma digouet ho preur.

> Kit da welet ma z eo digouezet ho preur

 Les usages d'auxiliaires de emañ ne sont pas reconnus.


(37)      Mat ema ar bara   vs.    Mat eo ar bara

"an daou zo mat, met gwell eo din an eil"


(38)     ?Int zo hiroc’h evit m’emaint ledan.

> Hiroc’h vezont eget ledan

> Hiroc’h eget ledan emaint


(39)      Bras eo  an  ti                vs.        Neuze emañ bras an ti.

"An eil zo iskis".

Cette phrase (39) n'est pas concluante car le jugement d'étrangeté de la seconde phrase pourrait être dû à un calcul pragmatique lié à la première phrase.


(40)      E ti an amezeien (ez eus /zo) barbecue.

(ur)* > ez eus ur barbecue / zo deus ur barbecue

* E ti an amezeien zo ur barbecue.


(41)      War an daol zo paper.


(42)      Bout e ( zo/ eus ) avaloù.

> Bout zo avaloù > * Bout eus avaloù > Bez eus avaloù


(43)      Ar ar c’hanol eh eus graet pontoù.

War ar c’hanol e vez graet ponchoù

* ez eus graet, > ez eus bet graet

 La forme du passif impersonnel en ez eus n'est reconnue que dans la forme figée ez eus bet...


(44) Kavet a zo doc'htu ur moranv dezhoñ: Fil-de-fer!

« n’ouzon ket petra zo koulz ar frasenn »

> kavet zo bet > kavet ‘vez...

 La particule bet serait-elle obligatoire en temps perfectif pour la locutrice?


(45)      Ar Pont, gwir eo, * a rankomp * da weled.

> Gwir eo e rankomp mont da welet ar pont


(46)      Eun hantér-kant patatez am-eus ranket prenañ.

> Un...

 De manière générale, les écritures non-scolaires sont crrigées automatiquement par la locutrice. 


(47)      Anez e helled toullañ ha sklabezañ al lard a oa outo.

anez=hounnezh, *e helled toullañ

 L'impersonnel n'est pas reconnu, ni la préposition anez.


(48)     * dac'h an uhelder dac'h ar mor.            * /? diouzh an uhelder eus ar mor

hervez uhelder ar mor


(49)      Pep skotenn zo bet dekoret gant un apprenti bennak. >kinklet, * skotenn


(50)      Nag a wez *pilet *d' an avel foll!

lexique: * pilet

 La préposition da de l'agent du passif n'est pas reconnue.


(51)      * Me 'zo o c'hober 'r c'hi gant hennezh.


(52)      Penegwir me a veze mezo * dezo ordinal.

> peogwir...


(53)      [ wa vjɛX a wa m pot ]

=kozh e oa ma faotr= Il était vieux mon gars

 [vjɛX] est interprété comme un emprunt bretonnisé du français 'vieux'. le [m] n'est pas interprété dcomme un déterminant, mais comme un possessif quitte à penrser qu'il n'aurait alors pas induit de mutation.


(54)      korn ar sal vs. * ar c’horn ar sal


(55)      *(ar) gambr ar vugale

> kambr ar vugale


(56)      Arri eo *(ar) vazh ar paotr kozh!

> Bazh ar paotr

 Les corrections de l'état construit se font sans hésitation aucune.


(57)  *  ar re-ze(où), ar re-ma(où)


(58) * ar seoù, ar maoù, (ar) maoùig


(59)      Atav vezer jalous deus o mamm.

traduit 'On est toujours jaloux de sa mère'


(60)     (Ne) oar ket unan.

Jugé OK, amis avec une gêne.

> Ne oas ket da-unan ([oaX]), Unan ne oar ket.


(61)     * Ne oar ket (anin / an din).


(62)a.   Estregedor a zo pinvidig.

> Estregedoc’h, piv a zo pinvidig?

 Le sens 'Il n'y a pas que vous/soi à être riche' n'est pas considéré.


b.   Ne gaver ket atav tud hegarat eveldor *an-unan.

> Ne vez ket deus tud hegarat eveldoc’h atav.


(63)      * Emeer o sevel e di.

>emañ

 hésitations sur les mutations: > e zi? E di? 


(64)      An taol-mañ ivez * eh eus gwelet petra a dalv an dud.

* An taol-mañ ivez ez eus gwelet petra a dalv an dud.

> e vez


(65)      N' eus chomet nemet an ourzed.

> ne chom nemet an arzhed?


(66)      Amañ ez eus drebet ar pladad a-bezh.

> e vez debret..


(67)      Kaer ez eus ober lezennoù…

On a beau faire des lois…

 La forme ez eus avec un explétif indéfini postverbal est utilisée, mais pas le passif impersonnel qui en fait usage (cf. plus haut).


(68)      Deuet ez eus (unan bennak) en va c'hear.

> Deuet eo unan bennak en va c’harr.


(69)      Laret ez eus deom ober nebeutoh ma zo gellet a zegat.

* a zegat, * ma zo gellet

>laret ez eus bet deomp…

 Avec bet, le passif impersonnel réapparaît.


(70)      Glav ( * ez eus / zo ).


(71)      Pell amzer zo./ * Pell amzer ez eus.


(72)a.  Int neus chañs… vs.            an dud (neus / *neugn ) chañs

> an dud o deus...


(73)      Anvet oant tout ar gouverioù ganeomp. * gouverioù

> Anavezet e oa tout an traoù ganeomp

 L'accord est automatiquement corrigé.


(74)      Louedañ a ra/reont buan ar c'hraoñv.

"An daou zo mat"


(75)      Ar c'hraoñv a goustoumont louedañ buan.

> Kustum eo e vez ar c’hraoñv o louedañ buan

(V neg displeg.)


(76)      Ar fubu n' ( int /* eo ) ket glas.


(77)      Evit dezho an dud neus desket brezhoneg ba’ skol ne oar ket.

> ne ouezont ket?


(78)      Ma loeroù zo o ( kouezhañ / *'kouezho / * o kouezho ) !

Ma loeroù kouezho = FUT


(79)      ( O kouezhañ / * 'Kouezho ) ema ma loeroù!

La forme infinitive en -o n'est pas reconnue.


(80)      ur sapre louarn (oa) anezhañ.


(81)      * Int ‘’wel-int ket netra anezhe.


(82)      araok teuio honnezh d'ar gêr * anezhi.


(83)      Setu e-giz-se ouie * ken an dra-se * anezhi.


(84)      Ma mamm a breparé traou dom benn zigoue ahanom ba’n ger...

* brepare

La locutrice reconnaît benn dans son usage temporel et dit qu'elle-même utiliserait pa

> zigouezemp er ger


(85)      Degouezhet eo hei. / digwéd é hè /

> eo-hi

 La locutrice propose un pronom écho.


(86)      Gwelloc’h (* o) lenn (anezho) araok!

 La lecture proclitique n'est pas reconnue.


(87)      ( C’hwi / *Ac’hanoc’h ) am eus gwelet er marc’had …


(88)      * Anezhi e welan.


(89)      Dre he lost neus (>tapet) Lucille (tapet) ar c’hazh.


(90)      Pa neus (>kroget) Anna (kroget) el loa …


(91)a.  * ho puoc'h-t-hu

b. * Petra ‘res tu?


(92)      Hennez n'eo ti ebet.

> neus, hennezh ≠ ça


(93) Ma piv lakefen 'vit mont  da fesen?

* fesen > ar fest du-hont

La locutrice se dit perdue dans le temps de la phrase. Elle refuse une interprétation inaimée sur piv.


(94)  *Sot ema eñ ha ne gompren ket an dra-se.

= peogwir


(95)      Ar re 'doa tamm deñved a gave brao mond da zelled.

> da sellet (écriture corrigée)

Interprété comme > Brav eo mont da welet an deñved.


(96) unan all hag e-noa muioh a ezomm negedonme.

> Unan all noa muioc’h a ezhommoù egedon

 La relative en hag résiste clairement à sa grammaire.


(97)  E oar oc'h hadañ an ed.

> Pa oac’h oc’h hadañ …

 Ni l'impersonnel ni le V1 ne sont reconnus et interprétés.


(98)      Ma houezan e veho avel Nort, me a saro ar bouliji.

* bouliji

> Ma ouezan e vezo avel deus an Norzh e serrin ar ?

 L'ordre V3 est automatiquement corrigé.

(99)      Ar bik a c'hellfe kregiñ en e skouarn. 

lexique: demande si bik est une maladie.


(100)    Brom (>ur banniel bennak) hich (ur banniel bennak) war pep ti-ker.

* hij

> Bremañ e vez savet ur banniel bennak war pep ti ker > Bremañ nij ur banniel bennak war pep ti ker. (ket peogwir eo un droidigezh deus ar galleg) > Bremañ ur banniel bennak a nij war pep ti ker.


(101)    Contexte: This dinner must have cost a lot: there were 17 tables and a waiter for each of them…             Ur servicher en deus renket pep taol.                      (17 tables, 17 waiters)

* ur servicher

> Ur paotr neus renket pep taol (avec les deux lextures)


(102)    An nen ne oar ket bepred.

> an hini-se, >houmañ


(103)    'n nen 'ouia ket.

> an hini(-se) oar ket


(104)    An nen ne glaska ket.

(“-a, klevet em eus met n’ouzont ket ma implijan”)

> an hini-se


(105)    Gwechall ar chase a oa miret * hepken evid an dud pinvidig.

> Gwechall ar chase a oa miret hepken evid an dud pinvidig hepken.


(106)   Un huitric ema eñ

OK


(107)    [ ma hi 'lhenn o 'lheoə]

Emañ hi o lenn ul levr


(108)    Emañ * eñ o vevañ e Bro an Tad Nedeleg!

> /Yoñ zo o veva…./


(109)    Emañ hanter lazhet Yvon ganeoc'h. [ñ]

> Hanter lazhet Yvon ganeoc'h.


(109).bis: Emañ Yann war ar blasenn. peut être prononcé /a/ ou /ã/. La locutrice dit s'adapter à l'usage de son interlocuteur. C'est pour elle optionnel.

(110)    Bout zo trouz er-maez OK * Bout ez eus trouz er-maez


(111)    Amañ zo trouz Amañ ez eus trouz


notes de synthèse

 Contrairement à la représentation de la locutrice, sa flexibilité dialectale est globalement réduite, même en terme de compréhension des structures. La plupart des structures grammaticales marquées dialectalement ne sont pas comprises par elle. 

Parmi les traits dialectaux associés à son lieu de scolarisation en primaire (cornouaillais de l'Est), on retrouve la forme -a des verbes au présent 3SG (elle hésite sur sa propre utilisation de la forme, mais la reconnaît sans problème), ou (a-)benn dans son usage temporel (elle l'interprète, et remplace par pa 'quand' du standard. Cependant, les complémenteurs déclaratifs la(r) ou penaos ne sont pas reconnus, et sont interprétés comme le verbe lavar 'dire' et l'interrogatif 'comment'. La forme infinitive en -o de kouezho 'tomber' n'est pas acceptée, au profit de kouezhañ.

 Les particularités du Léon ou du Vannetais peuvent aussi n'être pas comprises (passif impersonnel léonard en ez eus, la préposition anez 'sans' en léonard, la forme eh eus du vannetais, sa préposition da de l'agent du passif ...). Ces formes sont même parfois corrigées comme fautives. 

Ses jugements sont globalement conformes aux jugements associés au breton standard. Les mots identifiés comme empruntés au français sont automatiquement corrigés. Mes suggestions d'emprunt ne sont pas suivies d'effets. Quelques mots lexicaux manquent.

 La forme an hini-se est proposée plusieurs fois en corrections d'exemples, alors que cette forme est réputée agrammaticale en standard.
 
 On retrouve cependant chez cette locutrice, comme lors d'élicitations antérieures plus hâtives, des traits présents chez l'un ou l'autre de ses grands-parents. La faculté d'utiliser un possessif de tous traits grammaticaux pour co-référer avec un impersonnel a aussi été documenté chez son grand-père léonard. Les formes impersonnelles écrites -or sont interprétées comme une marque -oc'h 2PL, et donc seulement indirectement comme des marques d'impersonnel, ce qui est typique du breton de sa grand-mère léonarde.
 Une seule donnée pourrait suggérer une optionalité de l'accord avec un sujet postverbal comme à Plougerneau, mais cette donnée est contredite lorsque la distance entre le sujet et le verbe se réduit (Bras eo/*int an dud 'Les gens sont grands'). Ces faits rappellent les résultats obtenus précédemment avec son grand-père. 


Remerciements

Merci à I.G. pour son accueil, sa patience et sa disponibilité lors de cette longue élicitation.