Homophone

De Arbres
Aller à : Navigation, rechercher

Deux items sont homophones si ils se prononcent de manière identique mais réalisent des éléments grammaticaux différents.


C'est le cas en breton, par exemple, avec le morphème eus dans le complexe morphologique du verbe kaout, 'avoir' (em eus, ac'h eus...) et de la préposition eus, 'de' de provenance, ou bien avec l'adverbe lies, ou alies et le quantifieur lies, 'beaucoup'.


Lorsqu'un élément grammaticalise, c'est-à-dire quand la langue commence à employer un nom ou un verbe comme un élément plus grammatical, comme un complémenteur ou un pronom, celui-ci reste souvent un temps homophone avec l'item lexical correspondant. C'est la cas du complémenteur ha(g) avec la coordination ha(g), ou du complémenteur la(r), 'que' du bas-cornouaillais et du verbe infinitif la(va)r, 'dire'.


Gros, en trégorrois, utilise comme pronom impersonnel la forme un den, 'on', qui est homophone du syntagme indéfini 'un homme'. Dans d'autres dialectes, le pronom impersonnel grammaticalisé se prononce différemment du groupe nominal correspondant (nen, 'nen, an nen...).


(1) Ar re-ze a zoñj ganto n'e-nevez sort eun den d'ober.
le ceux-ci R1 pense avec.eux ne'R a.HAB rien IMP à'faire
'Ceux-ci se figurent qu'on n'a rien à faire.' Trégorrois, Gros (1984:331)


Pour une liste des homophones référencés sur ce site, cliquer en bas de page sur "catégorie", puis sur le lien "désambiguïsations".


Terminologie

Les termes français et anglais sont (à peu près)... homophones.

  • en breton

On trouve heñvelvouez dans Vallée (1980:'homophone'), qui donne aussi comme équivalents heñvelson et kenson, sur les préfixes respectifs heñvel- et ken-.

Ménard (2012) distingue heñvelstumm, 'homonyme, élément grammatical de même forme' et kenanv, 'homonyme en parlant de quelqu'un' (ho kenanv, 'votre homonyme').

On trouve aussi kenneuz chez Kervella (1947:§99), qui inclut aussi dans ce terme les mots qui s'écrivent à l'identique sans être prononcés pareils, comme le nom kas, kasoni (voyelle longue), 'haine' et le verbe kas 'envoyer' (voyelle courte). Ces derniers ne sont pas linguistiquement des homophones.