Système d'accord

De Arbres
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Le système d'accord breton est étonnant car il montre un effet de complémentarité. La phrase en (1) montre deux propositions. Regardons d'abord la seconde: le sujet n'est pas réalisé morphologiquement de façon indépendante, et le verbe apparaît avec les traits 3PL. Comme ce serait le cas en espagnol ou en italien, la morphologie verbale est un accord riche: sa morphologie réalise les traits du sujet. Dans la première proposition cependant, le sujet ar c'hezeg-ze 'ces chevaux' est 3PL mais son verbe est 3SG. La morphologie verbale est celle de l' accord gelé: les traits du sujet réalisé pourraient varier sans que la morphologie de l'accord change ses traits 3SG.


(1) Ar c'hezeg-ze a zo hualet ha, daoust da ze, e c'haloupont.
le chevaux- R1 est.3SG entravé et malgré de1 ça R4 galopent.3PL
'Ces chevaux-là sont entravés et, malgré cela, ils galopent.' Standard, Le Bozec (1933:48)


Morphologie

le paradigme d'accord en breton

On dit que deux mots ou expressions s'accordent si elles ont les mêmes valeurs pour leurs traits grammaticaux (personne, genre, nombre). En breton, l'accord se fait en personne, et en nombre, mais pas en genre.

Les verbes bretons se conjuguent aux trois personnes (première, deuxième, troisième), au singulier comme au pluriel. Comme dans toutes les langues celtiques, ils se conjuguent aussi avec une personne supplémentaire, l'impersonnel -er qui n'a pas d'équivalent lexical.


(1) Ne vennont ket krediñ e c’heller bout dishañval doc’hte.
ne1 veulent pas croire R4 peut.IMP être di.fférent de.eux
'Ils ne peuvent croire que quiquonque/on soit différent d’eux.' Vannetais, Herrieu (1994:249)


Il s'agit bien d'un accord verbal, et non d'une incorporation morphologique comme dans le paradigme des prépositions. Les prépositions conservent le marquage genré d'un pronom incorporé (2), alors que l'accord efface cette distinction. Le conjoint gauche de la coordination dans l'objet d'une préposition peut s'incorporer, alors que le conjoint gauche de la coordination dans le sujet d'un verbe ne le peut pas (Jouitteau & Rezac 2006).


(2) Chom a rae etrezi [ _ hag ar gorrien ].
rester R1 faisait entre.elle et le nains
'Cela restait entre elle et les nains.' Standard, Jouitteau & Rezac (2006:x)


(3) * Dec'h ec'h erruas [ _ hag ar gorrien].
hier R4 arriva.3SG et le nains
'Elle et les nains arrivèrent hier.' Standard, Jouitteau & Rezac (2006:x)


La morphologie verbale inclut aussi le temps, le mode et l'aspect. En breton, seul l'élément tensé, verbe lexical ou auxiliaire, est susceptible de porter l'accord en personne et en nombre avec le sujet.

Ce n'est pas le cas dans toutes les langues indo-européennes. En français, le participe porte parfois des marques de genre et de nombre (Les chaussettes sont reprisées ensemble). En portugais, les verbes infinitifs portent les traits de leur sujet. Dans certaines langues non-indo-européennes, il est courant de voir plusieurs éléments d'une même phrase porter les traits du sujet (par exemple en ibibio, en kilega ou en swahili, langues nigéro-congolaises).

la forme de l'accord gelé

La forme de l' accord gelé est toujours la forme 3SG correspondante dans l'accord riche. cette correspondance reste parfaite à travers la variation dialectale.

On peut voir qu'il s'agit réellement d'un accord 3SG, plutôt qu'une absence d'accord. Les traits 3SG sont souvent réalisés au présent par un morphème vide, mais on voit des modifications de la racine sur certains verbes irréguliers, et dans certains dialectes un morphème de flexion -a apparaît.

En (1), le verbe 'savoir' montre ces deux péhnomènes en même temps. D'une part, l'infinitif en gout montre une modification de racine en goui lorsqu'il est conjugué (McKenna 1978:201). Le morphème -a est ajouté à cette racine. C'est à la fois la marque du 3SG et celle de l'accord pauvre (me ouia, 'je sais', McKenna 1978:201): en (1), le -a persisterait avec un sujet postverbal pluriel an dud 'les gens'.


(1) /hwia ndeiŋ' kèr pïta reï namzir /
ouia ket en den kaer petra e rei an amzer.
(ne) sait pas l'homme bien quoi R1 fera le temps
'On ne sait pas très bien ce que le temps donnera.' Guémené-sur-Scorff, McKenna (1978:170)


verbes à modification de leur racine

Le verbe gouzout 'savoir' est assez isolé dans cette modification de la racine, mais la modification est persistante à travers les spécificités dialectales.


(3) Ar re-se a houie penaos edo eat kuit.
le ceux-ci R1 savait comment était allé parti
'Eux savaient comment il était parti.' Lesneven/Kerlouan, Y. M. (04/2016b)


(4) An nen ne oar ket bepred.
le homme ne1 sait pas toujours
'On ne sait pas toujours.' Riec, Mona Bouzeg, c.p. (01/2009)


On pourrait chercher si des locuteurs ont pour 'pouvoir' un infinitif en gallout et un paradigme en gell-.

dialectes en -a au 3SG

Une voyelle ou une voisée apparaissent régulièrement à la troisième personne du singulier au présent de l'indicatif dans certains dialectes du Sud et jusqu'en breton central. On en relève à Malguénac (Le Pipec 2000), à Groix (Ternes 1970:252), dans le breton de Mona Bouzec à Riec, à Duault. A Plozevet en Cornouaille, il s'agit d'un /-v/ final (Goyat 2012:277).


(2) /xa gãza nurze:biɲ / Groix, Ternes (1970:252)
Int 'gomza en ur zebriñ. équivalent standard
eux (R)1 parle en1 manger
'Ils parlent tout en mangeant.'


(3) [ jãn zo 'bygœl a labuʁa 'mat baʁ skol ] Duault, Avezard-Roger (2004a:248)
Yann 'zo bugel a laboura mat e-barzh ar skol.
lui est enfant R1 travaille bien dans.le école
'Yann est un enfant qui travaille bien à l'école.'


 Plozévet, Goyat (2012:277):
 Les verbes à finales conjuguées vocaliques (/e/ est la plus fréquente, mais aussi /ɛ/, /i/ et /y/) voient un /-v/ final épenthétique s’ajouter à la 3e personne du singulier de l’indicatif présent [...]. Ce /-v/ final peut bien sûr se dévoiser, conformément aux règles habituelles.
 Exemples :
 /ma va'le:v/, ma valev, /'ba:le/, bale, 's’il/elle marche'
 /pa ba'se:v/, pa basev, /pa'sea/, pasea, 'quand il/elle passe'
 /ma ɡõti'nyv/, ma gontinuv, /kõti'nɥi/, koñtinui, 's’il/elle continue'

Syntaxe

l'effet de complémentarité, première approche

L'effet de complémentarité, appelé aussi prinicpe de complémentarité est décrit par de nombreux auteurs (entre de multiples autres, Leclerc 1986:62, Fave 1998:83-86, Stump 1984:292...), et rapporté dans tous les dialectes.

Son signe prototypique est l' accord pauvre, ou accord gelé qui montre la marque 3SG quels que soient les traits d'un sujet réalisé, que celui-ci soit lexical ou pronominal. En (1), les traits de seconde personne et du pluriel sont portés uniquement par le pronom sujet indépendant c'hwi 'vous'; la morphologie d'accord verbal est à l'accord de troisième personne singulier.


(1) pan eo c'hwi a deu.
quand est vous R1 vient.3SG
'puisque c'est vous qui venez.' (litt. 'qui vient') Tréguier, Leclerc (1986:137)


Pour une première approximation, il semble donc que la généralisation soit que les traits du sujet n'apparaissent qu'une seule fois dans la proposition (Stump 1984:292). En effet, la double occurrence d'un sujet réalisé et d'un verbe aux traits correspondants mène vite à l'agrammaticalité.


(2) * Me e ran * Me, mont a ran * Te e c’hallez
moi R fais.1SG moi aller R fais.1SG toi R peux.1SG
manuel pédagogique, Kerrain (2001)


Une règle pédagogique répandue pose que le breton, de manière générale, refuse la redondance des marques. Cette règle "naïve" est souvent assortie de l'idée que le breton serait une langue plus économique que les autres, puisqu'elle éviterait de "redire" les traits du sujet dans la mesure ou ceux-ci seraient déjà énoncés. Cette idée s'appuie sur une analogie avec le groupe nominal: le verbe ne s'accorderait pas avec son sujet de la même manière que le nom ne prend pas de marque du pluriel lorsqu'il est précédé d'un cardinal (dek vloaz mais *dek bloazhioù, c.a.d. /dix an(*s)/).

Une telle règle n'est cependant pas satisfaisante, car elle ne pourrait pas expliquer pourquoi la complémentarité est restreinte au domaine de la proposition. En (3), ci-dessous, elle prédirait par exemple faussement que le verbe 'être' enchâssé pourrait apparaître sans les traits du sujet. Au contraire, il apparaît toujours une marque du sujet (pronominale ou d'accord) dans chaque proposition, indépendamment des besoins de l'interprétation.


(3) ... ne oa ket an doareoù, war-lerc'h ar brezel, ar pezh [ e oant dek vloaz a-raok ]...
ne1 était.3SG pas le manières après le guerre le N R4 étaient.3PL 10 an avant
'Les choses n'étaient pas, après la guerre, ce qu'elles étaient dix ans auparavant.'
Denez (1993:32)


La règle d'évitement de la redondance sémantique est trop puissante, et ne rend pas compte des faits. On va voir maintenant qu'il est possible et même obligatoire dans des cas bien définis d'avoir deux marqueurs du sujet dans une même proposition.

inventaire des cas avec un sujet et son accord dans la même proposition

Les exceptions à la complémentarité entre les traits d'un sujet réalisé et un accord verbal dans la même proposition sont, en standard et dans la plupart des dialectes:


  • le verbe kaout/endevout 'avoir' (avec une tendance dans certains dialectes à la régularisation)
  • modification plurielle d'un sujet incorporé (quantifieur flottant, modification de type o daou 'eux deux')

le verbe 'avoir'

Le verbe kaout, ou endevout 'avoir' est exceptionnel dans la grammaire du breton, car ce verbe ne montre pas l'effet de complémentarité: il s'accorde avec un sujet lexical (4) ou un pronom non-incorporé (5).


(4) An dud o doa ur sell stard, du.
le 1gens 3PL avait un regard dur noir
'Les gens avaient un regard dur, noir.'
Plouyé 2002,
Spered Ar Yezh 29-155-04


(5) C'hwi ho-peus laret din !
vous 2PL a dit à.moi
'C'est vous qui me (l')avez dit!' Standard


C'est très important pour la compréhension du système d'accord, car cela montre que ce n'est pas la nature du groupe nominal sujet en breton qui est la source de l'effet de complémentarité. Les pronoms comme les groupes nominaux en breton sont constitués de façon à pouvoir déclencher un accord verbal.

Dans quelques dialectes, ce verbe a tendance à régulariser son système d'accord sur celui des autres verbes. Pour plus de détails, voir Jouitteau & Rezac (2009) et, sur ce site, la page sur kaout.

modification plurielle d'un sujet incorporé

En (6), le sujet est composé d'adverbe, tout, qui est un quantifieur flottant, et de son objet 3PL qui a été incorporé. Suite à l'incorporation, tout a été antéposé en zone préverbale, où la mutation consonantique mixte D>T sur le verbe le signale comme adverbial.


(6) Ur bern tud 'vo 'ba 'n eured, [...] ha tout 'teuint' da heul.
un tas gens sera dans le mariage et tout R4 viendront à1 suivre
'Un tas de gens viendront au mariage [...], et tous viendront à la suite.' Riec, Bouzeg (1986:II)


En (7), le sujet interprété est int o daou, littéralement /eux leur deux/ 'eux deux'. La tête pronominale du groupe sujet a été incorporée dans le complexe verbal, puis le complément du nom a été antéposé. L'initiale du verbe montre que ce qui le précède n'est pas le sujet (c'est un sous ensemble du sujet).


(7) O daou 'emaont memes oad.
leur2 deux sont même âge
'Les deux ont le même âge.' Le Scorff, Ar Borgn (2011:15)


C'est important pour comprendre le système d'accord, car cela montre bien que ce n'est pas le fait que le sujet soit réalisé qui empêche l'accord riche. L'accord avec le sujet est lié à son incorporation: si un sujet est incorporé, alors on obtient un accord riche.

sujet prénégation

En standard et dans la plupart des dialectes, un sujet devant la négation entraine obligatoirement un accord riche sur le verbe, comme décrit dans De Rostrenen (1738:178), Vallée (1926:39ff), Hardie (1948:162f), Kervella (1947:168), Le Roux (1957:Ch.II), Denez (1972:112), Hemon (1975a:273f, 1975b:63), Urien & Denez (1979/1980), Stump (1984, 1989), Schafer (1995), Schapansky (1996), Jouitteau (2005/2010), Jouitteau et Rezac (2006), Hewitt (2010b)...


(8) An dud ne oant ket ker sot an eil gant egile.
le1 gens ne étaient pas tant sot le second avec autre
'Les gens n'étaient pas aussi sots les uns avec les autres.'
Léon (Plougerneau), Elégoët (1982:11)


Stump (1984:292), remarquant ces faits, propose que le sujet prénégation, à l'emphase obligatoire, était en fait en dehors de la proposition, dans une zone de topicalisation haute.

Schafer (1995) propose qu'il s'agit d'un fait de résomptivité, dû au croisement de deux éléments A-barre: le sujet focalisé et la tête ne de la négation. Jouitteau (2005/2010:411) pointe cependant que les objets ne déclenchent pas la même résomptivité, et propose que la négation ne est un complémenteur déclenchant un that-trace effect.

Pour l'analyse de l'accord, ces hypothèses reviennent à considérer que l'accord riche est dans ces structures le résultat d'une incorporation du sujet.


exceptions dialectales de régularisation

Il existe quelques variétés de breton dans l'aire Sud dans lesquelles un sujet prénégation ne force pas l'accord. Pour le cornouaillais, Stump (1984:293, n.2) en note des traces dans la grammaire de Trépos et on en trouve des exemples dans un entretien de Mona Bouzeg. Cheveau (2007:214) en relève en vannetais, on en trouve aussi des traces à Guérande selon l'ALBB. Selon Ternes (1970:284), la négation a un impact sur l'accord à Groix uniquement avec les sujets pronominaux.


>> Pour une documentation précise et illustrée, voir l'article sur le sujet prénégation


Une variété néo-cornouaillaise pourrait aussi être en train d'émerger. Kennard (2013:91, 105) note que pour des jeunes adultes et des jeunes scolarisés dans un système immersif autour de Quimper, dans la moitié des phrases négatives avec le verbe bezañ et un sujet postverbal pluriel, le verbe montre un accord riche. Elle suggère qu'il s'agirait d'une régularisation sur le modèle de kaout 'avoir'.


(1) N’emaint ket an daou gi oc'h ober ar memes tra.
nesont pas le deux1 chien à4 faire le même chose
'Les deux chiens ne sont pas en train de faire la même chose.' Cornouaille, Kennard (2013:91)

résomptivité du sujet

Borsley & Stephens (1989) ont pointé que des exemples comme en (1) semblent des contre-exemples à un principe de complémentarité dans l'accord.


(1) a. N'int ket deut anezho c'hoazh. b. N'int ket bras anezho.
ne1 sont pas venu P.eux encore ne1 sont pas grand P.eux
'Ils ne sont pas encore venus. Ils ne sont pas grands.' Borsley & Stephens (1989)


Ces pronoms qui doublent le sujet ne sont jamais incorporables sur le verbe, mais dans une préposition support, sémantiquement vide. Ce sont des structures à résomption du sujet, où un pronom double le sujet réel de la phrase.


résomptivité prédicative équative

La plus répandue est la résomption prédicative équative, présente dans tous les dialectes, sans restriction en personne, en phrases positives comme négatives. Elle est restreinte aux verbes équatifs.


(1) Ni, Breur Arzhur, a zo da vezañ [SC menec’h ac’hanomp ]
nous Frère Arthur R est.3SG pour1 être moines P.nous
'Nous, frère Arthur, sommes destinés à être moines.'
Standard, Drezen (1990:53)


résomptivité 'à la cornouaillaise'

La résomption du sujet 'à la Cornouaillaise' est une construction restreinte à la personne 3, et aux contextes monotones décroissants ou strictement aux contextes négatifs. On peut voir que le pronom résomptif n'influence pas l'accord, qui peut être riche (2) ou pauvre (3).


(2) Ne rafent ket an dra-se anezo, koulskoude!
ne feraient pas le chose- P.eux, cependant!
'Ils ne feraient tout de même pas cela!' Cornouaillais, Trépos (2001:444)


(3) /in 'ɥɛl -ən cə 'mi nin'tʁa: / Névez, Desseigne (2015:40)
Int 'wel -int ket mui netra anezhe.
eux 1voit.3SG -eux pas plus rien P.eux
'Ils ne voient plus rien.'


mouvement A-barre du sujet

Lorsqu'un sujet est focalisé par mouvement A-barre à longue distance, à travers des domaines propositionnels différents, l'accord montre un doublage pronominal de ce sujet. En (1), c'est par exemple le sujet d'un passif.


(1) Toud ar rehier … a lavarfed ez int bet savet gwechall.
tout le pierres R1 dirait.IMP R4 sont été dressé autrefois
'Il a été dit que les pierres ont été dressées il y a longtemps.' Urien (1989:211)

les pronoms écho

Les pronoms écho peuvent doubler n'importe quel pronom, indépendant ou incorporé. Ils sont distribués indépendamment de l'accord: en (4), ils doublent un accord riche, en (5), ils doublent un sujet précédant un accord pauvre.


(4) M'eus ket soñj pegement a dud oant ind.
(ne1) 1SG'a pas souvenir combien de1 gens étaient eux
'Je ne me rappelle pas combien ils étaient.' Vannetais (Arradon), Audic (2011:17)


(5) C'hwi 'zo c'hwi un c'hwil.
vous est.3SG-vous un loustic
'Toi, tu es un loustic.' Le Scorff, Ar Borgn (2011:76)


Dans la phrase, ils peuvent apparaître uniquement après le verbe conjugué dans le champ du milieu, et leur distribution flottante semble y être celle des traces de remontée d'un sujet, préverbal ou incorporé. Les pronoms écho apparaissent aussi dans les groupes nominaux.

Dans leur invisibilité pour l'accord, et aussi car ils peuvent doubler les résomptifs aux personnes 1 et 2 (Stephens 1982:254-5, Hendrick 1988:44), les pronoms écho du breton sont très différents des pronoms écho du gallois.

>> Pour une documentation précise et illustrée, voir l'article sur les pronoms écho.

Analyse

l'accord gelé comme résultat d'un intervenant 3SG pour l'accord

Jouitteau (2005/2010:chap 4), Jouitteau & Rezac (2006, 2008, 2009) proposent que lorsque le verbe apparaît avec une morphologie qui coïncide avec celle des traits 3SG, il s'accorde vraiment avec une entité 3SG. Cette entité 3SG est la projection verbale elle-même (FP, la projection du VP étendu, qui contient le sujet).

La localité impose, en breton comme dans tous les systèmes d'accord, que le verbe s'accorde avec l'élément le plus proche de lui, quel que soit cet élément. Lorsque le sujet est un pronom incorporé, le verbe breton le "voit en premier" et s'accorde avec lui. Lorsque le sujet, bas dans la structure, n'est pas incorporé, il contenu dans la structure verbale, et l'élément le plus proche du verbe fléchi est la projection verbale marquée pour les traits 3SG. Le verbe s'accorde alors avec ces traits 3SG, qui n'ont pas de contenu sémantique. Quels que soient les traits du sujet, si FP est le plus proche du verbe, alors l'accord semble gelé.


(1) ... verbe.sujet 3SG[FP [VP <trace du sujet> <trace du verbe> objet ]] >> accord riche
... verbe 3SG[FP sujet [VP <trace du sujet> <trace du verbe> objet ]] >> accord gelé
sujet verbe 3SG[FP [VP <trace du sujet> <trace du verbe> objet ]] >> accord gelé


L'exemple en (2), est la structure pour la phrase Ar varikenn-mañ, a zalc'ha daou gant litrad. Dans ce dialecte où la morphologie 3SG est claire puisque réalisée en -a, le verbe s'est accordé avec la structure verbale étendue FP, qui porte les traits interprétables pour l'accord de 3SG. Les traits du sujet, que celui-ci soit préverbal ou post-verbal, ne sont jamais lors de la dérivation l'élément le plus proche pour l'accord, car le sujet est directement remonté de la position interne à FP à la position initiale de focus.


(2) Ar varikenn-mañ, a zalc'ha [FP [VP <ar varikenn-mañ> <dalc'h> daou gant litrad ]].
le 1barrique-ci R1 contient.3SG 2 cent litre
'Cette barrique-ci contient deux cents litres.'
Le Scorff, Ar Borgn (2011:27)


En substance donc, la présence de cet intervenant structural dans la structure de la phrase bretonne est la cause de l'effet de complémentarité car c'est lui qui, lorsque le sujet est plus bas que lui, déclenche une morphologie d'accord aux traits 3SG.

prédictions sur les pronoms sujets non-incorporés

Les sujets lexicaux, les pronoms forts indépendants et les pronoms démonstratifs ne s'incorporent pas, et sont associés à l'accord pauvre.

Lorsque, tout à fait exceptionnellement à travers les dialectes, on trouve des sujets pronominaux postverbaux non-incorporés, ceux-ci sont associés à l'accord pauvre comme un sujet lexical normal, car comme lui ils ne s'incorporent pas.


pronoms de focus identificationnel

En Léon, Trégor ou en vannetais, un pronom postverbal qui marque un focus identificationnel peut ne pas s'incorporer et rester sans déclencher l'accord riche sur le verbe.


(1) Ar penneka dén eo c'hwi.
le têtu.le.plus homme est.3SG vous
'Le plus têtu c'est vous.' Léon, Seite (1975:90)


(2) Penoz vez te ar mab am boa ganet.
comment est.3SG toi le fils R.1SG avait
'Comment es-tu le fils dont j'ai accouché?' Trégorrois (Plouguiel), Laurent (1971:48)


C'est manifestement plutôt un trait archaïsant qui se retrouve aussi dans les chansons.


(5) ... ar plac'h eo c'hwi, an naer eo me...

'Vous êtes la fille, je suis le serpent.', chanson collectée fin XIX°, An Uhel (1984:276)


(6) Hag a lavar, Silvestrig, ez eo c'hwi zo kiriek.

'Et qui dit, Silvestrig, que vous êtes le coupable.'
Silvestrig, chanson traditionnelle


Ces pronoms peuvent être modifiés par une relative.


(7) Avañset-kaer Margaritig, pend eo c'hwi zo ma c'hoant.
avancé-bien Margaritig quand est.3SG vous est mon2 envie
'Vous êtes bien avancée [M.], puisque c'est vous que je veux' chanson, Languidic, Crahe (2013:335)


Dans l'hypothèse de Jouitteau & Rezac, ces sujets pronominaux ont les mêmes propriétés qu'un sujet lexical, situé assez bas, à l'intérieur de la structure verbale étendue qui est l'intervenant pour l'accord.

pronoms postverbaux de Saint Yvi

On trouve aussi des sujets pronominaux postverbaux en cornouaillais, dans le breton de Saint Yvi (German 2007:174).

En (3), ces pronoms semblent emprunter leur morphologie aux démonstratifs, qui n'ont pas à subir l'incorporation. Dans tous ces cas, l'accord est gelé aux traits 3SG.


(3) Benn eo kouet barz. Benn eo maro . Cornouaille (Saint-Yvi), German (2007:174)
quand est tombé 3PL dedans quand est mort 3PL
'Quand ils sont tombés dedans.', 'Quand ils sont morts.'


En (4), tournure innovative restreinte à certaines expressions et à certains locuteurs en breton de Saint-Yvi, le sujet est un pronom incorporé dans la préposition support a et gagne tout le paradigme.


(4) oar ket 'hanon. oar ket 'hanout. oar ket naoñ. oar ket nei. oar ket 'hanom.
sait pas P.moi sait pas P.toi sait pas P.lui sait pas P.elle sait pas P.nous
'Je /tu / il / elle / on ne sait pas.' Saint-Yvi, German (2007:175)


(5) vi ahanom 'hond da Sant Ivi. Saint-Yvi, German (2007:177)
quand était P.nous à4 aller à Saint-Yvi
'Quand nous avions l'habitude d'aller à Saint-Yvi.'

prédiction sur les sujets hauts

Cette analyse prédit que la seule et unique façon d'obtenir l'accord riche est d'avoir des conditions de localité plus proche du verbe tensé que la projection FP.


(1) ... verbe ... sujet 3SG[FP [VP <trace du sujet> <trace du verbe> objet ]] >> accord riche


C'est évidemment le cas lorsqu'un sujet pronominal est incorporé. Les pronoms résomptifs, comme les autres pronoms faibles, doivent s'incorporer, ce qui explique que les paradigme de résomption soient associés à l'accord riche (comme dans le cas du sujet prénégation, dont la tête C déclenche des "that-trace effect", ou dans le cas de la résomption du sujet 'à la Cornouaillaise').


l'applicative du verbe 'avoir'

L'accord riche est aussi prédit lorsqu'une construction particulière promeut le sujet au dessus de FP. Jouitteau & Rezac (2006, 2009) proposent que le verbe kaout 'avoir' en breton est analytique, de type mihi est, et qu'une structure applicative amène un sujet nominal au-dessus de la projection FP.

Jouitteau & Rezac (2008) explorent la viabilité de leur hypothèse au regard de la variation des paradigmes d'accord dans les variations dialectales du verbe kaout, 'avoir' à travers les dialectes du breton, enquête complétée depuis sur la page sur kaout de ce site.


les sujets postverbaux comme à Plougerneau

Des dialectes en Léon montrent aussi une remontée haute du sujet (1). En Léon et de façon très persistante à Plougerneau, on trouve un accord riche avec un sujet lexical postverbal.

A Plougerneau, le phénomène d'accord avec un sujet postverbal est productif et établi, en corpus comme en élicitations où il n'y a pas de pause prosodique avant le sujet et où le sujet peut porter l'information nouvelle.


(2) O! Hir a-walc'h oant ar fournioù PL.
long assez étaient le fours
'Oh! Les fours étaient assez longs.' Léon (Plougerneau), Elégoët (1982:42)


(3) Anvet oant tout ar gouverioùPL ganeomp.
nommé étaient tout le passes avec.nous
'Nous avions donné un nom à toutes les passes.' Léon (Plougerneau), Elégoët (1982:39)


(4) Niverus eo/int { an dud / ar razhed / ar per }PL.
nombreux est/sont le gens le rats le poires
'Les gens/ les rats/ les poires sont nombreux. Plougerneau/Diwan, M. Lincoln (05/2014)


(5) Louedañ a ra/reont buan ar c'hraonvPL.
moisir R fait/font vite le noix
'Les noix moisissent vite.' Léon (Plougerneau), M-L. B. (01/2016)


Le verbe chez ces locuteurs ne s'accorde jamais avec un sujet préverbal.


(6) Ar c'hraonv a goustoum(* ont) louedañ buan.
le noix R1 "coutume".(*nt) moisir vite
'Les noix moisissent vite.' Léon (Plougerneau), M-L. B. (01/2016)


(7) An amezeien a labour / * e labourant maread.
le voisins R travaille / * R travaillent beaucoup
'Les voisins travaillent beaucoup.' Léon (Plougerneau), M-L. B. (01/2016)


Lors de futures recherches, il serait souhaitable de vérifier que des sujets indéfinis et des noms nus, qui ne sont pas dislocables à droite, provoquent bien les mêmes faits d'accord.

En (8), l'accord n'est pas optionnel, et le locuteur ne produit aucune pause prosodique en élicitation.


(8) Gwelet a reoc'h ec'h en em gav*(ont) an dudPL.
voir R1 faites R4 se1 trouve le1 gens
'Vous voyez que les gens arrivent.' Léon, (Lesneven), (A.M. 02/2016)


Timm (1995:fn18), avait signalé en note, sans précision de sa source, que "pour ceux des dialectes qui permettent l'accord du verbe avec un sujet postverbal, il semble hautement probable que (iii) soit acceptable et (iv) ne le soit pas".


(iii) Ne oant ket deut ar merc'hed
(iv) Ne oant ket ar merc'hed deut
ne1 étaient pas le filles venu le filles
'Les filles n'étaient pas venues.' dialecte?, Timm (1995:fn18)


Parfois, en corpus vannetais comme en (9), il pourrait s'agir d'une faute de ponctuation (une virgule indiquerait une dislocation à droite prédisant un tel accord, de type 'Ils sont nombreux, ceux qui en faisaient autant).


(9) Stank int [ ar re a rae kement 'rall ]PL.
nombreux sont le ceux R faisait autant autre
'Nombreux sont ceux qui en faisaient autant.' Vannetais, Herrieu (1994:233)

diachronie et horizons comparatifs

On trouve en moyen breton des exemples isolés où un sujet verbal déclenche l'accord riche du verbe. Dans les deux exemples ci-dessous, ils sont préverbaux.


(1) Nobl ha partabl en vn bezret ez ynt vn heuel da guelet.
nobles et roturiers dans un charnier R sont.3PL un même à1 voir
'Nobles et roturiers dans un charnier ont semblable apparence.'
Moyen breton, BM.:233, traduction Le Berre (2001:31)


(2) hac ez lauar penaux hon doueou ez ynt diaoulou.

'Et il dit que nos Dieux sont des diables.', (1576, Ca.:n 12)


Pour un aperçu du système d'accord en vieux brittonique commun, se reporter à Le Roux (1957:57-59).


Meelen (2016) relève aussi en moyen gallois des exceptions au système d'accord, où un sujet post-verbal déclenche l'accord du verbe.


(61) e uelly e dianghassant e gelynyon wedy caffael eu golwc
ainsi PRT échapper.PAST.3P les ennemis après acquérir.INF 3P vue
'Ainsi, les ennemis se sont échappés après avoir retrouvé la vue.' Moyen gallois, Meelen (2016:227)


Autres phénomènes d'accord

Accord riche et sujet préverbal

En (1), le verbe porte les traits d'accord du sujet alors qu'il est très distant. La forme a du rannig montre que la particule verbale a réagi au sujet préverbal, signe qu'il est présent au niveau syntaxique.


(1) Nann, ar re-se pa nie diskarget o sardin (en hañv) a yeent gant o bag da vouilhiñ (...)
non le ceux-ci quand avait.3SG déchargé leur2 sardine (en été) R allaient avec leur2 bateau pour1 mouiller
'Non ceux-là, quand ils avaient déchargé leurs sardines, en été, allaient au mouillage (...)'
Douarnenez, G. Nouy, cité par Gwendal Denez dans pêcheurs de Douarnenez
cité dans mémoire de la ville n°3 p.23.


Accord partiel et coordination

La coordination de deux groupes nominaux singuliers en position sujet obtient, comme en français, un accord pluriel.

On trouve de très rares occurrences en corpus où le second membre d'une coordination n'est pas calculé par l'accord, comme en (3) où l'accord est à la personne 3 malgré le pronom à la première personne.


(3) Ar pesked ha me n'o deus ket bet en em aranjet jamez!
le poissons et moi ne'ont pas été se arrangé jamais
'Les poissons et moi, on ne s'est jamais arrangés' > Les poissons ne me plaisaient pas.'
Léon (Plougerneau), Elégoët (1982:13)


les invisibilités de l'accord comme en français

Les phénomènes d'accord sémantique permettent aussi en breton l'accord à l'intérieur d'un groupe nominal complexe (La plupart des gens sont...).

Les groupes au vocatif, ou les dislocations à droite, comme en français, semblent invisibles pour l'accord.


(2) Tapet oc'h [ ma lapous ]3SG!
attrapé êtes.2 mon2 oiseau
'T'es bien attrapé, mon coquin!' Le Scorff, Ar Borgn (2011:13)

Diachronie

Widmer (2017:237) considère que l'accord en moyen breton dépend de la polarité de la phrase (positive vs. négative). Il ne montre qu'un exemple d'accrod avec un sujet devant la négation, et pas d'exemple avec un sujet postverbal.

L'effet de complémentarité (1) est instable dans les texte de vieux gallois en prose, que le sujet soit préverbal (2) ou postverbal (3) (voir Koch 1991, Schumacher 2011).

(1) imaliti duch cimarguithejt

lead.3S you story-tellers
‘as the story-tellers would lead you’ (Chad 3), cité par Koch (1991)

(2) enuein di sibellae int hinn

names of Sibyllae be.PRES.3P these
‘These are the names of the Sibylls’ (MC)

(3) imguodant ir degion

beseech.PAST.3P the nobles
‘the nobles besought one another’ (Chad LL xliii), cité dans Meelen (2016:)

Terminologie

Ménard (2012) donne le terme breton kenglotadur pour accord (grammatical).

  • le terme d' accord pauvre

Il y a un débat terminologique mouvementé quant aux formes 3SG de l'accord pauvre, qui ne varient pas avec les traits du sujet (Me a skriv, Goulwenna ha Yannig a skriv).

Ternes (1970:238) appelle "les formes dépourvues de caractéristique morphologique indiquant la personne sujet", les formes non-déterminées.

Ernault (1888b), Trépos (2001) KAG (2016) utilisent le terme de conjugaison impersonnelle. Kervella (1947) utilise similairement en breton le terme displegadur diberson.

Urien (1999:654&fn11) s'oppose à cette terminologie: "dans l'expression "conjugaison impersonnelle", l'adjectif désigne le morphème invariant qui permet de rassembler dans le paradigme les autres morphèmes variables, alors que dans l'expression "conjugaison personnelle", l'adjectif désigne une des variables de la conjugaison". Pour Urien, le paradigme Me a skriv, Te a skriv... n'est donc pas une "conjugaison verbale", mais la déclinaison en personne, nombre et genre du pronom personel, observé dans un contexte verbal."

La terminologie de conjugaison impersonnelle est de plus source de confusion puisqu'il existe aussi en breton comme dans les autres langues celtiques un accord verbal dédié à la conjugaison avec un pronom impersonnel, la conjugaison -r, -d de la septième personne celtique (Atav e skriver...).

Press (1986:233) traduit l'anglais invariable par digemm. Cette terminologie donnerait kenglotadur digemm pour l' accord invariable.


A ne pas confondre

accord sémantique

On distingue l'accord syntaxique, réalisé dans la syntaxe, de l'accord sémantique, et qui peut donner des résultats divergents, comme dans La moitié des membres du jury est/sont présent(s).

pas d'anti-accord

Il existe des langues comme le berbère ou des langues bantoues qui ont un marquage d'accord particulier lorsque le sujet est extrait par un mouvement A-barre. Ce phénomène lié à l'extraction du sujet est connu dans la littérature sous le nom d'anti-accord.

L'accord pauvre en breton n'est aucunement lié à l'extraction du sujet (contra Borsley & Stephens 1989:408, Ouhalla 1993, Phillips 1996, 1998, Luitwieler 2011, Henderson 2009, 2013, Kunio 2017, et malgré quelques précautions oratoires, Pfau 2009:12, fn11).

Un sujet postverbal déclenche en breton un accord pauvre de la même façon que le ferait un sujet préverbal.


(1) Bemdez e lenn { Yann / ar vugale } ul levr. Standard, Hendrick (1988:28)
chaque.jour R4 lit.3SGM Yann / le1 enfants un livre
'{ Yann lit /les enfants lisent } un livre chaque jour.'


(2) Bemdez e lenn(*ont) ar vugale ul levr. Standard, Hendrick (1988:28)
chaque.jour R4 lit.3SGM le1 enfants un livre
'Les enfants lisent un livre chaque jour.'


Lorsque le terme d'anti-accord est utilisé dans les langues celtiques, il réfère uniquement à l'apparition de l'accord pauvre 3SG dans l'effet de complémentarité (appelé aussi principe de complémentarité, complementarity effect).

Bibliographie

description

  • Fave, V. 1986. 'Ar verb : displegadur gour ha dihour', Brud Nevez 97 : 66-68.
  • Leclerc, Louis. 1986 [1906, 1911], Grammaire Bretonne du dialecte de Tréguier, 3ième édition, Ar Skol Vrezhoneg, Emgleo Breiz (précédentes Saint-Brieuc: Prud'homme).


étude théorique

  • Anderson, S. 1982. 'Where’s morphology?', Linguistic Inquiry, 13:571-612. Preview
  • Hendrick, R. 1988. Anaphora in Celtic and Universal Grammar, Dordrecht: Kluwer. chap. 2.
  • Jouitteau, M. & M. Rezac, 2008. ‘From mihi est to have across Breton dialects’, Paola Benincà, Federico Damonte and Nicoletta Penello (éds.), Proceedings of the 34th Incontro di Grammatica Generativa, Unipress, Padova, special issue of the Rivista di Grammatica Generativa, vol. 32., 161 - 178., texte en ligne.
  • Jouitteau, M. 2005b. ‘Nominal Properties of vPs in Breton, A hypothesis for the typology of VSO languages’, Verb First: On the Syntax of Verb Initial Languages, Carnie, Andrew, Heidi Harley and Sheila Ann Dooley (eds.), xiv, 434 pp. (pp. 265–280) Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins Publishing Company. Preview, Description and reviews
  • Stump, G. T. 1989.b. 'Further remarks on Breton agreement: A reply to Borsley and Stephens', Natural Language and Linguistic Theory, 7:429-471.
  • Stump, G. T. 1984. 'Agreement vs. incorporation in Breton', Natural Language and Linguistic Theory, 2:289-348.


études de l'anti-accord citant le breton de façon erronée

Henderson, Brent. 2013. 'Agreement and person in anti-agreement', Natural Language & Linguistic Theory 31:2, 453-481.

Henderson, Brent. 2009. 'Anti-Agreement and [Person] in Bantu', Matondo, M., F. McLaughlin, and E. Potsdam (éds.), Selected Proceedings of the 38th Annual Conference on African Linguistics: Linguistic Theory and African Language Documentation, Somerville, MA: Cascadilla Press, 173-181. pdf.

Kinjo, Kunio. 2017. 'An Intervention Approach to Antiagreement', Aaron Kaplan, Abby Kaplan, Miranda K. McCarvel, and Edward J. Rubin (éds.), Proceedings of the 34th West Coast Conference on Formal Linguistics, 329-338, pdf.

Luitwieler, Roeland. 2011. A Cross-Linguistic Study of the Anti-Agreement Effect, Bachelor's thesis, abstract.

Ouhalla, Jamal. 1993. 'Subject-extraction, negation and the anti-agreement Effect', Natural Language and Linguistic Theory 11: 477-518.

Pfau, Roland. 2009. Grammar as Processor: A Distributed Morphology account of spontaneous speech errors, [Linguistik Aktuell/Linguistics Today, 137], John Benjamins Publishing Company.

Phillips, Colin. 1996. 'Ergative Subjects', C. Burgess, K. Dziwirek & D. Gerdts (eds.), Grammatical Relations: Theoretical Approaches to Empirical Issues, Stanford: CSLI, pdf.

Phillips, Colin. 1998. 'Disagreement between adults and children', Mendikoetxea, Amaya; Uribe-Etxebarria, Myriam (éd.): Theoretical Issues on the Morphology-Syntax Interface, 359–394, ASJU, San Sebastian.

horizons comparatifs

  • Bismark, Christina. 2011. Shared alternatives to subject-verb agreement: the third singular verb and its uses in English and Brittonic, thèse, pdf.
  • Meelen, Marieke. 2016. Why Jesus and Job spoke bad Welsh, The origin and distribution of V2 orders in Middle Welsh, LOT dissertions, :227.
  • Rouveret, Alain. 1991. 'Functional Categories and Agreement', The Linguistic Review 8, 2-4:353-387.