Dumont (1890)

De Arbres
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  • Dumont, Arsène. 1890. 'Etude sur la natalité dans le canton de Fouesnant', Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, 415-446. texte.


étude comparée de la natalité au XIX° dans les cantons de Ouessant, Saint-Renan, Saint-Pol-de-Léon et surtout à Fouesnant à partir des archives de Quimper.


extrait, p. 415:
 "On sait d'une façon générale que, dans ce département [du Finistère], celui de tous qui a le mieux conservé sa fécondité, presque tous les mariables sont mariés. Ce seul fait constituait une différence capitale avec les communes des Côtes-du-Nord que j'avais parcourues l'année précédente et dans lesquelles la natalité tend à s'abaisser par suite d'un déficit de nuptialité."
 p. 423:
 "La plupart des enfants, m'ont dit les instituteurs, arrivent à l'école tremblants de faim, de fièvre et de froid; ils mangent juste assez pour ne pas mourir."
 p. 437:
 "Du recensement de 1872 à celui de 1881, en neuf ans, l'augmentation de population a été de 692 habitants. Pendant la décade à peu près correspondante de 1873 à 1882, l'excès des naissances sur les décès a atteint le chiffre élevé de 1195. Il est donc certain qu'à cette époque, il y avait beaucoup plus d'émigrants que d'immigrants. Le canton ne savait encore comment utiliser le grand nombre d'existences que laissait disponibles le récent abaissement de la mortalité."
 p. 439. 
 "A Bénodet, où ce travail [de recensement] paraît avoir été bien fait, on rencontre, comme il fallait s'y attendre, une forte proportion de familles très fécondes. Sur les huit catégories de familles que distingue le recensement, ce sont les quatre dernières qui sont les plus

nombreuses. Il n'y a que 203 familles ayant 0,1, 2 ou 3 enfants vivants, et il y en a 239 ayant 4, 5, 6 ou 7 enfants vivants et plus. Cette dernière catégorie comprend près de la septième partie du nombre total des familles."


Le canton est principalement agricole. La persistance du "domaine congéable" autour de Quimper permet en parallèle aux journaliers de construire et cultiver sur une terre louée.


à propos

On ne pourra pas soupçonner l'auteur d'être influencé dans sa description par les réalités linguistiques dialectales bretonnes, car il ne le comprend manifestement pas.

 extrait, p. 424. 
 "De même que leur costume, les habitants de Fouesnant ont, jusqu'à ces dernières années, conservé avec un soin jaloux leur langue et leur ignorance. Bien que les électeurs soient en majorité républicains, beaucoup mettent encore leur orgueil à ne pas parler le français. Au chef-lieu même, sur vingt et un conseillers municipaux, dix, pris parmi les plus riches habitants du pays, ne le comprennent pas."