Den

De Arbres
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Le nom den est un nom singulier qui dénote une 'personne', un 'humain' ou un 'homme'. Le nom den, quand il est en usage de nom nu, a le même sens qu'y a le français personne, aucune personne.


(1) Den ne lavar james e neus laeret an asiedoù kaer.
personne ne1 dit jamais 3SG a volé le assiettes beau
Personne ne dit jamais qu’il a volé les belles assiettes.' Plougerneau, M-L. B. (05/2018)


Morphologie

nombre

Le nom den est un singulier et n'a pas de pluriel associé. Pour référer à un ensemble d'humains, on utilise le nom collectif tud 'gens'.


répartition dialectale

Début XX°, dans la carte 511 l'ALBB, den est le nom qui apparaît partout dans la traduction de Pauvre homme!.

Fin XX°, dans la carte 568 du NALBB (Le Dû 2001) pour 'un homme', le nom un den est majoritaire dans toute la partie Sud, concurrencé par ur gwaz principalement dans le Léon et le Bas-Trégor, et par ur paotr en Haute-Cornouaille et dans le reste du Trégor.


variation dialectale

La voyelle peut être avancée.


(2) An anderù e avansé. Hei e huilas un din i tunet.
le après.midi R avançait elle R vit un homme à4 venir
'L'après-midi avançait. Elle vit un homme venir.' Vannetais, An Diberder (2000:104)

dérivation

Le préfixe diminutif gou- 'sous-, sub-' a un allomorphe en gour- (gourzen, 'avorton, petit homme', Trépos 2001:§121). Le préfixe gour-, lui, est augmentatif et donnerait 'surhomme'.

Syntaxe

nom nu

(2) Pas larout netra da zen.
pas dire rien à1 personne
'Ne dites rien à personne.' Cornouaillais de l'est maritime (Riec), Bouzeg (1986:34)


Sémantique

Après un possessif, den peut aussi être un nom de parenté dénotant un 'mari'. La carte 253 de l'ALBB montre la répartition dialectale de la traduction de mon mari, des maris. La forme largement la plus répandue est gwaz, gwazed. On trouve aussi quelques occurrences de den, denoù sur toute la façade Est.


Diachronie

Matasović (2009) propose une racine proto-celtique *dwosyo qui dénote un 'être humain' comme source pour le moyen irlandais doé, relevé surtout dans les textes poétiques. Matasović pointe le parallèle avec le gaulois Dusios 'incube, sorte de démon' que l'on retrouve sous la plume des écrivains latins comme Saint Augustin.

La racine proto-indo-européenne *dhwes- 'respirer' aurait, dans les autres branches de l'indoeuropéen, donné le lithuanien dūsiù, le vieux slave dyšati et l'allemand Tier 'animal'.