Les complémenteurs

De Arbres
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Un complémenteur est une tête fonctionnelle qui transforme une proposition en un complément. Les conjonctions de subordination ou les pronoms relatifs, par exemple, sont des complémenteurs (La fille qui a vu le film que je t'ai dit.).


Le breton a des complémenteurs dans les propositions enchâssées (subordonnées ou complétives), mais aussi dans les phrases principales (dites 'matrices'). Les rannigs, les particules préverbales a1/e4 qui apparaissent devant les verbes tensés, appartiennent à la classe des complémenteurs (le plus bas dans la structure, la tête Fin selon Jouitteau 2005/2010).

L'inventaire des complémenteurs, connecteurs et mots interrogatifs est sujet à de grandes variations dialectales, variations explorées ci-dessous.


Sommaire

Complémenteurs déclaratifs

Les complémenteurs déclaratifs introduisent les complétives. Ce sont eux qui transforment une proposition en l'argument interne d'un verbe déclaratif comme lavarout, 'dire'; soñjal, 'penser', gouzout, 'savoir'; krediñ, 'croire', gwelout, 'voir'...


ma

Le complémenteur ma introduit des subordonnées qui ne sont ni sujet ni objet.

Ce complémenteur entre comme composé morphologique dans un grand nombre de complémenteurs complexes, comme gant ma, salv ma, 'pourvu que'.

Il est au dessus de la négation potentielle (ma ne...). Il marque l'enchâssement, et est illicite en phrase matrice.


na, ne

Le complémenteur na introduit les proposition négatives. Jouitteau (2005/2010) propose que ce complémenteur provoque des effets "that-trace", ce qui prédit le paradigme des sujets prénégation.


le complémenteur vide suivi du rannig e

Le complémenteur déclaratif le plus répandu en breton est un complémenteur vide.

En breton le complémenteur est parfois réalisé par un morphème réalisé, comme ma, 'que', mais aussi parfois par un complémenteur vide (c'est-à-dire non-réalisé phonologiquement).

Le complémenteur vide est un complémenteur qui n'est pas réalisé par un morphème morphologique segmental. On le décèle cependant dans la distribution de l'accent. Ce complémenteur vide est déclaratif: il est sélectionné par les verbes déclaratifs comme lavarout, 'dire'; gouzout, 'savoir'; krediñ, 'croire', gwelout, 'voir'...


(1) Eñ a lavaras e(z) oa kouezet en dour.
lui R dit que R4 était tombé dans l'eau
'Il dit qu'il était tombé dans l'eau.' Trépos (2001:§380)


Ce complémenteur précède le rannig e4.

Le complémenteur vide est plausiblement compatible avec la négation qui apparaît plus bas que les complémenteurs déclaratifs réalisés.


variations dialectales

Les complémenteurs déclaratifs suivants ne sont pas disponibles dans tous les dialectes.


la(r)

Le complémenteur la(r) 'que' n'est pas présent dans tous les dialectes. Il marque l'enchâssement, et est illicite en phrase matrice.


penaos

Le complémenteur penaos n'est pas un complémenteur déclaratif de type 'que' dans tous les dialectes. Il marque l'enchâssement, et est illicite en phrase matrice.


en

La particule en est restreinte à certaine variétés de vannetais. Il s'agit possiblement aussi d'une forme du rannig, ou d'un complémenteur plus haut dans la structure. Pour son analyse, se reporter à la page dédiée.


(2) ... hag e lâr d'ar vestrez a sell doc'hti get truez, en he deus naon he mamm.
et R dit à'le 1patronne R regarde à.elle avec pitié que R3SGF a faim son mère
'...et elle dit à la patronne qui la regarde avec pitié que sa mère a faim.' Vannetais, Ar Meliner (2009:64)

complétives dont la tête est un mot interrogatifs en pe-

Les mots interrogatifs sont ceux qui servent à "remplacer" l'élément sur lequel porte une question. Dans des phrases affirmatives, ces mots interrogatifs peuvent être la tête d'une relative. Ils forment alors des complétives, argument du verbe de la principale.


pegiz, 'comment'

(1) [ he wije pig̈is wahô be daj c̈wiT ]
Int a ouie pegiz (e)c'h oa-eñ bet deuet kuit.
eux R savait comment R était-lui ptc venu parti
'Eux savaient comment il était parti.' Haut-cornouaillais (Lanvénégen), Evenou (1987:575)


penaos, 'comment'

(2) N' ouzon ket penaoz eo chomet beo ar chatal.
ne sais pas comment est resté vivant le bétail
'Je ne sais pas comment le bétail est resté vivant.'
Léonard, (Cléder) Seite (1998:141)


pegen, 'combien'

(4) ... hag eñ, gand daelou en e zaoulagad, e-noa displeget din pegen kriz e oa bet e blanedenn.
et lui avec larmes dans son1 2.oeil avait expliqué à.moi combien cruel R était été son1 destin
'...et lui, les larmes aux yeux, m'avait expliqué la cruauté de son destin.'
Uhelgoat, Skragn (2002:22)


petra, 'quoi'

En (2), la complétive petra oc'h oc'h ober est sélectionnée comme argument objet du verbe transitif gouzout, 'savoir'.


(2) Gouvezit ervad [ petra oh oh ober ].
sachez bien quoi êtes à faire
'Sachez bien (réfléchissez bien à) ce que vous êtes en train de faire.' Trégorrois, Gros (1984:234)

Complémenteurs introduisant des circonstantielles

temps

Les propositions circonstancielles de temps peuvent être introduites par pa, ou a-benn, 'quand'. On relève aussi evel ma, 'dès que'; goude, 'après'; keit et kenkoulz, 'tant (que)', tra ma, 'pendant que'...


pa, 'quand'

(1) P'oa deuet er maez, partiet al loan kuit.
quand était sorti dehors parti le bête parti
'Quand il est sorti, le cheval était parti.' Léon, Mellouet & Pennec (2004:79).


ha pa, 'quand'

En vannetais et jusque dans la vallée du Scorff, le complémenteur pa peut apparaître précédé du complémenteur ha(g).


(3) Doc'h en gwelet a pa red, e poania ur bochad.
à le voir quand court R peine un masse
'A son aspect (à le voir) quand il court, il peine beaucoup.' Le Scorff, Ar Borgn (2011:13)

a-benn (ma), 'quand'

(2) Job a veze poent lein bemdeiz a-benn ma save diouz e wele.
Job R était moment déjeuner chaque.jour quand que4 levait de son1 lit
'Job se levait tous les jours à l'heure du déjeuner.'
Gorre Leon, Madeg (1990:10)


(3) Benn eo kouet hè barz.
quand est tombé 3PL dedans
'Quand ils sont tombés dedans.'
Breton de Saint Yvi, German (2007:174)


pese, 'quand'

Selon Le Dû (2012:98), la postériorité temporelle est marquée en trégorrois par le complémenteur pesé.


(z) Pesé nijé évhed vijé gwẽ.
quand avait.HAB bu était.HAB mauvais
'Quand il avait bu, il était mauvais.' Trégorrois (Plougrescant), Le Dû (2012:98)


keit ha(g) (ma), 'tant que'

(1) Keit ha ma vin-me mestr en ti-mañ.
que que serai-moi maître dans.le maison-ci
'Tant que je serai le maître de cette maison.' Cornouaillais (Bigouden), Trépos (2001:§248)


Le complémenteur ma n'apparait pas toujours.


  • Evel-se am-eus soñjet abaoe lar keit ha 'vez bihan an dud ne welent nemed traou braz en-dro dezo.
'Comme ça j'ai pensé depuis que tant que les gens sont petits, ils ne voient autour d'eux que des choses grandes.'
Uhelgoat, Skragn (2002:23)


e-keit ma, 'pendant (que)'

(1) Ur wech hepken, e c'hellis pakañ anezhi e-keit ma c'hoarzhe outi hec'h-unan [...].
un 1fois seulement R4 pus attraper P.elle pendant que4 riait à.elle son.un
'Une seule fois, je pus la surprendre pendant qu'elle riait toute seule (...)'
Trégorrois (Kaouenneg)/Standard, ar Barzhig (1976:24)


e-pad ma/na, 'pendant (que)'

(3) e-pad na oa ket e Brest.
pendant que.ne était pas à Brest
'pendant qu'il n'était pas à Brest' Merser (2011:57)


goude, 'après'

La postériorité temporelle est marquée par goude. En haut-cornouaillais, on voit qu'il s'agit bien ici d'un complémenteur, car l'adverbe est autrement toujours war-lerc'h (Bouzeg 1986:29).


(2) Goude 'oa deuet da vat, 'veze gwelet Jos 'vale 'kost'z 'n aod bemdez.
après était venu pour1 bien était vu Jos (à)4 marcher à-côté le côte chaque.jour
'Après qu'il a été guéri, on voyait Jos se promener à la côte tous les jours.' Haut-cornouaillais (Riec), Bouzeg (1986:29)

evel ma, 'dès que'

(2) Me, evel m'am bez evet un dakenn win, e lamm ar gwad dioustu em fenn.
moi, comme que R.1SG ai bu un goutte vin, R saute le sang de.suite en.mon tête
'Moi, dès que je bois une goutte de vin, le sang me saute tout de suite à la tête.'
Trégorrois, Gros (1984:55).


a-greiz ma, 'dès que'

(2) A-greiz ma welas e vreur, e tehas.
au.milieu que vit son1 frère R4 s.enfuit
'Au moment où il vit son frère, il s'enfuit.' Trépos (2001:§386)


abaoe ma, 'depuis que'

(2) Abaoe ma-z om paour, red eo deom labourat.
depuis que sommes pauvre obligé est à.nous travailler
'Depuis que nous sommes pauvres, il nous faut travailler.' Trépos (2001:§386)


bep ma, 'à mesure que'

(1) Lonka a ra ar homzou bep ma vezont lavaret.
avaler R fait le paroles (P) chaque que sont dit
'Il avale (il oublie) les paroles à mesure qu'on les prononce.' Gros (1970b:§'lonka')

lieu

e-lec'h ma, 'où'

(1) Ma oa brao dezo [ e-leh ma oant ] e oa dezo beza chomet eno.
si était beau à.eux au-lieu que étaient R était à.eux être resté
'S’ils se trouvaient bien où ils étaient, c’était à eux d’y être restés.'
‘… il leur appartenait d’y rester.’ Trégorrois, Gros (1970:154)


Le complémenteur ma n'est pas forcément réalisé, ni la préposition e (voir Nicolas 2005:52)


(2) an ti lec'h ec'h yaen da labourat.
le maison lieu _[ø]_ R allais pour travailler
'la maison où il travaillait.' Lanvenejen, Favereau (1997:§585), citant Evenou (1989)

but

La prépositon de but la plus commune est la préposition da.


ma, 'pour'

(1) Kemer eur baner, ma tastumi an avaloù.
prends un1 panier que rassembleras le pomme.s
'Prends un panier pour ramasser les pommes.' Trépos (2001:§383)


abalamour da, 'afin de'

abalamour da se trouve comme équivalent du français 'afin de' (attention, abalamour da est aussi employé pour marquer la cause).


(3) abalamour da gaout greun ha kolo.
C de1 avoir grain et paille
'pour avoir du grain et de la paille.' Léon, Mellouet & Pennec (2004:92).


evit ma, 'pour'

(1) Kemer a ra eur baner evit ma tastumo an avaloù.
prendre R fait un1 panier pour que rassemblera le pomme.s
'Il prend un panier pour ramasser les pommes.' Trépos (2001:§383)


evit ne, 'pour ne pas'

(1) En em zivenn a ra evit ne vezo ket lakaet er-mêz.
se1 défendre R fait pour ne sera pas mis dehors
'Il se défend pour ne pas être jeté dehors.' Trépos (2001:§383)


kuit da, 'pour ne pas, pas de'

(1) Hennezh zo evel ar bleiz, kontant da gaout kuit da reiñ.
celui.ci est comme le loup content de1 avoir C donner
'Il est comme le loup, recevoir mais pas donner' Proverbe

moyen, manière

opposition

Les complémenteurs d'opposition dénotent une opposition logique entre deux propositions.


abdal, padal, 'alors que'

(1) Ni 'oa ' c'hortoz Loeiz abdal 'oa chomet da ruzañ.
nous 'était à attendre Loeiz alors.que était resté à1 traîner
'Nous attendions Loeiz, alors qu'il était resté à traîner.' Haut-cornouaillais (Riec), Bouzeg (1986:29)

nag, 'bien que'

(2) /nag əfəXen ped e-rmour /
que R.seraient bet en-le.mer
'bien qu'ils eussent été en mer' Groix, Ternes (1970:325)


bezañ ma, 'bien que'

(2) /bud mə-Xon peo:r məzo y:rys/
être que-suis pauvre moi.est heureux
'Bien que je sois pauvre je suis heureuse.'
Groix, Ternes (1970:323)


e-lec'h, 'alors que'

(1) Hoñzh zeske ‘lec’h me reen ket.
celle.ci 1apprenait (dans).lieu moi (ne) faisais pas
'Elle, elle apprenait [bien] alors que ce n’est pas mon cas (litt. je ne faisais pas).' Loqueffret, Solliec (2015)


daoust da, 'malgré, bien que'

(1) Daoust dezhañ da vezañ krommet un tammig gant ar boan-gein...
malgré P.lui de1 être courbé un morceau.petit avec le 1douleur-dos
'bien qu'il soit un peu courbé par le mal de dos...'.
Trégorrois (Kaouenneg)/Standard, ar Barzhig (1976:51)


petra bennak ma, 'bien que, quoique'

(3) Gallek mad a ouient tout ivé, pétra benac ma né ouient ket scriva na lenn.
français bon R1 savaient tous aussi quoi quelconque que ne1 savaient pas écrire ni lire
'Ils connaissaient tous bien le français bien qu'ils ne sussent ni lire ni écrire.' Léon (Lesneven), Burel (2012:40)


evit, 'bien que...'

(2) evit Per da veza fillor d'ar roue.
malgré Per de1 être filleul de1'le roi
'bien que Per fût filleul du roi.' Cornouaillais, Trépos (2001:§385)

ha(g)-pronom, 'quoique'

(1) Skuiz e oa hag-eñ yaouank c'hoaz.
fatigué R4 était et-lui jeune encore
'Il était fatigué, quoique jeune encore.' Trépos (2001:§385)

concessives

Les concessives sont une sous-classe des complémenteurs d'opposition car ils dénotent une opposition logique entre deux propositions. Cependant, des deux propositions, la concessive n'est pas réalisée.


ha pa, 'quand bien même'

(4) Ha pa valefen aman seiz lew en dro da gêr, Me na gavfen ket unan capab d’am c’hass d’ar gêr.
et quand1 marcherais ici 7 lieu autour de lieu moi ne1 trouverais pas un capabl de'me envoyer à le maison
'Quand bien même je ferais 7 lieues alentour, je ne trouverais personne pour me ramener chez moi.'
zon cloarec Pempoul, An Uhel (1890:II, 192)


a-bosubl, ha posupl (ma), 'même si, quand bien même'

(1) [mə zo ˈdɛd a bɛn da ˈgõpʁən ˈnaɔ̯̃ a ˈpoʃə nø ʃə ˈkoːs tijõ ˌnõ]
Me zo deuet a-benn da gompren anezhañ a-bosubl n'en deus ket kaozeet ouzhin anezhañ.
moi est venu à.bout de1 comprendre P.lui de-possible ne' R.3SG a pas parlé à.moi P.lui
'J'ai réussi à le comprendre quand bien même il ne m'a pas parlé.'
Moëlan, Cheveau & Kersulec (2012-évolutif:Moëlan,'a-bosubl')


(2) ha posubl dize gôet neoñ.
et.possible avait su nager
'Et même s'il avait su nager.' Sein, Fagon & Riou (2015:165)

na bout, na boût 'zo Doue, 'même si'

La locution complexe na bout, ou na boût 'zo Doue, 'bien que, même si' apparaît parfois sous la forme raccourcie nabochdou.


(2) Na boût 'zo Doue 'vo glav 'ni yelo da vale.
C.être.y.a.Dieu 'y.aura pluie nous ira à1 marcher
'Même s'il pleut, nous irons nous promener.' Haut-cornouaillais (Riec), Bouzeg (1986:35)


poseve, 'quand bien même'

(1) Poseve vichen aet, pet'a mije gwelet?
quand.bien.même serais allé quoi aurais vu
'Quand bien même j'[y] serais allé, qu'y aurais-je vu?' Loqueffret, Solliec (2015:78)

soustraction

salv ma, 'sauf que'

(1) Evel ar silzig arall e vez graet ar re-mañ salv ma vez lakaet ar c'hig war blad.
comme le saucisse autre R4 est fait le ceux-ci sauf que est mis le 5viande sur1 plat Menard & Kadored (2001:§'salv')
'Celles-ci sont faites comme les autres saucisses sauf qu'on met la viande à plat.'


Pour le même sens, Solliec (2015) rapporte à Loqueffret la forme sepet, /ˈsepɛt/ .


penemet ma, 'sinon (que)'

(1) Penemet ma'z oc'h-c'hwi kañveriez, Me am boa graet deoc'h ur garlantez.
sinon que êtes-vous endeuillée moi R.1SG avait fait à.vous un guirlande
'Sinon que vous êtes en deuil, je vous aurais fait une guirlande.'
(la guirlande se moque d'un râteau reçu, d'un délaissement amoureux)
Luzel (1868:258), cité dans Menard (1995:172)


hep ma, 'sans que'

(1) Gounezet em-eus penaoz ober, heb m' en-deus diskouezet den ebet din.
gagné 1SG-a comment faire sans que 1SG-a montré personne aucun à.moi
'J'ai appris coment faire sans que personne me l'ait montré.'
Trépos (2001:§384)

panevet, panese, 'si ce n'est'

(3) Panevet _ e oan trellet gant ar vezh em bije gwelet izeloc’h dezho.
si.ce.n.est _ R étais secoué par le honte R.1SG aurait vu bas.plus de.eux
'Si je n’avais pas été secoué de honte, j’aurais pu voir plus bas (que leurs épaules).' Standard, Drezen (1990:36)

nemet, 'seulement'

kennebeut, 'non plus'

addition

ouzhpenn, 'outre que'

(3) ... Ouzhpenn dezo beza hep arhant
en.plus de.eux être sans argent
'...outre qu'ils sont sans argent' Cornouaillais, Trépos (2001:§346)

hypothèses

ha pa, 'si'

(1) Bout a zo e-leizh hag a rahe èltoñ a pa vehent lezet...
EXPL R est beaucoup que R ferait comme.lui et quand seraient laissé
'Yen a beaucoup qui feraient comme lui si on leur laissait le choix.' Vannetais, Herrieu (1994:58)


pe... pe..., 'ou bien ... ou bien..., si... si...'

(1) N'ouzon ket pe oa o lavared ar wirionez pe o lavar gevier.
ne'sais pas ou était à4 dire le vérité ou à4 dire mensonges
'Je ne sais s'il disait la vérité ou s'il mentait.' Trégorrois, Gros (1996:120)


gant aon ne, 'de peur que'

(2) Lakaet em eus kordenn, gant aon ne vezo diskaret an doenn gand an avel.
mis 1SG a corde avec peur ne sera détruit le 1toit avec le vent
'J'y ai mis des cordes, de peur que le toit ne soit abattu par le vent.' Trépos (2001:§383)


betegout ma/ne, 'au cas où'

(2) Degas't ho harz-glav ganeoc'h betegoût ma teuio ar barrad.
apportez vos stoppe-pluie avec.vous jusqu'à.savoir viendra le averse
'Prenez votre parapluie, au cas où il viendrait une averse.' Haut-cornouaillais (Riec), Bouzeg (1986:29)


(3) Na brenit ket gwin c'hoaz, betegoud n'en-devo ket eñ prenet araog dont.
ne1 achetez pas vin encore jusqu'à.savoir ne'3SGM-aura pas lui acheté avant venir
'N'achetez pas encore de vin, de peur qu'il ne l'ai acheté avant de venir.' Trépos (2001:§383)


betek (ma), 'pourvu que, tant que'

(4) Kõtɑ̃n õ de jitour bétég vĩ pêet.
Kontant on da sikour betek vin paeet. orthographe standard
OK suis de aider tant (que) serais payé
'Je veux bien aider, pourvu que je sois payé.' Trégorrois (Plougrescant), Le Dû (2012:99)

causalité

 abalamour ma, pa, peogwir, pandeogwir, penegwir, a gost ma, rak, kar,  digar, parskan, beke, darpenn, trapenn, ouzhpenn...


abalamour ma, 'parce que'

(1) N'am-bo ket aon, abalamour ma vezin ambrouget gant ma zad.
ne'aurai pas peur en.raison que serai escorté avec mon2 père
'Je n'aurai pas peur, parce que mon père m'escortera.' Trépos (2001:§363)

pa, 'puisque'

(2) Ma arhant-me, bepred, n'aint ket da fall, pa n'em eus ket.
mon argent-moi toujours neiront pas à1 mauvais quand1 ne'R.1SG a pas
'Mon argent, en tout cas, ne perdra pas de sa valeur puisque je n'en ai pas.'
Trégorrois, Gros (1989:'arhant')


peogwir, pandeogwir, penegwir, pugur, 'puisque'

On trouve en complémenteur de causalité la forme peogwir et ses diverses variations dialectales.


(3) '... pandeogwir eh oc'h é pasiñ dre amañ, marse ho po un tasad kafe?'
puisque R êtes à passer par ici peut-être 2PL aura un tasse.contenu café
'Comme vous passez par là, vous prendrez bien un café?’
Vannetais, Elen, introduction Ar Meliner (2009:7)

a-gost ma, 'puisque'

(6) A gost ma ous aman, te chomou de zèbein genem.
P _ C es.2SG ici toi resteras pour manger avec.nous
'Puisque tu es là, tu resteras manger avec nous.' Vannetais (Plaudren), (Quéré 2010)


nanvai, 'puisque'

Le Dû (2012:98) signale en trégorrois la forme nɑ̃vɑ̃i, 'puisque, parce que'.


(7) brénjé-ke giĝ méɑ̃ nɑ̃vɑ̃i wa ré-gér.
achèterait-pas viande dit.il puisque était trop cher
'Il a dit qu'il n'achèterait pas de viande, puisqu'elle était trop chère' Trégorrois (Plougrescant), Le Dû (2012:98)


kar, rak, rakkar, 'car'

(7) [ fot ke la:ɤ gɛjəɤ kaɤ gud ɤã aɤ veɤjõnə ]
faut pas dire mensonges car savoir fais le1 vérité
'Ne di(te)s pas de mensonges car je connais la vérité.'
'Do not say lies since I know the truth' Breton central, (Wmffre 1998:56)

dam, dam betra, 'car'

Le complémenteur dam est restreint à la Basse-cornouaille (Favereau 1993).


(1) Ni n'oe bet bazhadoù dam betra oamp ket aet d'ar skol.
nous avait eu bâton.nade.s car étions pas allé à'le école
'Nous avions ramassé des coups de bâton car nous avions séché l'école.' Le Juch, Hor Yezh (1983:18)

parskan, 'parce que'

(5) /parskan bud əwaj e-rgaer bijənoX ẃidon.../
parce.que expl R.y.avait dans.le foyer petit.plus que.moi
'Parce qu'à la maison il y a avait des plus petits que moi...' Groix, Ternes (1970:248)

beke, 'puisque'

La forme beke, /ˈbeke/ est reportée à Loqueffret dans le sens de 'puisque' (Solliec 2015).


darpenn, tarpenn, trapenn, 'car'

(1) Darpenn gwechall ar merc'hed noe ur chal bihan war ar sizhun.
car autrefois le femmes avait un châle petit sur le semaine
'Car autrefois, les filles portaient un petit châle pendant la semaine...'
Douarneniste, Denez (1984:73)


o vezañ ma, 'étant donné que'

(2) Lom a oa droug ennañ o vezañ ma oa dibennet.
Lom R était colère dans.lui à.être.que était dé-.têté
'Guillaume était en colère parce qu'il n'était plus héritier unique.' Trégorrois, Gros (1989:'dibennet')


digar, war zigarez, 'sous prétexte que'

(4) 'ma ket deuet 'nezhi, digar 'oa bet rial dec'h.
est pas venu P.elle sous.prétexte y.avait eu verglas hier
'Elle n'était pas venue, sous prétexte qu'il y avait eu du verglas hier.' Haut-cornouaillais (Riec), Bouzeg (1986:29)


Solliec (2015) relève à Loqueffret la forme /vaʁ ziˈgaʁe/ , 'au prétexte que'.

conséquences

Une proposition dénotant une conséquence peut être introduite par setu, ou nouvellement dukou. On peut aussi utiliser une conjonction de coordination comme ha suivi de l'adverbe neuze, 'alors'.

Sémantiquement, un complémenteur de conséquence cumule le calcul temporel (deux temps de propositions consécutifs) avec l'assertion que la proposition antérieure dans le temps est la cause de la seconde.


setu

(10) Ha goude-se ar re-se ouie dont tout setu vie blag ken-ha-ken.
et après-ça le ceux- AUX venir tous voila était blague autant-et-autant
'Et après tous ceux-là venaient et on blaguait tant et tant.'
Bas-Cornouaillais (Tréboul), Hor Yezh (1983:76)


dukou

Le complémenteur dukou est une création nouvelle de la langue, grammaticalisation transparente du français du coup.


e seurt doare ma, 'de sorte que'

Le complémenteur complexe e seurt doare ma introduit une proposition consécutive.


(2) Manket em-eus eur bazenn, e seurt doare m' em-eus diskennet gwall vuan ar skeul.
manqué 1SG-a un marche dans sorte façon que 1SG-a descendu très1 vite le échelle
'J'ai manqué une marche, de sorte que j'ai descendu bien vite l'échelle.'
Trépos (2001:§384)


peotramant, 'ou autrement'

Le complémenteur peotramant marque précisément la conséquence de la négation de la principale.


(1) An orjalenn-mañ a vo red disgwerañ anezi petramant e torro pa vo pleget.
le fer.SG-ci R1 sera obligé recuire P.elle ou.bien R4 cassera quand sera plié
'Il faudra recuire ce fil de fer-ci (de cuivre) sans quoi il cassera quand on le pliera.' Gros (1970b:§'orjal')

degré

ken, 'tellement que'

(4) Bet neus bet ur begad, ken n'eo ket 'wid respont.
eu a eu un "becquée" tant (que) ne est pas P répondre
'Il a eu son compte, tellement qu'il ne peut pas répondre, qu'il en reste muet.'
Plourin (2000:34)


(8) Ar bugel-ze a labour ken e ra _[ø]_.
art enfant- R travaille tant (que) R fait
'Cet enfant travaille énormément.' Trégorrois, Gros (1984:50)


complémenteur vide

(2) Ken skuizh e oa ne helle ket kenderhel.
tellement fatigué R était ne1 pouvait pas continuer
'Il était si fatigué qu'il ne pouvait pas continuer.'
Trépos (2001:§384)


ma, 'que'

(1) Ken mezv mah a an daou du ag an hent gante.
tellement saoul que va le deux côté de le route avec.eux
'Tellement saouls qu'ils occupent les deux côtés de la route.'
Le Scorff, Ar Borgn (2011:17)

Relatives

Les propositions relatives peuvent être introduites

par ha(g) avec un antécédent indéfini
par ma dans les relativisations positives de noms de temps (non sujet)
ou par un complémenteur vide

Dans les relativisations négatives de noms de temps, le seul complémenteur réalisé est na (Hingant 1868:§118).

Enn amzer na renn nétra , é oann reûzeûdik.
'Le temps où je ne faisais rien, j'étais malheureux.' (Hingant 1868:§118)


Pseudo-relatives

a-gement

Le complémenteur complexe a-gement peut introduire une pseudo-relative.


(1) N'eus ken med er zizun-mañ a-gement n'eo ket bet.
ney.a que mais dans.le semaine-ci que ne'est pas été
'Il n'y a que cette semaine-ci qu'il n'y a pas été.'
Trégorrois, Gros (1989:'bet')


Structures comparatives

Puisqu'il est possible de transformer une proposition en un argument en l'introduisant par ma ou na au négatif, toutes les prépositions de comparaison peuvent former avec ces complémenteurs une structure de proposition circonstancielle de comparaison.


evel ma, 'comme si'

(1) evel ma ouezfe / evel na ouezfe ket
comme si savait / comme ne.si savait pas
'comme s'il savait / comme s'il ne savait pas' Merser (2011:57)


evel ha pa, 'comme si'

(2) ...èl a pa vennahe ma zrugarekaat e'it ar pezh am eus graet eviti [...].
...comme et quand voulait me remercier pour le ce.que R.1SG a fait pour.elle
'...comme si elle voulait me remercier de ce que j'ai fait pour elle [...].' Vannetais, Herrieu (1994:56)


comparatives de supériorité et d'égalité

Le complémenteur qui apparaît dans les comparatives de supériorité est eget en alternance dialectale avec evit.

Celui des comparatives d'égalité est evel.


(2) [ mø ɛspera mi wutʃəkɛn tɥɛmərblema ɛlər ble pasət ]
me 'espera m'e vo ket ken tuemm ar blez-mañ èl ar blez paset
moi espère que sera pas aussi chaud le année-ci comme le année passé
'J'espère qu'il fera pas aussi chaud cette année que l'année passée.'
Bas-vannetais, Nicolas (2005:16)

Conjonctions de coordination

Les conjonctions de coordination prennent comme arguments deux éléments de même catégorie syntaxique et de même rang. Elles peuvent sélectionner deux propositions indépendantes. Ce sont:

les conjonctions de coordination: ha(g), 'et' et na... na, 'ni... ni'
la conjonction de disjonction: pe, peotramant, 'ou bien'
les conjonction d'opposition met, hogen, 'mais' et avat 'cependant'
les conjonctions de causalité Kar, rak, rakkar, 'car', 'parce que' et setu, 'donc'.
la conjonction de soustraction: nemet, 'seulement'


(1) Ne oa ket un den desket bras nemet gouzout a rae kaozeal brav.
ne était pas un homme instruit grand seulement savoir R faisait parler beau
'Ce n'était pas quelqu'un de très instruit mais il savait bien s'exprimer.' Chalm (2008:211)


(2) Brema-zouden ez eot a-dreñv, pe me a roio eun ognad deoh-hu!
maintenant-intensifieur R4 irez en.arrière ou moi R donnerai un marron à.vous-vous
'Tout-à-l'heure vous allez reculer (décamper), ou bien je vous donnerai un marron!' Trégorrois, Gros (1984:26)


Les conjonctions de coordination ont des affinités évidentes avec les autres complémenteurs. En breton, la conjonction de coordination équivalente au français et est ha(g). Il est frappant de voir que cette conjonction de coordination est réalisée de la même façon qu'une tête de complétive conditionnelle, ou que la tête d'une relative.


Certaines des conjonctions, surtout adverbiales, peuvent prendre comme argument un élément vide, présent auparavant dans le discours. Ce sont des conjonctions de coordination si on considère qu'elles prennent des propositions indépendantes comme arguments.


Conditionnelles

ma, 'si'

(1) Mar don harluet amañ, keit all, gant kalzig eus ma c'henvroiz...
si suis exilé ici si.loin autre avec beaucoup.DIM de mon com.patri.otes Standard, Drezen (1990:30)
'Si je suis exilé ici, si loin, avec beaucoup de mes compatriotes...'


pa, 'si'

(2) Pa vehec'h lakaet paravis din, 'vehe gwelet piv eo an hani brasañ.
quand1 seriez mis vis-à-vis de.moi R4 serait vu qui est le celui grand.le.plus
'Si on nous mettait en vis-à-vis (si on nous comparait), on verrait qui est le plus grand.'
Le Scorff, Ar Borgn (2011:26)


Complémenteur exclamatif

na(g), 'que'

(2) Nag a wez pilet d'an avel foll!
que de1 arbres abattu à'le vent fou
'Que d'arbres abattus par le vent déchainé!' Le Scorff, Ar Borgn (2011:7)

Complémenteur optatif

ra, 'que'

(1) Ra1 vezo ama e-lec'h hon ti taouarc'h-ni eur maner eus ar re gaera...
optatif sera ici au.lieu notre maison tourbe-nous un manoir de le ceux beau.le.plus
'Que soit ici, à la place de notre maison de tourbe à nous, un manoir des plus beaux...'
Léon, Milin (1924)


salv (ma), 'pourvu que'

(2) Salv e vefe ac'hanon-me da gefrisa.
pourvu.que R serait P.moi-moi ton1 fiancée Standard, Drezen (1990:60)
'Pourvu que ce soit moi ta fiancée.'


(3) Salv ma ouio en em zibab.
pourvu que saura se1 choisir
'Pourvu qu'il sache se débrouiller!' Ar Merser (2009:§ 'salv')

Complémenteurs des questions

interrogation totale (Q)

Les marqueurs de l'interrogation totale, c'est-à-dire des questions oui/non. Ce sont: hag et hag eñ, daoust ha(g) et daoust hag eñ. On trouve, à travers les dialectes, les formes c'hwistim, bea ou l'emprunt au français eskø.

Grammaticalisation des complémenteurs

A travers les langues, l'étude des complémenteurs en diachronie montre des processus de grammaticalisation à partir de différentes catégories linguistiques. Il semble que ces processus de création des complémenteurs suive des chemins sémantiquement universaux.


 Bertin & Bat-Zeev Shyldkrot (2008:introduction):
 "Les conjonctions temporelles suivent un parcours ordonné (Heine et Kuteva 2002, 2005) [...] en fonction de la notion temporelle exprimée, il est généralement possible de prévoir dans quel sens la conjonction est susceptible d’évoluer. Pour ne prendre qu’un exemple, très tôt dans les travaux de la grammaticalisation, il a été signalé par Traugott (1982), Bat Zeev Shyldkrot (1987, 1989) que la notion temporelle exprimée par la conjonction pouvait entraîner une évolution sémantique de type différent. Ainsi les conjonctions exprimant la simultanéité comme alors que ou tandis que devenaient assez régulièrement des expressions de concession ; de même, une conjonction temporelle exprimant l’antériorité comme puisque devenait très tôt dans la constitution du français, une conjonction à sens causal."

Terminologie

  • français

Les complémenteurs sont aussi appelés conjonctions de subordination, ou conjonctions de coordination, ou bien encore connecteurs.

  • breton

Kervella (1947:§649) utilise les termes ger stagañ, stagell isurzhiañ ou stagell sujediñ. Il les oppose à la classe des stagell kenurzhiañ, équivalent des 'conjonctions de coordination', et stagell isurzhiañ, équivalent des 'conjonctions de subordination'. Dans Kervella (1947:648), enebadenn correspond aux conjonctions d'opposition, abegenn aux complémenteurs de cause comme rak.

Preder utilise le terme breton skorell pour les deux rannigs (Preder (1972a), ainsi que des complémenteurs comme ma et pa.

Chalm (2008) utilise le terme stagell gevrennek pour 'locution conjonctive'.


  • anglais

Press (1986:246) traduit stagell par l'anglais conjunction, avec stagell-kenurzhiañ / coordinating conjunction et stagell-isurzhiañ / subordinating conjunction.

La projection étendue d'un complémenteur est un domaine propositionnel, désigné ici par l'abréviation CP (cf. l'anglais Complementizer Phrase).

Bibliographie

breton

  • Borsley, R. & A. Kathol, 2000. 'Breton as a V2 language', Linguistics 38/4:665-710.
  • German, G. 2007. 'Language Shift, Diglossia and Dialectal Variation in Western Brittany: the Case of Southern Cornouaille', The Celtic languages in contact : Papers from the workshop within the framework of the XIII International Congress of Celtic Studies, Bonn, July 2007, Hildegard L. C. Tristram (ed.), Postdam. pdf.
  • Hemon, R. 1969. 'Hag-eñ', Ar Bed Keltiek 126 : 155-156.
  • Hemon, R. 1969. 'ma’ ha mar', Ar Bed Keltiek 128 :218.
  • Quéré, A. 2010. 'Remarques sur le breton parlé à Plaudren', présentation au séminaire de la Bretagne Linguistique, 11 juin 2010, Brest.
  • Wmffre, I. 1998. Central Breton [= Languages of the World Materials 152] Unterschleißheim: Lincom Europa.

horizons comparatifs

  • Baunaz, Lena. 2014. 'On the various sizes of complementizers', Probus 27 (2), 193-236. [French 'que']
  • Bat-Zeev Shyldkrot, H. 1987, 'Quand, alors que et tandis que : un cas classique d'évolution sémantique', Romance Notes, 28/1:45-51.
  • Bat-Zeev Shyldkrot, H. 1989, 'Conjonctions et expression temporelle-causale en français', Folia Linguistica Historica, X: 1-2:263-281.
  • Bertin, Annie & Hava Bat-Zeev Shyldkrot. 2008. Les conjonctions en diachronie : parcours sémantiques, LINX 59, pdf.
  • Heine, B., & Kuteva, T. 2002, World Lexicon of grammaticalization, Cambridge, Cambridge University Press.
  • Heine, B., & Kuteva, T. 2005, Language contact and grammatical change, Cambridge, Cambridge University Press.
  • Leeman, Danielle (dir.) 2002. Les connecteurs, LINX 46, pdf
  • Traugott, E. C. 1982, 'Meaning Change and the Development of Grammatical Markers', Language Sciences, 2/1:44-61.