CEdPArthSΘ : Différence entre versions

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L'inscription ''CEdPArthSΘ'' apparaît gravée sur une pierre massive, probablement utilisée comme borne, dans le bois dit des Aulnays (Latimier 1969).
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L'inscription ''CEdPArthSΘ'' apparaît gravée sur une pierre massive, probablement utilisée comme borne, dans le bois dit des Aulnays ([[Latimier (1969)|Latimier 1969]]).
  
 
Une autre lecture possible de l'inscription est ''CEsPArthSΘ''.
 
Une autre lecture possible de l'inscription est ''CEsPArthSΘ''.
  
  
L'interprétation de l'inscription que Latimier propose est co-écrite avec Léon Fleuriot (Latimier 1969:638 et note (1)).
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L'interprétation de l'inscription que Latimier propose est co-écrite avec Léon Fleuriot ([[Latimier (1969)|Latimier 1969]]:638 et note (1)).
  
 
Le nom ''cedparth'' serait un nom composé signifiant 'partie donnée, concédée'. Le nom ''parth'' 'partie, région' est attestée en [[vieux breton]] (c'est l'ancêtre du nom que l'on trouve dans la préposition complexe ''[[e-barzh]]'' 'dans'). L'initiale ''ced'' 'cadeau, aubaine, faveur, tribut, taxe paiement' est attestée solidement en vieux breton et en gallois.  
 
Le nom ''cedparth'' serait un nom composé signifiant 'partie donnée, concédée'. Le nom ''parth'' 'partie, région' est attestée en [[vieux breton]] (c'est l'ancêtre du nom que l'on trouve dans la préposition complexe ''[[e-barzh]]'' 'dans'). L'initiale ''ced'' 'cadeau, aubaine, faveur, tribut, taxe paiement' est attestée solidement en vieux breton et en gallois.  
L'interprétation 'co-propriété' est parfois citée, ce qui implique que ''CEd'' serait un préfixe de partage comme le breton moderne ''[[ken-]]'' ou le français ''co-''. Cette interprétation est clairement rejettée dans l'article, car la voyelle du préfixe qui a donné ''[[ken-]]'' devrait en vieux breton avoir encore en voyelle un /i/.  
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L'interprétation 'co-propriété' est parfois citée, ce qui impliquerait que ''CEd'' serait un préfixe de partage comme le breton moderne ''[[ken-]]'' ou le français ''co-''. Cette interprétation est clairement rejettée dans l'article par Fleuriot, car la voyelle du préfixe qui a donné ''[[ken-]]'' devrait en vieux breton avoir encore en voyelle un /i/.  
 
   
 
   
 
La forme ''so'' n'est pas la copule ''[[zo]]'' du breton moderne, car le vieux breton avait les formes ''isi'', ''isio'', dont l'accentuation en fin de mot conservait la finale. Il s'agirait du démonstratif analytique qui s'écrit ''-se'' en breton moderne.
 
La forme ''so'' n'est pas la copule ''[[zo]]'' du breton moderne, car le vieux breton avait les formes ''isi'', ''isio'', dont l'accentuation en fin de mot conservait la finale. Il s'agirait du démonstratif analytique qui s'écrit ''-se'' en breton moderne.

Version du 20 avril 2019 à 19:52

L'inscription CEdPArthSΘ apparaît gravée sur une pierre massive, probablement utilisée comme borne, dans le bois dit des Aulnays (Latimier 1969).

Une autre lecture possible de l'inscription est CEsPArthSΘ.


L'interprétation de l'inscription que Latimier propose est co-écrite avec Léon Fleuriot (Latimier 1969:638 et note (1)).

Le nom cedparth serait un nom composé signifiant 'partie donnée, concédée'. Le nom parth 'partie, région' est attestée en vieux breton (c'est l'ancêtre du nom que l'on trouve dans la préposition complexe e-barzh 'dans'). L'initiale ced 'cadeau, aubaine, faveur, tribut, taxe paiement' est attestée solidement en vieux breton et en gallois.

L'interprétation 'co-propriété' est parfois citée, ce qui impliquerait que CEd serait un préfixe de partage comme le breton moderne ken- ou le français co-. Cette interprétation est clairement rejettée dans l'article par Fleuriot, car la voyelle du préfixe qui a donné ken- devrait en vieux breton avoir encore en voyelle un /i/.

La forme so n'est pas la copule zo du breton moderne, car le vieux breton avait les formes isi, isio, dont l'accentuation en fin de mot conservait la finale. Il s'agirait du démonstratif analytique qui s'écrit -se en breton moderne.

L'interprétation globale serait donc:

  • CEdPArthSΘ
donné-partie-ceci


Bibliographie

  • Latimier, G. 1969. 'L'inscription des Aulnays en Gomené', Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest 76-4, 625-648. texte.